Terrains de foot en Cisjordanie : la Suisse dribble entre humanitaire et hypocrisie

La Suisse, en quête de paix, investit 600 000 francs dans des mini-terrains de football en Israël et en Cisjordanie. Une initiative qui soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Le 26 novembre dernier, Ignazio Cassis, conseiller fédéral, se présente devant la presse pour annoncer la participation de la Suisse au «plan de paix pour Gaza». À la clé : 23 millions de francs pour financer plusieurs actions humanitaires, dont la création de mini-terrains de football. Un projet, dit-il, qui apportera un «soulagement immédiat» aux enfants. Mais derrière cette façade humanitaire, une réalité bien plus complexe se cache.

Ce qui se passe réellement

La Suisse, en collaboration avec la FIFA, s’engage à investir 600 000 francs dans la construction de mini-terrains de football. Le DFAE (Département fédéral des affaires étrangères) annonce fièrement que 0,5 % de l’enveloppe de 23 millions sera consacré à cette action. Pourtant, des courriels internes révèlent des doutes parmi les employés du DFAE. Un collaborateur s’inquiète des «risques pour la réputation de la Suisse» et souligne que «les chances d’apporter une contribution positive pour les enfants sont faibles». D’autres évoquent le contexte de violence et de destruction qui règne à Gaza, rendant l’idée de jouer au football presque absurde.

Pourquoi cela dérange

La contradiction est flagrante : investir dans des infrastructures sportives alors que des enfants vivent dans des conditions de guerre. Un autre courriel rappelle le «meurtre d’athlètes palestiniens» et la «destruction quasi totale d’infrastructures sportives à Gaza». Organiser un tournoi de football dans un tel contexte semble être un acte de provocation plus qu’un geste humanitaire.

Ce que cela implique concrètement

En fin de compte, la construction de ces terrains pourrait être perçue comme une tentative de la Suisse de redorer son image sur la scène internationale, tout en ignorant les réalités du terrain. Les enfants de Gaza ne demandent pas des terrains de foot, mais la paix et la sécurité. La promesse de «moments de normalité» pour les enfants semble dérisoire face à l’ampleur des souffrances qu’ils endurent.

Lecture satirique

Ironiquement, Cassis parle d’un «signe de réconciliation» et d’un «geste politico-psychologique». Mais quel message envoie la Suisse en soutenant un projet qui pourrait être perçu comme une forme de «greenwashing» humanitaire ? La FIFA, avec ses milliards, ne semble pas avoir besoin de l’aide de la Suisse pour construire des terrains. Mais la Confédération, elle, a besoin d’une bonne image. Une belle danse de dupes, n’est-ce pas ?

Effet miroir international

Ce projet soulève des parallèles avec d’autres initiatives internationales, où les discours humanitaires cachent souvent des intérêts politiques. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont également été accusés d’utiliser l’aide humanitaire comme un outil de propagande. La Suisse, en s’engageant dans ce projet, ne fait-elle pas le même jeu ?

À quoi s’attendre

Avec un achèvement prévu pour 2027, il est difficile de croire que ces mini-terrains changeront quoi que ce soit à la situation sur le terrain. Les enfants continueront de vivre dans la peur et l’incertitude, tandis que la Suisse se félicitera d’avoir «fait quelque chose». Une belle illusion, mais à quel prix ?

Sources

Source : www.swissinfo.ch

Visuel — Source : www.swissinfo.ch
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