Tourisme de pauvreté : le drone comme nouvel outil d’exotisme à Rocinha

Des touristes s’envolent au-dessus de la favela de Rocinha, transformant la misère en spectacle. Entre exploitation et valorisation, où se situe la frontière ?

INTRODUCTION

À Rocinha, la plus grande favela de Rio de Janeiro, une nouvelle tendance fait fureur : se faire filmer par un drone sur un toit-terrasse, avec la promesse d’une vue spectaculaire. Mais derrière ce panorama idyllique se cache une réalité bien plus complexe. Est-ce une manière de valoriser la favela ou simplement une exploitation cynique de la pauvreté ?

Ce qui se passe réellement

Le concept est simple : un créateur de contenu, qu’il soit célèbre ou non, se présente devant la caméra, et le drone s’envole pour capturer une vue aérienne de la favela. Les vidéos, qui attirent des centaines de milliers de vues, sont diffusées sur TikTok, notamment via le compte « DroneChair ». Pour un prix variant entre 25 et 33 euros, les touristes repartent avec leur vidéo, faisant de ce toit-terrasse un lieu incontournable de la ville.

Cette tendance relance un débat déjà ancien : le tourisme dans les favelas est-il une forme de « tourisme de pauvreté » ? Les critiques soulignent que ces vidéos réduisent la complexité de la vie quotidienne à une simple image esthétique, transformant la favela en décor exotique.

Pourquoi cela dérange

Le discours des professionnels du tourisme brésilien, qui affirment ne pas romantiser la pauvreté mais plutôt montrer le « côté positif » de Rocinha, semble à première vue séduisant. Pourtant, cette affirmation cache une réalité troublante. En quoi le fait de survoler une communauté en difficulté avec un drone peut-il être considéré comme une valorisation ? Cela rappelle les discours politiques qui promettent des « solutions » tout en ignorant les véritables enjeux sociaux.

Ce que cela implique concrètement

Les habitants de Rocinha, qui prêtent leurs toits-terrasses pour ces sessions de drone, peuvent en tirer un revenu essentiel. Cependant, cette source de revenus est-elle vraiment durable ? En fin de compte, le « tourisme de pauvreté » pourrait renforcer les stéréotypes et réduire les habitants à des objets de curiosité pour les touristes.

Lecture satirique

Ironiquement, cette situation rappelle les promesses des politiques ultraconservatrices qui prétendent vouloir « aider » les plus démunis tout en profitant de leur misère. Comme si la solution à la pauvreté était de la transformer en spectacle, un peu comme les parades de carnaval, mais sans la fête.

Effet miroir international

Cette tendance à transformer la misère en attraction touristique n’est pas unique au Brésil. Dans d’autres pays, comme les États-Unis ou la Russie, des politiques similaires exploitent les difficultés économiques pour justifier des décisions qui, en réalité, ne font qu’aggraver la situation des plus vulnérables.

À quoi s’attendre

À mesure que cette tendance se développe, il est probable que le débat sur le tourisme dans les favelas s’intensifie. Les voix critiques se feront-elles entendre, ou cette forme de tourisme continuera-t-elle à prospérer au détriment des habitants ?

Sources

Franceinfo


Visuel — Source : www.franceinfo.fr

Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire