St-Aubin : Quand l’agro-industrie s’impose, au mépris de l’environnement

Les permis de construire pour les infrastructures mutualisées ainsi que celle de Micarna ont été octroyés par la Préfecture de la Broye en faveur du Campus AgriCo, à St-Aubin (FR). Toutes les oppositions ont été rejetées concernant le site dédié au secteur agroalimentaire et à la biomasse.

À première vue, cela ressemble à une belle avancée pour l’économie locale. Mais en y regardant de plus près, on pourrait se demander si ce n’est pas plutôt un coup de maître pour le secteur agro-industriel, au détriment de notre planète. Les réjouissantes annonces de la Direction de l’économie, de l’emploi et de la formation professionnelle (DEEF) et de l’Etablissement cantonal de promotion foncière (ECPF) semblent ignorer le cri d’alarme des écologistes.

Ce qui se passe réellement

Les permis concernent notamment les équipements d’approvisionnement en eau potable, de l’épuration, de la plateforme de mobilité et de la galerie couverte. En prime, Micarna, filiale de Migros, a reçu le feu vert pour son nouvel atelier de traitement de volaille (ATV), un projet qui a suscité des centaines d’oppositions. Ce méga-abattoir, prévu sur une parcelle de 95’000 mètres carrés, est vendu par l’État en 2023. On ne peut s’empêcher de penser que les voix citoyennes ont été étouffées sous le poids des promesses économiques.

Greenpeace déçue

Greenpeace Suisse, dans un élan de désespoir, a exprimé sa déception face à cette décision, qualifiant le projet de « méga-abattoir ». Malgré une mobilisation citoyenne significative, l’organisation de défense de l’environnement semble se heurter à un mur d’indifférence. « Le projet va à l’encontre des recommandations pour lutter contre le réchauffement climatique et la crise de la biodiversité », a-t-elle déclaré. Mais qui se soucie vraiment des recommandations quand il s’agit de créer des emplois, n’est-ce pas ?

500 millions investis

Avec un investissement public et privé de 500 millions de francs, dont 80 millions pour l’ECPF, le projet promet de faire passer le nombre d’emplois de 150 à plus de 700 d’ici 2029. Une belle promesse, mais à quel prix ? La première étape de développement du site, conforme au plan d’affectation cantonal, semble plus axée sur la rentabilité que sur la durabilité.

Pourquoi cela dérange

Cette décision soulève des questions sur les priorités de nos élus. D’un côté, nous avons un projet qui promet des emplois et de la croissance économique. De l’autre, une menace pour l’environnement et la biodiversité. Les incohérences sont frappantes : comment peut-on parler de développement durable tout en soutenant un projet qui va à l’encontre de ce principe ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont déjà visibles : une pression accrue sur les ressources en eau, une augmentation des émissions de gaz à effet de serre et une dégradation de la biodiversité. Les infrastructures projetées, censées couvrir les besoins du site pour les 40 prochaines années, semblent plus adaptées à une vision à court terme qu’à une véritable stratégie de durabilité.

Lecture satirique

En somme, le discours politique autour de ce projet est aussi séduisant qu’un plat de poulet rôti. On nous promet des emplois et une prospérité économique, tout en fermant les yeux sur les conséquences environnementales. C’est un peu comme si l’on disait que fumer est bon pour la santé, tant que cela crée des emplois dans l’industrie du tabac.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires que l’on observe ailleurs, où le développement économique est souvent privilégié au détriment de l’environnement et des droits humains. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, les promesses de croissance sont souvent accompagnées d’un silence assourdissant sur les véritables coûts.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il sera crucial de surveiller l’évolution de ce projet. Les tendances actuelles laissent présager une intensification des conflits entre développement économique et protection de l’environnement. Les promesses d’emplois risquent de s’effondrer face à une crise écologique de plus en plus pressante.

Sources

Source : www.rts.ch

Micarna va pouvoir construire un abattoir à volailles dans la Broye fribourgeoise | RTS
Visuel — Source : www.rts.ch
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