Des échanges parfois interrompus ou peu suivis
Dans un lycée du Lot, environ 80 élèves s’étaient réunis pour discuter avec leur proviseure. Mais celle-ci a quitté la salle après une quinzaine de minutes, selon le récit d’un élève de seconde professionnelle. Les participants, qui pensaient disposer de deux heures pour parler de leurs problèmes, ont ensuite transmis leurs revendications par courriel.
Ils y évoquaient notamment le manque de savon et de papier toilette, des pannes de chauffage, des emplois du temps mal organisés, Parcoursup et l’absence de professeurs. Un lycéen a indiqué que sa classe avait été privée d’un enseignant pendant un mois.
La participation a également été faible dans plusieurs établissements. Au lycée Philippe-Lamour, à Nîmes, une trentaine d’élèves environ ont pris part à la rencontre, sur 1 200 inscrits, rapporte Jérôme Amicel, professeur de lettres classiques et responsable départemental du Snes-FSU. À Saint-Maur-des-Fossés, 45 élèves étaient présents sur 960 au lycée François-Mansart. En Seine-Saint-Denis, un conseiller principal d’éducation raconte qu’aucun élève ne s’est présenté au rendez-vous organisé dans son lycée.
Des sujets concrets, des bâtiments aux conditions de cours
Quand les élèves ont participé, les discussions ont souvent porté sur leur quotidien. Dans les Hauts-de-Seine, Ava, 16 ans, en première, a évoqué des classes trop nombreuses. Les élèves avaient également pu inscrire leurs remarques sur une feuille organisée autour de plusieurs thèmes, des bâtiments aux revendications nationales. À la fin de la séance, elle dit s’être sentie écoutée.
Au lycée Dhuoda, à Nîmes, les échanges ont dépassé l’horaire prévu. Chiara, 17 ans, raconte que les élèves ont d’abord travaillé en petits groupes avant de rencontrer le proviseur. Ils ont notamment signalé l’état de certaines coursives, des rideaux et des portes. Selon le proviseur, rapporte-t-elle, 160 étais étaient alors installés dans l’établissement, dans l’attente de travaux.
Au lycée Philippe-Lamour, les élèves réunis sans adulte dans l’amphithéâtre ont, lors de la restitution, abordé les moisissures dans l’internat, le système de ventilation ainsi que les transports scolaires. Selon l’enseignant Jérôme Amicel, certains élèves venant des Cévennes passent près de deux heures par jour dans les trajets.
Une organisation jugée précipitée par des personnels
Dans le Rhône, un professeur d’anglais explique avoir confié l’animation aux élèves : ils ont disposé les tables en cercle, pris la parole à tour de rôle et fait une restitution collective. L’enseignant estime que la démarche n’a pas résolu les difficultés, mais qu’elle a permis aux élèves de s’exprimer.
D’autres personnels déplorent un manque de préparation. Un proviseur des Pays-de-la-Loire décrit une organisation annoncée un mardi pour le lendemain, sans consignes précises. Un CPE de Seine-Saint-Denis évoque, lui aussi, une demande institutionnelle arrivée sans cadre clair.
Au lycée François-Mansart, la proviseure Nathalie Nyobé juge au contraire les échanges de qualité malgré la participation limitée. Elle indique avoir encouragé les élèves à parler librement. Les questions ont porté, entre autres, sur des salles de cours où il pleut et des toilettes régulièrement condamnées. La cheffe d’établissement espère que la rencontre a contribué à apaiser les tensions.
Ces séances se sont tenues alors que la mobilisation se poursuivait. Le mardi 13 octobre, l’intersyndicale étudiante et lycéenne a revendiqué 480 000 participants aux manifestations en France ; le ministère de l’Intérieur en a dénombré 161 500. ([lemonde.fr](https://www.lemonde.fr/societe/live/2026/10/13/en-direct-mouvement-lyceen-a-paris-la-denonciation-des-violences-policieres-est-au-c-ur-de-la-mobilisation_6793059_3224.html?utm_source=openai))
Source : franceinfo – Les Titres (www.franceinfo.fr)
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