Sri Lanka : Quand la guerre au Moyen-Orient transforme le rationnement en art de vivre

Face aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient, le Sri Lanka adopte des mesures draconiennes qui rappellent les pires heures de sa crise de 2022. Un gouvernement à bout de souffle, une population épuisée : bienvenue dans le monde merveilleux du rationnement.

Le Sri Lanka, ce petit bijou de l’océan Indien, se retrouve à nouveau sous les feux de la rampe, mais cette fois-ci, ce n’est pas pour ses plages de rêve ou son thé réputé. Non, c’est pour son gouvernement qui, dans un élan de créativité, a décidé de rationner le carburant, d’augmenter les tarifs de l’électricité et de contrôler la distribution d’eau. Une belle manière de rappeler aux Sri-Lankais que la vie est un long fleuve tranquille… à condition de ne pas avoir besoin d’eau.

Ce qui se passe réellement

Depuis un mois, le blocage du détroit d’Ormuz a mis à mal le Sri Lanka, qui dépend entièrement des importations de pétrole. Ce durcissement des mesures ne fait qu’accentuer les fragilités d’un pays déjà éprouvé par des crises successives depuis 2022. Le gouvernement, en place depuis deux ans à Colombo, se retrouve sous une pression accrue, alors que la population peine à se remettre d’un soulèvement populaire qui avait chassé le président Rajapaksa.

Cauchemar

Le successeur d’un président déchu, Anura Kumara Dissanayaka, se retrouve dans un cauchemar éveillé. En novembre 2025, le cyclone Ditwah a ravagé l’île, laissant plus de 600 morts dans son sillage. Aujourd’hui, les répercussions de la guerre au Moyen-Orient paralysent une économie déjà exsangue. Pour protéger ses maigres réserves, le gouvernement impose des mesures de rationnement qui feraient rougir n’importe quel dictateur en herbe.

Pourquoi cela dérange

Les incohérences sont criantes : alors que le gouvernement prône la nécessité de ces mesures pour « protéger » la population, il semble oublier que la survie quotidienne des Sri-Lankais est déjà un défi. Rationner l’eau et le carburant dans un pays où la population est exténuée par des années de privations, c’est comme offrir un parapluie à quelqu’un qui se noie.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : une population qui, sous un état d’urgence toujours en vigueur, ne gronde pas encore. Exténués, les Sri-Lankais sont trop occupés à assurer leur survie quotidienne. Le gouvernement, en imposant une semaine de quatre jours dans la fonction publique, semble croire que la solution à la crise est de donner aux gens plus de temps pour réfléchir à leur misère.

Lecture satirique

Le discours politique est déconnecté de la réalité. « Nous faisons tout cela pour le bien de la nation », affirment-ils, tout en augmentant les tarifs de l’électricité. Les promesses de prospérité se heurtent à la dure réalité du rationnement. Un véritable tour de magie politique où le « bien-être » devient synonyme de privation.

Effet miroir international

Et pendant ce temps, dans d’autres coins du monde, des gouvernements autoritaires se frottent les mains. Les politiques ultraconservatrices, qu’elles soient aux États-Unis ou en Russie, semblent trouver un écho dans les décisions du Sri Lanka. Rationner, contrôler, et faire semblant de protéger : un art que certains gouvernements maîtrisent à la perfection.

À quoi s’attendre

Les tendances visibles laissent présager un avenir sombre. Si le gouvernement ne parvient pas à redresser la situation, la colère populaire pourrait bien ressurgir, et cette fois, il ne suffira pas d’un simple tour de passe-passe pour apaiser les esprits.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire