Adrien Fregosi (1980-2024) a travaillé les dix dernières années de sa vie à Sète. Avec l’exposition “Adrien Fregosi – Les Moyens du bord”, au Musée international des arts modestes (MIAM) de Sète (*), l’objectif est de révéler l’œuvre de cet artiste au grand public. Avec le printemps les expos fleurissent en Occitanie. Pour n’en citer que quelques’unes : Robert Combas au Pont du Gard, Sorolla. Maître de la lumière (collection Bemberg) à l’Hôtel d’Assézat à Toulouse, André Cervera (“Carambolages”) au musée Paul-Valéry de Sète. Mais aussi jusqu’au 22 novembre, une saison culturelle sur “l’Eau, source d’inspirations” présentée dans les musées et différents lieux de Nîmes et “Dali au musée Hyacinthe-Rigaud” de Perpignan !
Table Of Content
- Fregosi et une vingtaine d’artistes au MIAM, Cervera chez Paul-Valéry
- Combas au Pont du Gard et Nîmes qui ouvre les vannes
- Dali à Perpignan en attendant 2027…
- Rendez-vous plein de charme avec Sorolla à Toulouse
- Ce qui se passe réellement
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Le principal enjeu de l’exposition Adrien Fregosi – Les Moyens du bord, consiste à révéler l’œuvre originale et hautement sensible d’Adrien Fregosi, au grand public.
Pour cela, les commissaires d’exposition ont décidé de s’aventurer dans la poésie de cet artiste, afin d’y puiser “les sujets et les interrogations nécessaires à l’écriture d’un parcours structuré autour d’émotions et de sentiments variés qui hantent la littérature de l’artiste.”
Fregosi et une vingtaine d’artistes au MIAM, Cervera chez Paul-Valéry
Les travaux d’Adrien Fregosi trouvent leur origine dans sa pratique du dessin et sont profondément nourris par les cultures alternatives allant du graffiti au fanzinat. L’artiste “a également mené des expérimentations plastiques originales et développé des motifs narratifs reconnaissables et attachants au travers d’une œuvre picturale unique. Cette dernière se prolonge au travers de sculptures, photos ou éditions, dont certaines seront présentées pour la première fois dans l’exposition.”
Ses propres mots sont utilisés en citations afin de constituer “huit chapitres distincts qui offrent aux visiteurs un chemin juste mais libre dans le parcours personnel et artistique de l’artiste.” Dans le cadre de ce projet, vingt artistes ont été conviés à participer à l’exposition.
Ainsi, la grande lune rose suspendue (notre photo), de l’artiste Bruno Peinado, a été pensée comme “un hommage spirituel et non verbal” à Fregosi. Cette lune rose est, selon Bruno Peinado, “une pièce contemplative qui s’adresse à ces intelligences de l’émotion et du cœur, un refuge pour les personnes trop sensibles, une lune de guérison, d’éveil et de nouveau départ…”

Toujours à Sète, le musée Paul-Valéry propose (jusqu’au 7 juin) l’exposition “Carambolages”, une quarantaine d’oeuvres rcéentes du sétois André Cervera. “Avec cette exposition, je célèbre la vie dans un port de Méditerranée, Sète, mais qui pourrait être Barcelone ou Naples. Ce n’est pas un hommage à la ville “d’avant” dans le sens passéiste du terme. Je pose un regard tendre sur Sète, à travers toutes ses époques et je le relie à mes nombreux voyages” commente l’artiste.
L’exposition s’articule, entre autres, autour de cette mémoire des lieux, dessinant une cartographie d’une ville au quotidien extraordinaire : “Un port est un lieu de rencontres, où se mêlent “figures locales” et personnes venues d’ailleurs. Je puise mon inspiration dans ces échanges et dans la collecte de récits lointains” explique encore André Cervera.
Combas au Pont du Gard et Nîmes qui ouvre les vannes

On trouve encore une trace de l’île singulière avec “Guerre et Paix – Robert Combas au Pont du Gard.” Événement inédit par son ampleur, cette exposition est le fruit d’un partenariat fort entre le site du Pont du Gard et le Département du Gard. Elle marque une étape dans une programmation artistique contemporaine ambitieuse.
