Hier, samedi, a débuté une trêve dans les combats entre la Russie et l’Ukraine. Un bref répit qui devait profiter aussi bien aux soldats retranchés dans leurs positions qu’aux civils, et durer jusqu’à ce dimanche soir. Mais dans la nuit et ce dimanche matin, les autorités ukrainiennes dénoncent des centaines de violations du cessez-le-feu notamment sur le front.

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 Samedi soir, l’Ukraine a accusé la Russie d’avoir violé à plus de 460 reprises le cessez-le-feu instauré sur le front à l’occasion de la Pâque orthodoxe. « Après 16H00 (13H00 GMT), 469 violations du cessez-le-feu ont été enregistrées », a indiqué l’état-major ukrainien, dans un rapport publié sur Facebook. Il fait état de « 22 assauts ennemis, 153 bombardements, 19 frappes de drones d’attaque (« Lancet », « Molniya ») et 275 frappes de drones FPV ».

Dans la région russe de Koursk, frontalière de l’Ukraine, le gouverneur, Alexandre Khinchteïn, a lui accusé Kiev d’avoir violé la trêve en attaquant avec un drone une station-service dans la localité de Lgov, faisant trois blessés parmi lesquels un bébé.

Comme les années précédentes, cette trêve n’aura été qu’un mirage. C’est ce que redoutaient déjà, samedi soir, les habitants de Lviv, rencontrés aux abords des églises de la ville, par notre correspondant Lucas Lazo.

La toiture de l’église Saint André de Lviv offre au regard un trou béant et noirci, c’est là qu’un drone russe a fini sa funeste course le 24 mars dernier.

« Je ne croirais à aucune de leurs promesses, ni à aucune de leurs paroles, nous dit Oressa. La jeune femme, âgée d’une trentaine d’années, ne croit à aucune promesse de la Russie. Nous devons être encore plus prudents lorsqu’ils promettent quelque chose, parce que c’est justement à ce moment-là que nous risquons d’être les plus vulnérables. Il faut garder l’espoir que nous réglerons la situation nous-mêmes, avec nos forces armées. Je pense que c’est la seule manière possible de nous protéger. »

Leurs paniers d’osiers sous le coude, remplis d’œufs délicatement décorés, la jeune femme et sa nièce sont venues recevoir les bénédictions du père Ostape. Lui pense surtout aux civils pris aux pièges des combats à l’Est du pays. « La guerre continue, et à cause de cette guerre, de nombreuses familles sont séparées. Mais j’ai surtout une profonde compassion pour les gens qui sont vraiment à l’Est, qui vivent en permanence dans cette angoisse. Nous prions pour eux… »

Au respect de la trêve, il n’y croit pas. Pas plus qu’Irina qui évoque les années précédentes : « Tout le monde s’en souvient, tout le monde sait très bien ce qu’il en est, et cela ressemble surtout à un geste de plus — je ne sais pas — une simple mise en scène pour le monde entier… »

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Lucas Lazo

L’an dernier déjà, l’Ukraine avait recensé plus de 3 000 violations du cessez-le-feu pascal.

Le Kremlin avait annoncé jeudi que cette trêve commencerait samedi à 16H00 (13H00 TU) et durerait jusqu’à la fin de la journée de dimanche, soit une période de 32 heures. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a ensuite accepté ce cessez-le-feu proposé par son homologue, Vladimir Poutine, tout en déclarant que Kiev riposterait en cas de violation de la trêve.

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Alors que la Russie et l’Ukraine annoncent une trêve pour Pâques, les violations du cessez-le-feu s’accumulent. Une promesse de paix qui s’effondre sous le poids des faits.

Ce qui se passe réellement

Hier, samedi, a débuté une trêve dans les combats entre la Russie et l’Ukraine. Un bref répit qui devait profiter aussi bien aux soldats retranchés dans leurs positions qu’aux civils, et durer jusqu’à ce dimanche soir. Mais dans la nuit et ce dimanche matin, les autorités ukrainiennes dénoncent des centaines de violations du cessez-le-feu notamment sur le front.

Samedi soir, l’Ukraine a accusé la Russie d’avoir violé à plus de 460 reprises le cessez-le-feu instauré sur le front à l’occasion de la Pâque orthodoxe. « Après 16H00 (13H00 GMT), 469 violations du cessez-le-feu ont été enregistrées », a indiqué l’état-major ukrainien, dans un rapport publié sur Facebook. Il fait état de « 22 assauts ennemis, 153 bombardements, 19 frappes de drones d’attaque (« Lancet », « Molniya ») et 275 frappes de drones FPV ».

Dans la région russe de Koursk, le gouverneur, Alexandre Khinchteïn, a lui accusé Kiev d’avoir violé la trêve en attaquant avec un drone une station-service, faisant trois blessés, dont un bébé. Comme les années précédentes, cette trêve n’aura été qu’un mirage. C’est ce que redoutaient déjà, samedi soir, les habitants de Lviv, rencontrés aux abords des églises de la ville.

Pourquoi cela dérange

Les Ukrainiens, en ce jour de Pâques, se retrouvent une fois de plus piégés dans un cycle de promesses non tenues. La toiture de l’église Saint André de Lviv, trouée par un drone russe, est le symbole d’une trêve qui ne fait que masquer la réalité. Oressa, une habitante de Lviv, résume bien le sentiment ambiant : « Je ne croirais à aucune de leurs promesses, ni à aucune de leurs paroles. »

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de ces violations sont tragiques. Les civils continuent de vivre dans la peur, séparés de leurs familles, tandis que les soldats se battent sur un front qui semble ne jamais connaître de répit. La guerre continue, et avec elle, l’angoisse des populations.

Lecture satirique

Le Kremlin, en annonçant cette trêve, semble jouer à un jeu de dupes. Une mise en scène pour le monde entier, où les promesses de paix se heurtent à la réalité des bombardements. Les dirigeants, à l’image de Vladimir Poutine, semblent plus préoccupés par leur image que par la vie des gens. Une ironie cruelle : promettre la paix tout en continuant à tirer.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les promesses politiques se heurtent à la réalité. Que ce soit en Russie ou dans d’autres régimes, la manipulation de l’information et la mise en scène de la paix sont des pratiques courantes.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est peu probable que la situation s’améliore. Les tendances actuelles montrent que les promesses de paix ne sont que des mots vides, et que les civils continueront de payer le prix fort.

Sources

Source : www.rfi.fr

Trêve de la Pâques orthodoxe: Kiev accuse Moscou de violations du cessez-le-feu
Visuel — Source : www.rfi.fr
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