Somalie : Quand la démocratie se joue sur Facebook

L’armée fédérale somalienne prend Baïdoa, le président démissionne sur Facebook. Une crise qui illustre la fragilité de la démocratie somalienne.

En Somalie, le climat politique ressemble à un mauvais feuilleton : l’armée fédérale a pris le contrôle de Baïdoa, capitale de l’État du Sud-Ouest, sans résistance. Pendant ce temps, le président Abdiaziz Laftagareen a choisi Facebook pour annoncer sa démission. Qui a dit que les réseaux sociaux n’étaient pas un outil de gouvernance ?

Ce qui se passe réellement

Le président de l’État du Sud-Ouest, un des sept États membres de la République fédérale de Somalie, a démissionné ce 30 mars 2026. C’est sur Facebook qu’Abdiaziz Laftagareen a annoncé sa démission. Quelques heures plus tôt, l’armée fédérale somalienne rentrait dans Baidoa, capitale de l’État fédéré, sans résistance.

D’après le journal Africa Intelligence, l’Éthiopie voisine et l’Aussom, la Mission de maintien de la paix des Nations unies, ont joué les médiatrices pour négocier l’exfiltration d’Abdiaziz Laftagreen, alors retranché dans l’aéroport. Sa destination de repli reste toujours inconnue.

Pas de représailles, promet Mogadiscio

Le ministre somalien de l’Information a, quant à lui, salué le dénouement pacifique de cette crise et promet qu’il n’y aura pas de représailles contre l’État du Sud-Ouest. Un bel exemple de promesse politique, n’est-ce pas ?

Laftagareen avait récemment fait sécession pour marquer son opposition à une réforme constitutionnelle qui modifie le mode de scrutin des élections générales et prolonge d’un an le mandat de l’actuel président de la Somalie, Hassan Cheikh Mohamoud.

Pourquoi cela dérange

« Ce qui s’est passé à Baidoa n’a rien d’héroïque, se désespère Abdiweli Sheikh Ahmed, ancien Premier ministre somalien. Si le gouvernement fédéral déploie des troupes pour résoudre un conflit politique, quelle protection reste-t-il aux autres États fédérés contre le même sort ? » Une question pertinente, mais qui semble tomber dans l’oreille d’un sourd.

Ce que cela implique concrètement

La Somalie est profondément divisée entre les États qui la composent. Les dirigeants du Jubaland (sud) et du Puntland (nord-est) s’opposent fermement aux efforts de centralisation du président somalien. Un vrai casse-tête pour la démocratie, mais un régal pour les observateurs.

Lecture satirique

Le gouvernement fédéral promet qu’il n’y aura pas de représailles, mais qui peut vraiment le croire ? Les promesses politiques en Somalie semblent aussi solides qu’un château de cartes. Pendant ce temps, les élections sont repoussées et les dirigeants se battent pour le pouvoir, comme des enfants dans une cour de récréation. La démocratie, c’est bien beau, mais il faut aussi savoir jouer au ballon !

Effet miroir international

Les dérives autoritaires ne sont pas l’apanage de la Somalie. Aux États-Unis, les discours politiques se radicalisent, et en Russie, la répression est à son comble. La Somalie, avec ses crises internes, n’est qu’un reflet de ces dérives globales. Qui a dit que la démocratie était un long fleuve tranquille ?

À quoi s’attendre

Les tensions entre les États fédérés et le gouvernement central risquent de s’intensifier. Les promesses de paix et de dialogue semblent bien loin des réalités du terrain. La Somalie pourrait bien continuer à naviguer en eaux troubles, avec un avenir incertain.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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