Record en 2023, 2024 et désormais 2025. Avec un total de 281 227 touristes, dont 53 941 croisiéristes, accueillis l’an passé, la destination Tahiti et ses îles a ainsi franchi le seuil symbolique d’un touriste par habitant, selon nos confrères Outremers 360. Cette hausse de 6,6 % par rapport à 2024 s’observe sur tous les marchés émetteurs, à l’exception de la Nouvelle-Zélande.

Et si les touristes nord-américains restent majoritaires, le marché hexagonal affiche la hausse la plus importante ces dernières années, passant de 60 400 à 85 600 passagers, soit + 42 % entre 2019 et 2025. La France est devenue un pilier de la croissance touristique de la Polynésie, qui « a le vent en poupe » auprès des voyageurs de l’Hexagone, ont confirmé la quarantaine de tour-opérateurs et trentaines d’agences françaises présentes mardi 10 mars à un rendez-vous biennal à Paris organisé par Tahiti Tourisme, dont l’objectif est de renforcer la visibilité de la destination sur le marché français.

En moyenne, un touriste français dépense 338 000 francs (2 835 euros) lors de son séjour, hors billets d’avion, reste 23 jours sur place, et apprécie autant les paysages que la culture, l’histoire et les traditions.

La fréquentation touristique en Polynésie française.  Illustration Outremers360

La croisière en forme

Côté croisières, les indicateurs sont également à la hausse. Sur les 97 marques de croisières dans le monde, 33 ont croisé les eaux polynésiennes ces 18 derniers mois, parmi lesquelles les quatre bateaux qui tournent à l’année en Polynésie (Paul Gauguin, Star Breeze, Aranui 5 et Panorama).

En 2026, l’inventaire croisière est déjà à + 30 % par rapport à 2025, et 2027 a + 50 %. La Polynésie va aussi accueillir plusieurs compagnies et navires qui resteront à l’année ou opéreront saisonnièrement : l’Evrima (Ritz Carlton, 298 passagers) de janvier à mars 2027, le Jacques Cartier (Ponant, 184 passagers) d’octobre 2026 à février 2027, le Silversea Whisper (382 passagers) d’octobre 2026 à avril 2027, le Windspirit (148 passagers) à partir de 2027 à l’année, l’Aranoa (198 passagers) à partir de 2027 et le Na Hiro e Pae (199 passagers).

La Polynésie se positionne comme une destination de « croisière de luxe ». Tahiti Tourisme privilégie les petites et moyennes unités, puisque 90 % des navires qui sillonnent les eaux polynésiennes font moins de 500 passagers. Le pays axe également son offre sur des croisières au départ du port de Papeete.

Une fois tous les deux ans, Tahiti Tourisme réunit à Paris ses partenaires locaux (prestataires, hôteliers, compagnies aériennes) et hexagonaux (agences et tour-opérateurs.  Photo Outremers360

Ouverture en décembre d’une ligne Papeete-Sydney

Concernant l’aérien, la Polynésie dispose de plus d’un million de sièges avec l’ensemble des compagnies qui la desservent depuis Paris, Los Angeles, San Francisco, Honolulu, Auckland, Rarotonga, Nouméa et Tokyo, avec un taux de remplissage en moyenne de 80 %. Cela va être renforcé par l’ouverture, en décembre, d’une nouvelle ligne opérée par ATN : Papeete-Sydney, à raison de deux vols par semaine. Tahiti Tourisme et Air Tahiti Nui prévoient entre 33 000 et 35 000 passagers australiens, contre 7 000 à 8 000 actuellement avec l’escale à Auckland. Cette ligne vers Sydney permettra aussi une seconde entrée en Asie après Tokyo, mais plus au sud.

Pour 2026, Bud Gilroy, président du conseil d’administration, et Vaihere Lissant, directrice générale de Tahiti Tourisme restent prudents quant à leurs projections et tablent sur une croissance de 2 à 4 %, en raison, d’une part, de la baisse de capacité hôtelière (trois hôtels ouvrent mais cinq ferment) et, d’autre part, de l’impact du contexte mondial notamment sur le prix des billets d’avion, ainsi que le comportement des voyageurs. Tahiti Tourisme mise donc sur l’image d’une destination « stable, sécurisée, éloignée des conflits, refuge« , pour attirer les voyageurs, quand des archipels comme les Maldives ou les Seychelles nécessitent un passage par les hubs de Dubaï et Doha pour s’y rendre.

