Sénégal : Le Forum de l’Investissement, ou l’Art de Promettre sans Agir

Le Sénégal se rêve en hub industriel, mais les promesses s’effritent face à une réalité obstinément stagnante.

Ce jeudi 2 avril 2026, Dakar a accueilli le Forum de l’investissement industriel (DIIF 2026), une rencontre qui, sous le vernis d’un optimisme affiché, semble plus un exercice de communication qu’un véritable catalyseur de changement. Organisé par le programme Manufacturing Africa en partenariat avec le ministère de l’Industrie et du Commerce, cet événement a rassemblé des acteurs publics et privés, des investisseurs internationaux, et des partenaires techniques. Tout cela pour quoi ? Pour renforcer l’attractivité du Sénégal et stimuler les investissements dans le secteur manufacturier, bien sûr !

Ce qui se passe réellement

Le forum a été présidé par Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du Commerce, qui a réaffirmé l’ambition du Sénégal de devenir un hub industriel en Afrique de l’Ouest. Les discussions ont mis en lumière les défis structurels du secteur industriel sénégalais, mais aussi les opportunités de croissance. Samuel Nicholls, ambassadeur adjoint du Royaume-Uni, a souligné la nécessité d’une synergie entre l’État, les entreprises et les investisseurs. Un appel à l’unité qui, dans un contexte de rivalités politiques internes, semble presque comique.

Pourquoi cela dérange

Les promesses d’un avenir industriel florissant se heurtent à une réalité bien moins reluisante. Les participants ont évoqué la nécessité d’une approche concertée pour bâtir un écosystème industriel durable, mais où sont les actions concrètes ? Les discours se succèdent, mais les résultats se font attendre. Les défis persistent, comme l’a souligné Idrissa Wone, country manager du programme au Sénégal : « Les projets avancent, mais il est essentiel de structurer davantage les données. » Une phrase qui pourrait être le slogan de l’inefficacité administrative.

Ce que cela implique concrètement

Les défis structurels identifiés, tels que l’absence de gouvernance des filières industrielles et le manque de coordination, sont autant de freins à la transformation économique. La dépendance aux importations et la fragilité du tissu industriel laissent présager une stagnation prolongée, malgré les discours enflammés sur l’émergence.

Lecture satirique

Le ministre Diop a appelé à un « changement de paradigme », comme si un simple changement de mots pouvait transformer une économie en déroute. Avec l’exploitation du pétrole et du gaz, le Sénégal a l’opportunité de sortir d’une économie d’enclave, mais il semble que les promesses d’industrialisation soient aussi solides que du vent. À l’heure où le monde se débat avec des crises économiques, le Sénégal semble se contenter de rêver tout haut.

Effet miroir international

Dans un monde où les discours politiques se teintent souvent d’autoritarisme, le Sénégal ne fait pas exception. Les promesses de prospérité s’apparentent à celles d’autres régimes qui, sous couvert d’industrialisation, masquent des réalités bien plus sombres. La rhétorique de l’unité et de la synergie rappelle les discours des dirigeants qui, tout en prônant la coopération, s’enferment dans des logiques de pouvoir.

À quoi s’attendre

À l’heure actuelle, le défi n’est pas seulement d’attirer des investissements, mais de bâtir un modèle industriel solide et inclusif. Si les tendances actuelles persistent, le Sénégal risque de rester un mirage industriel, une promesse non tenue, perdue dans les méandres des discours politiques.

Sources

Source : fr.allafrica.com

Visuel — Source : fr.allafrica.com
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