Sénégal : Quand la justice fait du surplace, les manifestants s’impatientent

Des collectifs dans la rue, des promesses non tenues et un ancien président qui rêve de l’ONU : le Sénégal, un pays où la justice semble être en mode pause.

Ce samedi 11 avril, à Dakar et Ziguinchor, des collectifs de citoyens se sont rassemblés pour réclamer justice pour les victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024. Malgré les promesses des nouvelles autorités, aucun responsable n’a été jugé à ce jour. En prime, les manifestants ont exprimé leur rejet de la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU. Une belle ironie, n’est-ce pas ?

Ce qui se passe réellement

Djibril Diaw, représentant des familles de victimes, a énoncé les noms des 65 personnes décédées, selon Amnesty International. Les procédures judiciaires, quant à elles, avancent à la vitesse d’un escargot sous sédatif. Seydi Gassama, directeur d’Amnesty Sénégal, déplore que « le premier pas timide » fait en octobre n’ait pas été suivi d’effets. « Ceux qui sont à Saint-Louis ou Ziguinchor n’ont jamais été auditionnés », ajoute-t-il, soulignant que les autorités semblent plus préoccupées par le statu quo que par la justice.

Les lenteurs sont justifiées par un flou juridique autour de la loi d’amnistie de 2024, rejetée par le Conseil constitutionnel. Les crimes de sang, eux, restent imprescriptibles. Mais qui a dit que la justice devait être rapide ?

Rejet de la candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU

Parmi les victimes, il y a aussi ceux qui ont subi des blessures ou des tortures, comme Pape Abdoulaye Touré. Tous rejettent la candidature de Macky Sall. « L’ONU, c’est notre dernier refuge. Si l’État du Sénégal refuse de nous rendre justice, où allons-nous ? », s’interroge-t-il. Une question pertinente, surtout quand on sait que cet ancien président a un bilan aussi lourd que ses ambitions.

« Comment quelqu’un avec un tel bilan de crimes de sang peut-il devenir secrétaire général de l’ONU ? », s’interroge Pape Abdoulaye. Une question qui mérite d’être posée, surtout dans un monde où les dirigeants semblent souvent plus préoccupés par leur image que par la justice.

Les manifestants, déterminés, envisagent de relancer la piste de la Cour pénale internationale, où des signalements ont été déposés en 2023. Peut-être que là-bas, la justice ne sera pas en mode pause.

Pourquoi cela dérange

La situation au Sénégal met en lumière des incohérences flagrantes. Les promesses de justice sont balayées par des lenteurs administratives et des justifications juridiques qui semblent plus être des prétextes qu’autre chose. Les victimes, elles, attendent toujours.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : un climat de méfiance envers les autorités et un sentiment d’abandon pour les victimes. La justice, dans ce contexte, devient un luxe que peu peuvent se permettre.

Lecture satirique

Le discours politique semble déconnecté de la réalité. Promettre justice tout en laissant les coupables en liberté, c’est un peu comme promettre un repas à un affamé tout en lui montrant le menu sans jamais le servir. Un bel exemple de la politique du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à l’échelle mondiale. Les promesses de justice et de démocratie se heurtent souvent à des réalités bien plus sombres, que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs. Un constat amer qui souligne que la lutte pour la justice est universelle.

À quoi s’attendre

Les manifestants ne comptent pas abandonner. La pression va continuer à s’exercer, tant au Sénégal qu’à l’international. La justice, un jour, devra bien se réveiller.

Sources

Source : www.rfi.fr

Visuel — Source : www.rfi.fr
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