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L’attaquant tanzanien du Havre Ally Samatta a inscrit son premier but en France ce dimanche contre Nice dans le cadre de la 29e journée de Ligue 1 après une quête de 22 matchs. Inconnu en France, Samatta s’est fait un nom en Afrique et en Belgique avant de devenir une légende en Afrique de l’Est et surtout dans son pays, la Tanzanie.
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Il a mis du temps, beaucoup de temps, avant de se faire remarquer et faire honneur à son statut d’attaquant. Mbwana Ally Samatta a enfin marqué son premier but dans le championnat de France ce dimanche après-midi face à Nice, après 22 matchs avec le Havre qu’il a rejoint en juillet dernier. C’est long pour un joueur qui a bâti sa réputation sur sa capacité à faire trembler les filets et qui était fortement convoité par l’Olympique de Marseille il y a neuf ans.
S’il a débarqué, à 32 ans, quasiment dans l’anonymat dans le club du Havre, le premier Tanzanien de l’histoire à évoluer dans le championnat de Ligue 1, est loin d’être un inconnu en Afrique et même chez les voisins belges. C’est justement dans le Plat pays qu’il s’est révélé dans le club de Genk avec qui il remporte un championnat et une Supercoupe de Belgique et surtout inscrit 75 buts toutes compétitions confondues en quatre saisons.
Avant la Belgique, Ally Samatta, né à Mbagala, l’un des quartiers les plus pauvres de Dar es Salam, a été formé à l’African Lyon avant de signer son premier contrat pro au Simba SC. C’est là que l’un des cadors du continent, le club congolais du TP Mazembe vient, le chercher pour renforcer son attaque.
Toujours premier…
À Lubumbashi, l’attaquant d’1,83 m prend de l’épaisseur, devient leader de la formation congolaise qu’il mène au sacre en Ligue des champions africaine en 2015 en terminant meilleur buteur de la compétition. Une performance qui lui permet de devenir le premier et seul Tanzanien, à remporter le trophée du meilleur joueur africain évoluant en Afrique lors de CAF awards de 2015.
Avec Ally Samatta, c’est une histoire de « premier ». Premier Tanzanien à décrocher le Soulier d’ébène, récompensant le meilleur footballeur africain ou d’origine africaine évoluant en Belgique, il sera également le premier joueur de son pays à jouer en Premier League anglaise. En janvier 2020, il découvre en effet l’Angleterre avec Aston Villa, mais n’y passe que six mois en inscrivant que deux buts.
Mais c’est un an auparavant qu’il réussit avec sa sélection la plus grande performance de l’histoire du football tanzanien : la première qualification à la CAN 2019. Et comme il est le principal « écrivain » de l’histoire du foot tanzanien, Samatta réalise une passe décisive et inscrit un but lors de la deuxième journée en match de pour contre le Kenya (2-3).
Aujourd’hui, Mbwana, qui signifie maître en swahili, a certainement une derrière chose à accomplir avec les Taïfa star pour assoir un peu plus sa légende : devenir le meilleur buteur de l’histoire de la sélection. Avec 22 réalisations, il est à trois longueurs des 25 buts de Mirisho Ngasa. Une question de temps…
Samatta : Le Premier But d’un Long Chemin d’Anonymat
Après 22 matchs de quête, l’attaquant tanzanien Ally Samatta marque enfin son premier but en Ligue 1, mais à quel prix ?
Il aura fallu attendre 22 matchs pour que Mbwana Ally Samatta, le premier Tanzanien à fouler les pelouses de Ligue 1, se fasse enfin remarquer. Ce dimanche, face à Nice, il a enfin inscrit son premier but. Une performance qui, à 32 ans, pourrait faire sourire ceux qui se rappellent de ses débuts prometteurs, lorsqu’il était convoité par l’Olympique de Marseille. Qui aurait cru qu’un tel parcours mènerait à un tel retard à l’allumage ?
Ce qui se passe réellement
Ally Samatta, après avoir brillé en Belgique avec le Genk, où il a inscrit 75 buts en quatre saisons, a rejoint le Havre en juillet dernier. Inconnu en France, il a pourtant une carrière impressionnante en Afrique, ayant remporté la Ligue des champions africaine avec le TP Mazembe et le titre de meilleur joueur africain évoluant en Afrique. Mais ici, en France, il a dû faire face à une réalité bien différente, où l’anonymat semble être son meilleur ami.
Pourquoi cela dérange
Cette situation soulève des questions sur la manière dont les talents africains sont perçus et valorisés dans les ligues européennes. Pourquoi un joueur avec un tel palmarès doit-il se battre pour se faire un nom dans un championnat qui se vante d’accueillir des talents du monde entier ? C’est un peu comme si l’on disait que le meilleur fromage du monde doit encore prouver sa valeur dans un pays où le camembert règne en maître.
Ce que cela implique concrètement
Le parcours de Samatta est un miroir déformant des réalités du football moderne, où les promesses de reconnaissance et de succès peuvent rapidement se transformer en désillusion. Les clubs européens, tout en prônant l’inclusion et la diversité, semblent parfois privilégier des noms plus connus, laissant des talents brillants dans l’ombre.
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment le discours politique autour de l’intégration et de la diversité dans le sport peut être aussi déconnecté de la réalité. Les clubs se vantent de leur ouverture, mais quand il s’agit de faire jouer un joueur africain, il semble que le chemin soit semé d’embûches. Peut-être que le véritable talent doit encore passer par un examen de passage, comme un élève devant un jury qui ne sait pas vraiment ce qu’il cherche.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les discours des dirigeants autoritaires qui promettent prospérité et inclusion tout en maintenant des systèmes qui favorisent l’exclusion. Comme aux États-Unis ou en Russie, où la façade de la démocratie cache souvent des pratiques qui contredisent les valeurs affichées. Samatta, en somme, est un peu comme ces voix étouffées qui peinent à se faire entendre dans un monde qui préfère les échos familiers.
À quoi s’attendre
Avec 22 réalisations, Samatta est à trois longueurs des 25 buts de Mirisho Ngasa, le meilleur buteur de l’histoire de la sélection tanzanienne. Une question de temps, mais aussi de volonté des clubs européens à reconnaître et à valoriser le talent, peu importe d’où il vient.
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