Tchad en Haïti : Quand la force de répression des gangs devient un déploiement international de la bonne conscience
Plus de cinquante policiers tchadiens débarquent à Port-au-Prince pour lutter contre les gangs, mais qui va vraiment tirer les ficelles dans ce ballet diplomatique ?
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Mercredi 1er avril, une cinquantaine de policiers tchadiens ont fait leur entrée à Port-au-Prince, marquant le début d’un déploiement qui pourrait faire rougir d’envie n’importe quel film d’action. Mais ne vous laissez pas berner par les uniformes : derrière cette opération se cache un « prédéploiement » de la Force de répression des gangs (FRG), une mission multinationale supervisée par les Nations unies. En d’autres termes, un grand cirque où les clowns sont armés et les spectateurs, la population haïtienne.
Ce qui se passe réellement
La FRG, qui doit appuyer la police locale dans sa lutte contre les gangs responsables de meurtres, viols et pillages, est composée de troupes de dix-huit pays, avec un effectif total pouvant atteindre 5 500 membres. Cette force remplace la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), dirigée par le Kenya depuis juin 2024. Et pendant que les gouvernements se congratulent pour leur sens du devoir, la réalité sur le terrain est tout autre : plus de 70 personnes ont été tuées lors d’une attaque récente dans la commune de Petite-Rivière-de-l’Artibonite. Un détail qui semble échapper à la plupart des décideurs.
Pourquoi cela dérange
La multiplication des attaques armées des gangs est un symptôme d’un mal plus profond : l’inefficacité des politiques internationales en matière de sécurité. Alors que les gouvernements se battent pour afficher leur bonne volonté, les Haïtiens continuent de payer le prix fort. La promesse d’une sécurité retrouvée est souvent suivie d’une réalité cruelle, où les troupes étrangères semblent plus préoccupées par leur image que par le sort des populations qu’elles sont censées protéger.
Ce que cela implique concrètement
Le déploiement de ces policiers tchadiens, loin d’être une solution miracle, soulève des questions sur l’engagement réel des puissances internationales. Est-ce que l’envoi de troupes est vraiment la réponse à des décennies de violence et de désespoir ? Ou est-ce simplement une manière de dire « regardez, nous faisons quelque chose » sans jamais vraiment s’attaquer aux racines du problème ?
Lecture satirique
Il est presque comique de voir ces nations se rassembler pour « sauver » Haïti, alors qu’elles ont souvent été complices de son déclin. Les discours politiques sont remplis de promesses grandioses, mais sur le terrain, c’est un tout autre spectacle. Les contradictions sont flagrantes : comment peut-on parler de paix tout en envoyant des soldats ? C’est un peu comme essayer d’éteindre un feu avec de l’essence.
Effet miroir international
Ce déploiement rappelle les interventions militaires dans d’autres pays, où les promesses de démocratie et de sécurité se sont souvent soldées par des échecs cuisants. Les États-Unis, la Russie et d’autres puissances ont tous leur lot d’histoires à raconter sur des interventions qui ont mal tourné. Mais ici, en Haïti, la question est : qui va vraiment tirer les ficelles ?
À quoi s’attendre
Avec l’arrivée de ces policiers, il est peu probable que la situation s’améliore rapidement. Les tensions vont probablement augmenter, et les promesses de sécurité se heurteront à la réalité brutale des gangs. Les Haïtiens méritent mieux que des solutions temporaires et des discours creux. Ils méritent une véritable stratégie qui s’attaque aux causes profondes de la violence.




