L’usine sucrière Gardel, au Moule, poursuit sa production de sucre de canne biologique. Cette initiative, engagée depuis 2024, s’inscrit dans une démarche de diversification de la filière canne en Guadeloupe.

La production actuelle repose sur des cannes issues de 37 planteurs de l’archipel, cultivées sur environ 143 hectares certifiés en agriculture biologique.

Une visite pour constater l’avancement du projet

Le 10 avril, le préfet de région Thierry Devimeux s’est rendu sur le site de Gardel pour faire le point sur cette production. Il a salué une avancée industrielle portée par l’ensemble des acteurs de la filière.

« C’est un signal extrêmement fort pour toute la filière canne… […] C’est un peu une année de test, mais ça va permettre de donner envie à plus de planteurs de s’orienter vers le bio et donc à l’usine de pouvoir transformer et produire de plus grosses quantités de sucre bio parce que le marché est là, l’attente des consommateurs et des industries agroalimentaires est là. Il faut qu’on soit au rendez-vous et j’espère que dans les années qui viennent, on aura vraiment une montée en puissance du sucre bio. »

Thierry Devimeux, préfet de Guadeloupe

Derrière cette avancée, l’industriel met en avant un travail engagé depuis plusieurs années. Pour Nicolas Philippot, directeur général délégué de Gardel, la production de sucre de canne bio dans l’archipel est le résultat d’un processus long, mobilisant à la fois les planteurs et les équipes techniques de l’usine. Une étape importante qui suscite aujourd’hui une certaine fierté au sein de la filière.

« C’est un travail de longue haleine qui a débuté en 2021, qui s’est accéléré sur ces dernières années et qui montre l’excellence de l’agriculture guadeloupéenne. C’est beaucoup d’efforts pour tout le monde, à commencer par les planteurs qui y ont cru dès le départ. Certains faisaient déjà du bio sans le savoir ou sans avoir forcément les débouchés que nous leur offrons désormais. Et évidemment c’est un travail de toutes les équipes techniques de Gardel qui ont cherché les bons processus pour pouvoir produire ce sucre bio. Donc aujourd’hui, on est particulièrement fiers et heureux, notamment parce que 80 % du sucre de la Guadeloupe s’exporte en France mais aussi partout en Europe. »

Nicolas Philippot, directeur général délégué de Gardel

Une commercialisation encore suspendue

Si la production est engagée, la vente du sucre bio n’est pas encore autorisée à grande échelle. Nicolas Philippot précise que le processus dépend toujours d’une décision européenne liée à l’utilisation d’un floculant (permet de concentrer les impuretés du jus de cannes) dans le procédé industriel.

« On a eu une autorisation franco-française du ministère de l’Agriculture qui est de pouvoir fabriquer ces sucres bio alors que l’autorisation de l’usage d’un floculant, qui était un sujet un petit peu technique, ne tombera qu’au mois d’août ou septembre. Et donc il va falloir attendre que cette autorisation définitive mais qui est assurée désormais tombe pour que l’on puisse ensacher et commercialiser ces sucres. »

Nicolas Philippot, directeur général délégué de Gardel

Cet intrant – élément entrant dans un processus de production – est accepté dans certains pays producteurs de sucre bio, mais son statut au niveau européen reste en cours d’examen.Les volumes produits en Guadeloupe restent donc stockés dans l’attente de cette validation.

Le sucre bio dans le monde : une production de niche

Le développement du sucre bio en Guadeloupe s’appuie sur un programme lancé en 2024, avec une première campagne expérimentale.

En 2025, une nouvelle phase de production avait été envisagée, mais elle a été annulée en raison de contraintes industrielles et réglementaires.

À l’échelle mondiale, le sucre biologique reste marginal et représente moins de 1 % de la production totale. La production est principalement concentrée en Amérique latine, notamment au Brésil, au Paraguay et en Argentine.

D’autres zones comme l’Afrique et l’Asie développent progressivement ce segment, tandis que l’Europe reste surtout un marché de consommation et de transformation.

Une filière d’avenir en développement

En Guadeloupe, la production de sucre bio est encore limitée mais progresse progressivement. L’objectif affiché est d’atteindre environ 10 % de la production de canne à sucre d’ici 2035. Nicolas Philippot encourage d’ailleurs la poursuite de cette dynamique. Il lance un appel aux planteurs. Il en est persuadé, le bio représente désormais l’avenir de la filière.

« Les marchés attendent ce sucre qui est le premier sucre de canne bio européen et donc il n’y a pas de limite. Le message que j’adresse aux planteurs c’est : vous y avez cru, nous y avons cru et voilà nous l’avons fait ! Donc rejoignez le mouvement parce que je pense que ça représente vraiment l’avenir de la canne. »

Nicolas Philippot, directeur général délégué de Gardel

L’État se dit prêt à accompagner la filière canne, tout en rappelant que son développement repose avant tout sur les planteurs et les industriels locaux.

