Thélyson Orélien ne réunira finalement pas les éléments qu’il envisageait de présenter pour documenter l’écriture de son roman C’était ça ou mourir. Son éditeur québécois, les Éditions du Boréal, confirme que l’auteur a mis fin à cette démarche. Cette décision ne tranche pas les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle, que l’écrivain conteste.
Une démarche abandonnée, des questions sans réponse
Après les accusations visant son premier roman, Orélien avait annoncé vouloir rassembler des pièces sur sa genèse. Le Boréal a indiqué que l’initiative venait de l’auteur et que la maison l’avait accompagné. Selon les propos transmis par l’éditeur à la presse, Orélien a décidé d’arrêter le travail de documentation ; la maison dit respecter son choix, tout en regrettant de ne pas pouvoir apporter de réponse définitive.
Le point reste important : renoncer à réunir des preuves ne démontre pas, à lui seul, qu’une IA a été utilisée. Cela laisse toutefois sans confirmation indépendante le récit de l’auteur sur la rédaction du livre. Orélien affirme avoir commencé le roman en 2017 et achevé un premier jet en 2019. Le Boréal, qui a reçu le manuscrit le 12 septembre 2025, dit ne pas pouvoir retracer son historique avant cette date.
Une controverse à distinguer des plagiats reconnus
L’écrivain nie que des phrases de C’était ça ou mourir aient été générées par une machine. Dans une déclaration rendue publique le 13 octobre, il a aussi reconnu avoir plagié des textes plus anciens et présenté ses excuses. Ces faits reconnus concernent d’autres écrits : ils ne constituent pas, en eux-mêmes, une preuve sur la fabrication du roman.
Cette distinction est essentielle dans une affaire où des accusations différentes se sont entremêlées. Le roman a été retiré de la sélection du prix Goncourt après le début de la controverse. Le Boréal, de son côté, maintient le livre en librairie et a confirmé que ses ventes avaient ralenti, sans communiquer de chiffres précis. La décision de l’auteur de ne pas poursuivre la collecte d’éléments n’apporte donc pas de conclusion nouvelle sur l’usage de l’IA ; elle prolonge l’incertitude autour de la genèse du texte.
La preuve de l’écriture, enjeu éditorial
Dans l’édition, un manuscrit reçu ne donne pas nécessairement accès à toutes les étapes de sa création : versions antérieures, notes ou échanges de travail peuvent manquer. Ici, le décalage entre la date à laquelle l’auteur dit avoir commencé son livre et celle à laquelle l’éditeur affirme l’avoir reçu rend la question de la traçabilité particulièrement visible. Mais l’absence d’archives accessibles ne permet pas, à elle seule, de confirmer ou d’infirmer les accusations.
Pour les lecteurs, la suite dépendra donc moins d’une annonce que d’éventuels éléments vérifiables. En attendant, il faut garder séparés le démenti de l’auteur, les limites documentaires reconnues par l’éditeur et les plagiats antérieurs qu’Orélien a admis. Ce sont des éléments liés à la même controverse, mais ils ne répondent pas à la même question.
Source principale : LaPresse.ca – Arts (www.lapresse.ca)
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Auteur : Charlotte Glorieux






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