Tahiti : Quand l’Assemblée se transforme en théâtre de l’absurde

Règlement de comptes à l’assemblée de la Polynésie française : entre discours creux et démissions silencieuses, le bateau ivre tangue dangereusement.

Le 9 avril 2026, à l’assemblée de la Polynésie française, l’ouverture de la session administrative, censée être une simple formalité, s’est muée en une séance de thérapie de couple. Les protagonistes, Moetai Brotherson et Antony Géros, se sont tournés le dos, laissant de côté les orientations comptables et le bilan du gouvernement. Comme un couple en crise, ils ont échangé des monologues sans jamais se tendre la main.

Ce qui se passe réellement

À l’extérieur de l’hémicycle, des militants exprimaient haut et fort ce que les élus Tavini n’osaient pas dire : la démission de Brotherson et des élus dissidents. La rupture, qui couvait depuis le fiasco de la loi fiscale de 2024, a enfin pris forme. Tony Géros, dans son intervention, a mis en lumière les dissensions au sein du groupe Tavini, désormais éclaté en deux factions. “Ces dissensions deviennent préoccupantes lorsqu’elles franchissent le cadre du débat politique,” a-t-il averti, tout en accusant Brotherson d’être l’origine de tous les maux.

Pourquoi cela dérange

Les discours des deux présidents, loin de rassurer, ont révélé des incohérences flagrantes. Brotherson, tout en prônant l’indépendance comme un choix réfléchi, semble ignorer que ses propres actions ont contribué à cette division. La promesse d’unité se heurte à la réalité d’une assemblée où chacun semble plus préoccupé par sa propre survie politique que par l’intérêt général.

Ce que cela implique concrètement

Cette division au sein du Tavini pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’action gouvernementale. Comme l’a souligné Tepuaraurii Teriitahi, “cette division fait qu’il n’y a plus de majorité aujourd’hui.” Les débats à venir risquent d’être marqués par des consensus difficiles à atteindre, laissant la Polynésie dans une instabilité politique préoccupante.

Lecture satirique

Les discours politiques ressemblent à une pièce de théâtre absurde, où les acteurs semblent jouer des rôles qu’ils ne maîtrisent pas. Brotherson et Géros, en se renvoyant la balle, illustrent parfaitement le décalage entre promesses et réalité. La métaphore de la pirogue, souvent utilisée, prend ici une tournure ironique : Tarahoi n’a jamais autant ressemblé à un bateau ivre, dérivant sans cap.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs, où les discours creux masquent des luttes de pouvoir internes. À l’instar des gouvernements qui se déchirent sous le poids de leurs contradictions, la Polynésie semble emprunter le même chemin, où l’intérêt personnel prime sur le bien commun.

À quoi s’attendre

Les deux prochaines années pourraient être marquées par des rancœurs et des rancunes, avec des élections à l’horizon. Les promesses d’unité et de progrès risquent de se heurter à la réalité d’un paysage politique fracturé.

Sources

Source : www.tahiti-infos.com

Le bateau ivre
Visuel — Source : www.tahiti-infos.com
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