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Selon le Trésor, les aides au logement alimentent les prix faute d’une offre assez réactive

Les aides au logement ont atteint 45,9 milliards d’euros en 2025. Selon la DG Trésor, une partie de ces soutiens peut se répercuter sur les prix ou les loyers lorsque l’offre…

À RETENIR

L’essentiel en quelques secondes

  • Les aides au logement ont atteint 45,9 milliards d’euros en 2025.
  • Selon la DG Trésor, une partie de ces soutiens peut se répercuter sur les prix ou les loyers lorsque l’offre…

Les aides publiques au logement ont atteint 45,9 milliards d’euros en France en 2025. Dans une étude publiée le 2 octobre, la direction générale du Trésor estime qu’une partie de ce soutien peut se retrouver dans les prix ou les loyers lorsque les logements disponibles ne sont pas assez nombreux. Le document propose des pistes de réforme, mais ne constitue ni une décision gouvernementale ni une nouvelle règle pour les communes.

Une dépense nationale, des tensions très locales

Le constat du Trésor porte sur l’ensemble du pays : derrière un parc de logements important à l’échelle nationale, les besoins et les prix varient fortement selon les territoires. Les grandes agglomérations et les zones littorales restent particulièrement attractives, tandis que d’autres bassins de vie connaissent une dynamique différente. Pour les habitants, l’enjeu concret est celui de l’accès à un logement adapté, qu’il s’agisse de louer, d’acheter ou d’obtenir un logement social.

Les collectivités sont concernées notamment par les règles d’urbanisme qui encadrent les possibilités de construire : plans locaux d’urbanisme, hauteurs autorisées ou conditions d’aménagement. Mais l’étude de la DG Trésor ne prescrit pas à une commune de modifier son PLU et ne désigne pas de territoire local comme responsable de la hausse des prix. Elle avance que certaines contraintes peuvent freiner la construction dans les zones où la demande est forte.

Pourquoi les aides peuvent peser sur les prix

Le mécanisme décrit est celui d’une offre qui s’ajuste lentement. Quand une aide augmente la capacité de dépense des ménages, mais que le nombre de logements disponibles progresse peu, une partie du soutien peut être absorbée par la hausse des loyers ou des prix de vente. Ce risque concerne aussi certaines aides destinées à soutenir la construction, si elles renforcent la demande de terrains déjà rares.

Le Trésor souligne toutefois que les aides répondent à des objectifs différents — soutenir les ménages modestes, financer la rénovation ou faciliter l’accession à la propriété — et que leurs effets ne sont pas identiques. Il ne conclut pas qu’il faudrait supprimer les APL : selon l’étude, elles réduisent de 7 points le taux d’effort des 25 % de ménages les plus modestes, même si une partie peut bénéficier indirectement aux bailleurs dans les secteurs tendus.

Les chiffres à retenir

  • 45,9 milliards d’euros : montant des aides au logement en 2025, soit 1,5 % du PIB selon le Trésor. Ce total rassemble plusieurs formes de soutien public.
  • 16,4 milliards pour les aides personnelles au logement, dont bénéficiaient 17 % des ménages ; 10,6 milliards pour la rénovation ; 9,9 milliards pour le logement social.
  • 2,2 milliards pour l’investissement locatif privé et 1,6 milliard pour l’accession, principalement via le prêt à taux zéro.
  • Dans le parc social, les attributions ont baissé de 13 % entre 2019 et 2025, tandis que le loyer médian au mètre carré demeure environ deux fois inférieur à celui du parc privé, selon l’étude.

Le Trésor relève aussi que le nombre de transactions dans l’ancien a reculé de 23 % entre fin 2021 et fin 2025. Cette faible mobilité peut avoir des effets en chaîne : un ménage qui ne vend pas ou ne déménage pas libère moins souvent un logement à acheter ou à louer.

Des pistes, pas un calendrier de réforme

La DG Trésor met en avant deux orientations : construire davantage dans les zones où les besoins sont les plus forts, notamment par la densification, et mieux mobiliser les logements déjà existants. L’étude recense trois millions de logements vacants en France et indique qu’environ 15 % des constructions neuves se situent dans des communes où le parc vacant de longue durée a également progressé. Ce chiffre national ne permet pas de conclure qu’un logement vacant est disponible ou habitable dans une commune donnée.

Le rapport évoque également une réforme de la fiscalité immobilière, avec des droits de mutation potentiellement réduits et une taxe foncière renforcée. Il s’agit d’une piste reprise d’une proposition du Conseil des prélèvements obligatoires, pas d’une mesure décidée. Aucune échéance de mise en œuvre n’est annoncée dans la note : pour les habitants et les collectivités, les règles applicables ne changent donc pas du seul fait de sa publication.

Sources complémentaires


Source principale : Actualités Localtis – Groupe Caisse des Dépôts – Aménagement et foncier, urbanisme (www.banquedesterritoires.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Elena Jeudy-Ballini, JGPmedia pour Localtis

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