Vue aérienne de Fensfeltet, la réserve de terres rares, à Ulefoss (Norvège), le 11 décembre 2025.

« Maintenant, il est temps d’arrêter de parler et de commencer à agir. » Joint par visioconférence, d’Ulefoss, ancien village minier de 2 000 habitants dans le sud de la Norvège, Alf Reistad trépigne. Le patron de Rare Earths Norway (REN) a pourtant de quoi se réjouir : rendues publiques début mars, de nouvelles estimations indiquent que le gisement Fensfeltet, à 150 kilomètres au sud-ouest d’Oslo, pour lequel sa société dispose d’un permis d’extraction, recèlerait 80 % de terres rares de plus que ce que les premiers chiffres montraient, confirmant qu’il s’agit bien là de la plus grosse réserve de ces métaux en Europe.

Lire le reportage | Article réservé à nos abonnés En Norvège, la difficulté d’envisager l’après-pétrole

Mais, à Ulefoss, Alf Reistad avertit : à moins que les autorités norvégiennes, la Commission européenne et les Etats membres de l’Union européenne (UE) se mobilisent, ces ressources, pourtant considérées comme des matières premières critiques par Bruxelles, pourraient bien ne jamais voir le jour. « Elles sont enfouies dans un ancien volcan endormi depuis 580 millions d’années et y resteront si on ne fait pas de leur extraction une priorité et qu’on ne met pas en place un système de mitigation des risques financiers », affirme le Norvégien, appelant à un sursaut des Européens.

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Terres rares : la Norvège, un volcan endormi et des promesses creuses

Alors que l’Europe se vante d’être à la pointe de la transition énergétique, un gisement de terres rares en Norvège reste inexploité, illustrant l’écart entre discours et réalité.

À Ulefoss, un ancien village minier de 2 000 âmes, le patron de Rare Earths Norway, Alf Reistad, s’impatiente. « Maintenant, il est temps d’arrêter de parler et de commencer à agir », clame-t-il, alors que des estimations récentes révèlent que le gisement Fensfeltet pourrait contenir 80 % de terres rares de plus que prévu. Une bonne nouvelle, n’est-ce pas ? Sauf que ces ressources, considérées comme critiques par Bruxelles, pourraient bien rester enfouies dans un volcan endormi depuis 580 millions d’années si personne ne se bouge.

Ce qui se passe réellement

La Norvège, avec son gisement Fensfeltet, pourrait devenir le champion européen des terres rares. Mais, comme souvent, les promesses politiques se heurtent à la réalité. Reistad avertit : sans mobilisation des autorités norvégiennes et de l’UE, ces ressources resteront à l’état de promesse, comme tant d’autres avant elles.

Pourquoi cela dérange

Ce qui dérange ici, c’est l’absurdité d’une situation où l’Europe, qui prône une transition énergétique verte, laisse de côté une ressource stratégique. Les discours politiques sont remplis de bonnes intentions, mais quand il s’agit d’agir, c’est le silence radio. On pourrait presque croire que les terres rares sont devenues un sujet tabou, à ranger au fond d’un tiroir, à côté des promesses électorales non tenues.

Ce que cela implique concrètement

Si l’Europe ne se réveille pas, elle risque de dépendre encore plus des importations de terres rares, notamment de pays aux pratiques environnementales douteuses. En d’autres termes, on pourrait bien échanger notre dépendance au pétrole contre une dépendance à des ressources extraites dans des conditions tout aussi discutables. Bravo, l’écologie !

Lecture satirique

Ironiquement, alors que les dirigeants européens se pavanent sur la scène internationale en prônant un avenir durable, ils semblent oublier que la réalité est souvent plus complexe que leurs discours bien rodés. Les promesses de transition énergétique sont aussi solides qu’un château de sable, et il ne faudrait pas un coup de vent pour tout faire s’effondrer.

Effet miroir international

Ce scénario n’est pas sans rappeler les politiques autoritaires ailleurs dans le monde, où les promesses de développement durable se heurtent à des intérêts économiques bien plus puissants. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les discours sur la durabilité sont souvent accompagnés d’une bonne dose de cynisme. En fin de compte, la Norvège pourrait bien devenir le symbole d’une Europe qui parle beaucoup, mais agit peu.

À quoi s’attendre

Si les autorités norvégiennes et européennes ne prennent pas les choses en main rapidement, nous pourrions assister à un nouveau fiasco écologique. Les terres rares resteront enfouies, et l’Europe continuera à regarder ailleurs, espérant que quelqu’un d’autre résolve le problème.

Sources

Source : www.lemonde.fr

En Norvège, l’exploitation du plus grand gisement européen de terres rares peine à démarrer
Visuel — Source : www.lemonde.fr
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