Serhat Kaya est médaillé d’or aux échecs à l’échelle interacadémique dans les Hauts-de-France. À 20 ans, ce lycéen d’origine kurde a dû fuir la Turquie à cause des activités politiques de son père. Il est sous le coup d’une OQTF depuis décembre et se bat pour rester en France.
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Serhat a 20 ans et est en classe de première au lycée Gay-Lussac de Chauny, dans l’Aisne. Cet étudiant d’origine kurde, est arrivé en France depuis sa Turquie natale avec sa famille il y a trois ans. Sa demande d’asile a été refusée en décembre, entraînant une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), alors que sa vie et celle de ses proches est menacée.
Cette décision est « incompréhensible » pour les personnes qui l’accompagnent, d’autant plus que le jeune homme s’est fait une place en France et a été remarqué pour ses compétences aux échecs. Sa professeure de français, Hélène Pegues, estime que « d’un point de vue humain, c’est très extrêmement difficile de savoir que c’est un élève qui a tout fait pour s’intégrer et qu’on a nos limites« .
La professeure se dit « heureuse de la manière dont il s’est intégré dans le lycée« . Serhat est entouré de camarades qui « prennent soin de lui« . Il est impliqué au sein du lycée, fait partie du club de théâtre et est apprécié par ses enseignants. Elle parle aussi d’un élève passionné par les échecs, qui n’a pas raté une seule séance, même si la barrière de la langue rendait la communication difficile au départ.
Serhat s’est lancé dans les échecs à l’âge de neuf ans. « Au début, c’était juste un hobby pour être avec mes amis et progresser« , explique-t-il. Mais à l’âge de 13 ans, il a arrêté pour se consacrer au sport, jusqu’à son arrivée en France en 2023, où il n’a pas pu continuer, à cause de la barrière de la langue et des multiples démarches administratives. Mais en rentrant dans son lycée actuel, il est tombé sur le club d’échecs. Sans parler un mot de français à ce moment-là, il s’est rendu compte qu’il pouvait tout de même jouer avec ses camarades.
Serhat voit dans les échecs un moment pour oublier les problèmes administratifs.
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© Benoit Henrion / FTV
Aujourd’hui, son niveau de français s’est nettement amélioré : « grâce aux échecs, je peux parler avec mes camarades, ça m’a beaucoup aidé, j’ai pu apprendre le français, le pratiquer. Maintenant, je parle français, mais l’année dernière, ce n’était pas comme ça. Les échecs, ce n’est pas juste un jeu, c’est plus que ça« .
Ce jeu a été un facteur qui a accéléré son intégration en France. Ill se voit désormais rester dans le pays. « Je suis en première, mais j’ai 20 ans, rappelle-t-il. J’ai perdu trois ans de ma vie parce qu’en Turquie, j’étais en terminale et quand je suis venu en France, ils m’ont dit : tu n’as pas fini le lycée, donc tu dois recommencer. » Il a dû redoubler la seconde, mais a persévéré pour améliorer son français et continuer ses études.
Après le bac l’année prochaine, Serhat voudrait poursuivre des études de sciences. Mais à ce stade, il a du mal à se projeter plus loin dans la vie, car il craint de ne pas pouvoir continuer sa vie ici, à cause de son OQTF. « Je n’arrive pas à voir le futur : qu’est-ce qu’il va se passer ? Je stresse« , s’inquiète-t-il. Alors, pour canaliser son anxiété, il joue aux échecs. La concentration lui permet de ne pas y penser.
Il y consacre d’ailleurs plusieurs parties chaque jour, en plus de ses cours et des révisions le soir.
Grâce au club d’échecs de son lycée, Serhat a réussi à se faire de nombreux amis.
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© Benoit Henrion / FTV
Emmanuel Mailly, cofondateur du collectif « Migrants et migrantes » de Tergnier, souligne qu’un recours est en cours pour demander le réexamen de sa demande d’asile. Car Serhat est majeur et a dû l’effectuer tout seul. Si le recours échoue, le collectif l’aidera à déposer une demande de titre de séjour en tant qu’étudiant. « C’est un élève de première, donc il va viser le bac et ensuite faire des études, note le cofondateur. Notre slogan est clair : ils sont ici, ils restent ici, ils étudient ici, point« .