L’univers flamboyant de Robert Combas, peuplé de héros, de combats, de récits mythologiques et de figures épiques, trouve ainsi une place singulière dans ce site bimillénaire. Couleurs éclatantes, traits incisifs, énergie narrative : la peinture de l’artiste sétois dialogue naturellement avec les grandes fresques historiques et les récits fondateurs de la civilisation méditerranéenne. Point d’orgue de l’exposition : une toile monumentale de près de 9 mètres consacrée à la Guerre de Troie.
Dans le Gard également, jusqu’au 22 novembre, la Ville de Nîmes propose une saison culturelle sur “l’Eau, source d’inspirations” présentée dans les musées et différents lieux de la ville : un fil rouge entre les multiples facettes, historiques, artistiques, sociétales, environnementales et patrimoniales de cette ressource fondamentale. De la biodiversité marine aux mythes picturaux, en passant par l’histoire urbaine, la Camargue et les paysages cévenols, Nîmes déploie une saison culturelle dédiée à l’eau.
“Le choix de consacrer la saison culturelle des musées et lieux de connaissances à l’eau, est le choix de la sensibilisation de tous les publics à la nécessaire préservation de l’or bleu. Approche scientifique, historique, artistique, ou économique, toutes les expositions, conférences, ateliers permettront aux enfants, comme aux parents et aux grands-parents de s’immerger dans la complexité de l’eau, sa beauté, mais aussi ses risques” commente le nouveau maire de la ville, Vincent Bouget.
Le programme complet c’est ICI !
Dali à Perpignan en attendant 2027…
Parfums d’Espagne pour la suite. d’abord à Perpignan avec un avant-goût de la grande exposition Dali prévue pour 2027. Pour la première fois, le musée d’art Hyacinthe-Rigaud accueille une œuvre majeure de Salvador Dalí (1904–1989) dans son parcours permanent.
Grâce à un prêt exceptionnel du Centre Pompidou – Musée national d’art moderne, le tableau Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano (1931), sera exposé durant plus d’une année dans un lieu chargé d’histoire : l’ancien salon d’apparat de l’hôtel particulier de Lazerme, au cœur du musée.
Belle occasion de découvrir une œuvre charnière dans le parcours de Dalí. Réalisée en 1931, elle est directement inspirée d’une vision hypnagogique (hallucination survenue à l’heure du coucher), dans laquelle Dalí voit les visages de Lénine se multiplier sur les touches d’un piano. Cette image obsessionnelle témoigne de la méfiance grandissante de l’artiste envers l’alignement du surréalisme avec le communisme, sous l’impulsion d’André Breton.
Aux côtés de ce chef-d’œuvre, deux œuvres issues des collections du musée Rigaud enrichissent l’accrochage : Un dessin original de Dalí représentant le clocher de Collioure, rare témoignage de son attachement au paysage roussillonnais et une photographie rehaussée de gouache par Dalí, déclinant son tableau La Gare de Perpignan ou Pop, Op, Yes-Yes, Pompier (1965), clin d’œil à ce lieu que Dalí considérait comme “le centre cosmique de l’univers !”
Rendez-vous plein de charme avec Sorolla à Toulouse
En ce printemps 2026, la Collection Bemberg s’allie au Musée Sorolla, maison-atelier du peintre qu’il fit construire à Madrid en 1911, afin de présenter un ensemble exceptionnel de plus de 60 œuvres issues de ses collections à l’Hôtel d’Assézat (Place d’Asséza, Toulouse).
L’exposition s’articule autour des grands thèmes dont Sorolla fit sa marque de fabrique : les bords de mer, les portraits et les jardins. Les bords de mer occupent une part importante dans l’œuvre de Sorolla : de Valence à Saint-Sébastien en passant par Biarritz, les scènes de plage, de labeurs marins, sa famille ou de simples coques de bateaux échouées sur la plage sont pour lui une source d’inspiration constante.

