Siemens et les CFF : Quand la transparence se cache derrière des rames à deux étages

Siemens s’apprête à signer un contrat de 2,1 milliards de francs avec les CFF, mais la transparence semble avoir pris le train en marche.

Siemens, le géant de l’ingénierie, a enfin le feu vert pour livrer 200 rames à deux étages aux CFF, après que son concurrent Stadler Rail ait décidé de retirer son recours. Un geste noble, sans doute, mais qui soulève des questions sur la transparence des processus d’attribution. En effet, Stadler a dénoncé des documents caviardés, laissant entendre que les CFF ont joué la carte de la partialité en faveur de Siemens. Mais qui a dit que la transparence était la norme dans le monde des affaires ?

Ce qui se passe réellement

Siemens pourra finalement signer son contrat avec les CFF portant sur la livraison de 200 rames à deux étages, après le retrait du recours de son concurrent thurgovien Stadler Rail. Dans le cadre de cette commande, Siemens investira au total 110 millions de francs d’ici 2029 dans l’extension de son site zurichois de Wallisellen, dédié à la fabrication de matériel roulant. La veille, l’entreprise de Bussnang annonçait retirer son recours déposé au Tribunal administratif fédéral (TAF), précisant que les documents reçus dans le cadre de la procédure étaient caviardés et n’ont pas permis une transparence suffisante. Ces documents montrent toutefois que les CFF ont mis à profit leur marge de manœuvre en faveur de Siemens. Le contrat porte sur la livraison de 116 rames à deux étages d’ici 2031 pour le réseau de trains régionaux zurichois, avec une option pour 84 rames supplémentaires, pour 2,1 milliards de francs. Fin novembre dernier, Stadler déposait un recours auprès du TAF, soutenant que la différence de prix de son offre par rapport à celle retenue n’est que de 0,6%. Les CFF assuraient de leur côté que l’offre de Siemens s’est montrée la plus avantageuse en termes de coûts d’exploitation (coûts d’énergie, de sillons et de maintenance).

Pourquoi cela dérange

La situation est d’autant plus cocasse que Stadler, avec une différence de prix de seulement 0,6%, a été écarté au profit de Siemens, qui a su démontrer que ses trains coûteraient moins cher à faire rouler. Une belle victoire pour la logique économique, mais à quel prix ? Les documents caviardés évoqués par Stadler soulèvent des doutes sur la légitimité de cette décision. Si la transparence est la clé de la confiance, on peut se demander si les CFF ont vraiment ouvert toutes les portes.

Ce que cela implique concrètement

Concrètement, cela signifie que les CFF s’engagent à investir massivement dans des rames qui, espérons-le, ne seront pas aussi opaques que le processus qui les a attribuées. Les 110 millions de francs d’investissement dans l’extension de l’usine zurichoise sont une bonne nouvelle pour l’économie locale, mais cela ne doit pas masquer les questions éthiques soulevées par cette affaire.

Lecture satirique

On pourrait presque croire que les CFF ont pris exemple sur certaines pratiques politiques internationales, où la transparence est souvent reléguée au second plan au profit d’intérêts particuliers. À quand un train à deux étages pour les promesses non tenues ? La réalité semble souvent plus déraillée que les trains eux-mêmes.

Effet miroir international

Si l’on devait établir un parallèle, on pourrait penser aux manigances des gouvernements autoritaires qui, sous couvert de transparence, cachent souvent des décisions douteuses. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la manipulation de l’information est un art maîtrisé. Espérons que les CFF ne prennent pas ce chemin.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il sera intéressant de voir si cette affaire aura des répercussions sur la manière dont les contrats publics sont attribués. Les citoyens suisses, en quête de transparence, pourraient bien exiger des comptes. Et si les trains ne sont pas à l’heure, il faudra se demander si la confiance est encore sur les rails.

Sources

Source : www.rjb.ch

Visuel — Source : www.rjb.ch
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire