Tourisme à Rocinha : Quand les Favelas deviennent des Spots Instagram

La favela de Rocinha, autrefois symbole de pauvreté, devient une attraction touristique prisée. Mais à quel prix ?

À Rio de Janeiro, la favela de Rocinha, avec ses 72 000 habitants, est désormais le décor de vacances pour des touristes en quête de selfies. Vêtues de crop tops aux couleurs du drapeau brésilien, Johanna Beltran et Jelsy Gando, deux touristes équatoriennes, prennent la pose sur une terrasse en béton, immortalisées par un drone. Un spectacle à la fois pittoresque et dérangeant, où la misère se transforme en fond d’écran pour des vacances de Pâques.

Ce qui se passe réellement

Depuis octobre 2023, les vidéos de drones sur les réseaux sociaux ont propulsé le tourisme à Rocinha. En janvier 2026, 41 000 visiteurs ont foulé le sol de cette favela, soit une hausse de 37 % par rapport à l’année précédente. Les deux jeunes femmes, attirées par des vues « incroyables » sur TikTok, ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Ce phénomène soulève des questions sur la nature du tourisme et son impact sur les communautés locales.

Pourquoi cela dérange

La transformation de Rocinha en attraction touristique pose un problème éthique. D’un côté, les habitants voient leur quotidien exposé au monde entier, de l’autre, les touristes se délectent d’une réalité qu’ils ne comprennent pas. La promesse d’un tourisme « responsable » s’effondre face à la réalité d’un spectacle de pauvreté devenu tendance.

Ce que cela implique concrètement

Cette hausse du tourisme pourrait entraîner une gentrification de la favela, où les habitants risquent d’être évincés au profit de projets lucratifs. Les vidéos de drones, loin d’être innocentes, deviennent des outils de marketing qui exploitent la misère pour le profit de quelques-uns.

Lecture satirique

Les discours politiques autour du tourisme à Rocinha sont aussi déconnectés que les touristes eux-mêmes. Les promesses d’un développement « durable » se heurtent à la réalité d’un tourisme qui ne fait que renforcer les inégalités. Les élus, en quête de voix, semblent ignorer que la misère n’est pas un produit à consommer.

Effet miroir international

Ce phénomène n’est pas isolé. À l’étranger, des politiques autoritaires exploitent également les images de pauvreté pour masquer leurs échecs. Que ce soit aux États-Unis avec la criminalisation des sans-abri ou en Russie avec la répression des voix dissidentes, la misère devient un outil de propagande.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une banalisation de la pauvreté, où les favelas deviennent des parcs d’attractions. Une situation qui appelle à une réflexion urgente sur le tourisme et ses conséquences.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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