« L’État est déjà très présent dans la filière canne, accompagne à tous les niveaux la filière parce que nous savons tous que la filière canne structure l’agriculture de la Guadeloupe. Et donc on peut pas laisser tomber cette filière. Au contraire, faut l’encourager à produire plus. […] Nous continuerons et nous pousserons à ce que la filière bio dans la filière canne se développe. […] On a besoin que vous montiez en puissance. et on sera là pour vous accompagner. »

Thierry Devimeux, préfet de Guadeloupe

Sucre bio : la Guadeloupe entre promesses et réalités amères

L’usine sucrière Gardel se lance dans la production de sucre de canne biologique, mais la commercialisation reste suspendue à des décisions bureaucratiques. Ironie du sort, le bio pourrait bien devenir le nouveau mirage des planteurs guadeloupéens.

À première vue, l’initiative de l’usine Gardel, au Moule, semble être un pas vers l’avenir : produire du sucre de canne biologique depuis 2024, une démarche qui fait rêver. Mais derrière cette façade ensoleillée, se cache une réalité bien plus sombre, où les promesses politiques se heurtent à la bureaucratie européenne. Qui aurait cru qu’un floculant, élément technique, pourrait freiner une telle avancée ?

Ce qui se passe réellement

L’usine Gardel, en Guadeloupe, s’est mise en tête de produire du sucre de canne biologique, soutenue par 37 planteurs cultivant sur 143 hectares certifiés. Le préfet Thierry Devimeux a même qualifié cette initiative de « signal extrêmement fort » pour la filière canne. Mais cette année de test, loin d’être une fête, ressemble plus à un chemin semé d’embûches.

Une visite pour constater l’avancement du projet

Le 10 avril, Devimeux a fait le tour des installations, saluant les efforts des acteurs locaux. Mais, comme souvent, les discours politiques brillent par leur éloquence, tandis que la réalité se débat dans les méandres de la réglementation. « Il faut qu’on soit au rendez-vous », a-t-il déclaré, comme si la simple volonté suffisait à surmonter les obstacles.

« C’est un signal extrêmement fort pour toute la filière canne… […] C’est un peu une année de test, mais ça va permettre de donner envie à plus de planteurs de s’orienter vers le bio. »

Thierry Devimeux, préfet de Guadeloupe

Une commercialisation encore suspendue

Bien que la production soit en marche, la vente du sucre bio est suspendue à une autorisation européenne concernant l’utilisation d’un floculant. Nicolas Philippot, directeur général délégué de Gardel, explique que l’autorisation française est là, mais que l’Europe reste en retard. Les volumes produits restent donc stockés, attendant une validation qui pourrait bien ne jamais arriver.

« On a eu une autorisation franco-française… mais il va falloir attendre que cette autorisation définitive tombe pour que l’on puisse ensacher et commercialiser ces sucres. »

Nicolas Philippot, directeur général délégué de Gardel

Pourquoi cela dérange

Cette situation met en lumière les incohérences de la politique agricole européenne, où des décisions techniques peuvent freiner des initiatives locales prometteuses. Pendant que les planteurs guadeloupéens attendent, d’autres pays, comme le Brésil ou l’Argentine, continuent de dominer le marché du sucre bio sans ces entraves.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont claires : des volumes de sucre bio qui pourraient alimenter le marché européen restent bloqués, laissant les planteurs dans l’incertitude. Pendant ce temps, les consommateurs, eux, attendent avec impatience ce produit qui pourrait révolutionner leur consommation.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment les discours politiques se heurtent à la réalité. « Nous sommes là pour vous accompagner », clame Devimeux, alors que les planteurs se retrouvent coincés dans une bureaucratie qui semble plus préoccupée par des détails techniques que par le soutien à l’agriculture locale. Une belle promesse, n’est-ce pas ?

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les décisions politiques sont souvent déconnectées des réalités du terrain. Comme aux États-Unis ou en Russie, où les discours prometteurs se heurtent à des réalités bien plus sombres.

À quoi s’attendre

Si la tendance se maintient, la production de sucre bio en Guadeloupe pourrait atteindre 10 % d’ici 2035. Mais à quel prix ? Les planteurs doivent-ils vraiment compter sur des promesses qui semblent s’évanouir dans les méandres de la bureaucratie ?

Sources

Source : la1ere.franceinfo.fr

L'usine de Gardel se rapproche de la commercialisation du premier sucre de canne bio européen
Visuel — Source : la1ere.franceinfo.fr
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