Serhat et sa famille espèrent beaucoup de la France. « Ce sont des gens qui ont fui le danger, en espérant trouver sérénité et paix ici et ils se retrouvent confrontés au refus de leur demande« , ajoute Emmanuel Mailly. D’autant qu’il est difficile pour eux d’expliquer leur parcours et d’apporter les documents prouvant leur situation. Le premier réflexe d’un opposant dans un pays qu’il doit fuir est souvent d’effacer toutes les preuves d’appartenance à un parti ou un syndicat menacé par le pouvoir en place puisque « cette appartenance peut vous mettre en danger ».
Un demande de réexamen de son dossier est en cours.
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© Benoit Henrion / FTV
Malgré tout, le jeune homme ne désespère pas. Il vient de remporter une médaille d’or aux tournois académique des Hauts-de-France. Une médaille synonyme d’espoir : celui de rester en France avec sa famille et d’y poursuivre sa vie.
Avec Paul Thiry / FTV
Serhat Kaya : Médaillé d’or aux échecs, mais sous le coup d’une OQTF
À 20 ans, Serhat Kaya, lycéen d’origine kurde, a fui la Turquie pour échapper aux menaces pesant sur sa famille. Aujourd’hui, il se bat pour rester en France, malgré une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui pèse sur lui.
Ce qui se passe réellement
Serhat, élève de première au lycée Gay-Lussac de Chauny, a vu sa demande d’asile rejetée en décembre dernier. Cette décision, qualifiée d’« incompréhensible » par ses enseignants, survient alors qu’il a su s’intégrer et exceller dans son nouveau pays. Sa professeure de français, Hélène Pegues, souligne la difficulté de voir un élève qui a tant fait pour s’intégrer se heurter à des limites administratives.
Serhat, qui a commencé les échecs à l’âge de neuf ans, a trouvé dans ce jeu un moyen de surmonter la barrière de la langue et de se faire des amis. Aujourd’hui, il consacre plusieurs heures par jour à jouer, ce qui lui a permis d’améliorer son français et de s’intégrer dans le milieu scolaire.
Pourquoi cela dérange
La situation de Serhat met en lumière les incohérences du système d’asile français. Alors qu’il a fui un pays où sa vie était menacée, la France, symbole de liberté et de protection, lui impose une OQTF. Ce paradoxe soulève des questions sur l’engagement réel de l’État français envers ceux qui cherchent refuge.
Ce que cela implique concrètement
Le refus de sa demande d’asile ne signifie pas seulement un retour forcé vers un danger imminent, mais aussi la perte d’une chance de construire un avenir. Serhat, qui aspire à poursuivre des études de sciences après le bac, se retrouve dans une situation d’incertitude qui pèse lourdement sur son moral.
Lecture satirique
Il est ironique de constater que la France, qui se vante d’accueillir les persécutés, semble parfois plus préoccupée par des considérations bureaucratiques que par le bien-être de ceux qui fuient la violence. Les promesses d’intégration et de protection s’effacent face à des décisions administratives froides et déshumanisantes.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas unique à la France. Dans d’autres pays, comme les États-Unis ou la Russie, les politiques d’immigration sont souvent teintées d’autoritarisme et de méfiance envers les étrangers. La tendance à fermer les portes aux réfugiés est un phénomène global qui mérite d’être dénoncé.
À quoi s’attendre
Si le recours pour réexaminer sa demande d’asile échoue, Serhat pourrait se retrouver dans une situation encore plus précaire. Le collectif « Migrants et migrantes » de Tergnier, qui le soutient, espère que sa situation sera réévaluée, mais l’incertitude demeure.
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr

Cet article met en lumière les contradictions d’un système qui, tout en prônant l’accueil, semble parfois oublier l’humain derrière les chiffres. Serhat Kaya, un jeune homme prometteur, mérite une chance de réaliser ses rêves en France.
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