Les protagonistes de ses portraits sont en première instance sa femme Clotilde et ses enfants María, Joaquín et Elena. Sorolla peignit également les portraits des acteurs de la haute société madrilène, tout autant que ceux des différentes classes populaires, croquées par l’artiste au gré de ses pérégrinations dans les différentes régions d’Espagne.
Les jardins apparaissent dans l’œuvre de Sorolla à partir des années 1907-1920. Ce sont d’abord les grands jardins patrimoniaux de l’Espagne, l’Alcazar ou encore l’Alhambra qui fascinent le peintre, puis son propre jardin, à partir de 1911…
Philippe MOURET
(*) Exposition du 11 avril 2026 au 7 mars 2027–Musée International des Arts Modestes. 23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny, 34200 Sète. Accueil : 04 99 04 76 44. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h.
Sète : Quand l’art se frotte à l’absurde des promesses culturelles
L’exposition « Adrien Fregosi – Les Moyens du bord » au MIAM de Sète promet de révéler l’œuvre d’un artiste, mais à quel prix ? Entre promesses et réalité, la culture semble parfois se perdre dans les méandres de l’inefficacité.
Dans un monde où l’art devrait être un phare de sensibilité et de réflexion, l’exposition dédiée à Adrien Fregosi (1980-2024) au Musée international des arts modestes (MIAM) de Sète se présente comme une bouffée d’air frais. Mais ne serait-ce pas plutôt un mirage dans un désert culturel ? Alors que le printemps fleurit en Occitanie avec des expositions comme celles de Robert Combas et Dali, on ne peut s’empêcher de se demander si ces événements ne sont pas qu’une vitrine pour masquer des réalités bien plus sombres.
Ce qui se passe réellement
Le principal enjeu de l’exposition “Les Moyens du bord” est de faire découvrir l’œuvre d’Adrien Fregosi, un artiste dont les travaux, nourris par des cultures alternatives, oscillent entre graffiti et fanzinat. Les commissaires d’exposition, dans un élan poétique, ont choisi de structurer le parcours autour des émotions et sentiments qui hantent la littérature de l’artiste. Vingt autres artistes participent à cette célébration, dont Bruno Peinado, qui a conçu une lune rose suspendue, un hommage spirituel à Fregosi. Mais au-delà de l’esthétique, que reste-t-il de cette démarche ?
Pourquoi cela dérange
La question qui se pose est celle de l’impact réel de ces expositions. Alors que l’on célèbre l’art, les véritables enjeux de la culture sont souvent relégués au second plan. Les promesses de sensibilisation à l’art et à la culture se heurtent à la réalité d’un public qui peine à s’y retrouver. Les discours politiques autour de la culture semblent déconnectés des préoccupations réelles des citoyens, qui, eux, ne demandent qu’à être entendus.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette dichotomie sont multiples. D’un côté, une exposition qui attire les foules, de l’autre, une réalité où l’accès à la culture reste difficile pour beaucoup. Les politiques culturelles, souvent présentées comme des avancées, se révèlent parfois être des opérations de communication, masquant des lacunes profondes dans l’engagement réel envers l’art et la culture.
Lecture satirique
Il est ironique de constater que, dans une ville comme Sète, où l’art devrait être célébré, les discours politiques se heurtent à une réalité bien plus terne. Les promesses de soutien à la culture semblent souvent se transformer en vœux pieux, laissant les artistes et le public dans une attente frustrante. On pourrait presque croire que ces expositions sont là pour faire joli sur le papier, tandis que les véritables enjeux de la culture sont laissés de côté.
Effet miroir international
En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec les dérives autoritaires qui se dessinent ailleurs, notamment aux États-Unis ou en Russie, où la culture est souvent utilisée comme un outil de propagande. À Sète, la culture est-elle en train de devenir un simple outil de communication politique, détaché des réalités sociales ?
À quoi s’attendre
Si les tendances actuelles se poursuivent, on peut craindre que l’art, au lieu d’être un vecteur de changement et de réflexion, ne devienne qu’un décor pour masquer l’absence d’engagement réel. Les promesses de soutien à la culture pourraient bien se transformer en un écho lointain, laissant les artistes et le public dans l’ombre.
Sources