Tahiti Tourisme poursuit enfin la mise en œuvre de sa stratégie de tourisme durable et inclusif, qui donne une place importante à l’acceptabilité sociétale. Le retour des visiteurs est visiblement favorable. La Polynésie affiche des records de notation auprès des études de marché, à la fois sur la beauté des paysages et la qualité de l’accueil. Deux « forces » solides sur lesquelles s’appuie la destination.

Tahiti : Un Tourisme en Plein Essor, mais à Quel Prix ?

Avec 281 227 touristes en 2025, Tahiti semble être la destination rêvée. Mais derrière ce chiffre, une réalité bien plus complexe se cache.

En 2025, Tahiti et ses îles ont accueilli un nombre record de touristes, franchissant le seuil symbolique d’un touriste par habitant. Mais ne vous laissez pas berner par cette belle façade. Si les chiffres sont impressionnants, la réalité est souvent bien plus nuancée. La Polynésie, avec son image de paradis terrestre, attire les foules, mais à quel prix pour ses habitants et son environnement ?

Ce qui se passe réellement

En 2023, 2024 et 2025, la Polynésie a connu une hausse de 6,6 % du nombre de visiteurs, avec une majorité de touristes nord-américains. Le marché français, quant à lui, a explosé, passant de 60 400 à 85 600 passagers en seulement six ans. Les tour-opérateurs français, présents à Paris pour promouvoir cette destination, ne tarissent pas d’éloges sur un endroit qui « a le vent en poupe ». En moyenne, un touriste français dépense 338 000 francs (2 835 euros) pour un séjour de 23 jours, profitant des paysages, de la culture et des traditions locales.

La croisière en forme

Les croisières, elles aussi, sont en plein essor. Sur 97 marques de croisières, 33 ont visité les eaux polynésiennes. En 2026, l’inventaire croisière devrait augmenter de 30 % par rapport à 2025. La Polynésie se positionne comme une destination de « croisière de luxe », avec 90 % des navires transportant moins de 500 passagers. Mais qui profite réellement de cette manne financière ?

Ouverture en décembre d’une ligne Papeete-Sydney

La Polynésie, avec plus d’un million de sièges disponibles, s’apprête à ouvrir une nouvelle ligne Papeete-Sydney. Mais derrière cette expansion, une question se pose : comment cette croissance affectera-t-elle les infrastructures locales déjà sous pression ?

Pourquoi cela dérange

Cette frénésie touristique soulève des incohérences. Alors que la Polynésie se vante d’une image de « destination stable et sécurisée », les réalités locales, comme la fermeture de cinq hôtels pour trois nouvelles ouvertures, montrent un déséquilibre inquiétant. Les promesses de durabilité et d’inclusivité semblent souvent être des slogans vides, alors que la pression sur les ressources locales augmente.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : une saturation des infrastructures, une hausse des prix pour les locaux, et un risque accru de dégradation environnementale. La beauté des paysages et la qualité de l’accueil, bien notées par les visiteurs, sont menacées par cette surfréquentation.

Lecture satirique

Il est ironique de voir des responsables touristiques parler de « croisières de luxe » tout en ignorant les besoins des habitants. Pendant que les touristes se prélassent, les locaux doivent composer avec les conséquences d’une politique qui privilégie le profit à court terme sur le bien-être à long terme.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les dérives autoritaires où les intérêts économiques priment sur le bien-être des citoyens. Les Maldives et les Seychelles, par exemple, subissent également les effets d’un tourisme de masse, souvent au détriment de leur population locale. La Polynésie, en choisissant cette voie, risque de suivre le même chemin.

À quoi s’attendre

Pour 2026, les prévisions de croissance de 2 à 4 % semblent optimistes, surtout face aux défis qui se profilent. La Polynésie doit naviguer habilement entre l’attrait touristique et la préservation de son identité et de ses ressources.

Sources

Source : www.lnc.nc

Polynésie : une fréquentation record de plus de 281 000 touristes et croisiéristes en 2025
Visuel — Source : www.lnc.nc
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