Surtourisme : La France, victime de son propre succès… ou d’un diagnostic erroné ?

À l’approche de l’été, la France s’inquiète du surtourisme, mais 95 % de son territoire souffre de sous-tourisme. Ironie ou incohérence ?

Alors que les images de plages bondées et de monuments historiques saturés inondent nos écrans, la France semble se complaire dans le rôle de victime du surtourisme. Pourtant, la réalité est bien plus nuancée : 95 % de notre beau pays est en situation de sous-tourisme. Oui, vous avez bien lu. Pendant que certains se battent pour une place sur la plage, d’autres territoires se battent pour attirer des visiteurs. Mais pourquoi cette obsession pour le tourisme ?

Ce qui se passe réellement

La réponse est simple : le tourisme est une véritable vache à lait économique. Représentant 7 à 8 % du produit intérieur brut, il est le premier secteur excédentaire de la balance des paiements. Les touristes, ces consommateurs de l’instant, dépensent entre 80 et 150 € par jour, et pas seulement dans les hôtels. De 15 à 20 % de leurs dépenses vont directement dans les petits commerces, chez les artisans et viticulteurs. En somme, le tourisme irrigue l’économie locale, mais à quel prix ?

Pourquoi cela dérange

Les chiffres sont séduisants, mais ils masquent une réalité plus sombre. Les investissements dans le secteur touristique, qui atteignent en moyenne 21 milliards d’euros par an, créent des emplois, certes, mais ils entraînent aussi une pression foncière et environnementale. Les villages, jadis paisibles, se transforment en parcs d’attractions à ciel ouvert. Qui se soucie des habitants quand les chiffres sont si jolis ?

Ce que cela implique concrètement

Sans touristes, de nombreux commerces ferment leurs portes en basse saison. La crise sanitaire de 2020-2021 a révélé à quel point notre économie était dépendante de ces visiteurs. Mais au lieu de réfléchir à une gestion durable, on préfère blâmer le surtourisme. Une belle manière de détourner l’attention des véritables enjeux, n’est-ce pas ?

Lecture satirique

Les discours politiques fleurissent, promettant de réguler le tourisme. Mais en réalité, ces promesses sont souvent déconnectées des réalités locales. Les élus, en quête de voix, préfèrent se concentrer sur les images choc des foules plutôt que d’adresser les véritables défis. Un peu comme si on prétendait résoudre la crise climatique en interdisant les selfies sur Instagram.

Effet miroir international

En observant les politiques autoritaires à l’étranger, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle. Les États-Unis et la Russie, par exemple, utilisent des discours similaires pour masquer leurs propres dérives. En France, le tourisme devient un bouc émissaire, une manière de détourner l’attention des véritables problèmes sociaux et économiques.

À quoi s’attendre

Si nous continuons sur cette voie, il est à craindre que le tourisme ne soit perçu que comme une contrainte, et non comme une ressource partagée. La solution n’est pas de fuir le tourisme, mais de l’intégrer intelligemment dans nos stratégies territoriales.

Sources

Source : www.la-croix.com

Visuel — Source : www.la-croix.com
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