Publié en 1946, Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est dédié à son meilleur ami, Léon Werth, réfugié dans le Jura depuis 1940. Après la publication de notre article consacrée à cette dédicace pleine de poésie, Roland Duthion, correspondant local de presse pour Le Progrès , a retrouvé une photo de la venue de l’auteur du livre le plus lu dans le monde, après la Bible, à Saint-Amour.

Avec sa femme Consuela, on sait qu’Antoine de Saint-Exupéry a séjourné plusieurs fois dans le Jura pour rendre visite à son ami, sa femme Suzanne et son fils Claude, dont il est le parrain. La famille possède une maison, au hameau de Chantemerle, où ils passent leurs vacances et où ils se réfugient en 1940 après la débâcle à Paris. En octobre de cette même année, Saint-Exupéry revient voir son meilleur ami pour récupérer « 33 jours », le manuscrit du récit de l’exode de Léon Werth, entre Paris et Saint-Amour.

« Le rempart de silence des paysans de son village »

En 1943, Saint-Exupéry publie «  Lettre à un otage  », texte de préface au livre de Léon Werth, qui disparaîtra pendant de longues années avant d’être publié en 1992. La première partie est un poème triste, où sont présents l’angoisse et le remords d’avoir quitté son pays, laissant derrière soi ceux qu’on aime en « otages ». Il introduit la figure de Léon Werth, qui se terre dans sa maison, « abrité en secret par le beau rempart de silence des paysans de son village ». Un bel hommage aux habitants de Saint-Amour.

Source www.gallimard.fr  et Le Jura, 50 histoires , hors-série Le Progrès, 2018

Saint-Exupéry, un Prince en exil : Quand la poésie rencontre l’absurde

En 1946, Antoine de Saint-Exupéry dédie *Le Petit Prince* à son ami réfugié, Léon Werth, tandis que des discours politiques contemporains semblent ignorer les leçons du passé.

Dans un monde où les mots sont souvent détournés, il est rafraîchissant de se plonger dans l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry, qui, en 1946, a su allier poésie et engagement. Son ami, Léon Werth, réfugié dans le Jura, a inspiré cette dédicace touchante. Mais que dirait Saint-Ex aujourd’hui en voyant les discours politiques qui se multiplient, souvent empreints d’une rhétorique aussi vide que les promesses d’un candidat en campagne ?

Ce qui se passe réellement

Saint-Exupéry a séjourné plusieurs fois dans le Jura pour rendre visite à son ami, sa femme Suzanne et son fils Claude, dont il est le parrain. En 1940, après la débâcle à Paris, ils se réfugient dans une maison au hameau de Chantemerle. En octobre de cette même année, Saint-Exupéry revient pour récupérer *33 jours*, le manuscrit du récit de l’exode de Werth. Un retour aux sources, mais aussi un retour à la réalité d’un monde en guerre.

« Le rempart de silence des paysans de son village »

En 1943, Saint-Exupéry publie *Lettre à un otage*, un texte poignant où il évoque l’angoisse et le remords d’avoir quitté son pays. Il rend hommage aux paysans de Saint-Amour, « abrités en secret par le beau rempart de silence ». Mais aujourd’hui, ce silence semble assourdissant face aux discours politiques qui, comme un mauvais remake de *Le Petit Prince*, nous promettent des étoiles tout en nous laissant dans l’obscurité.

Pourquoi cela dérange

Les incohérences entre les discours politiques et la réalité sont frappantes. Alors que Saint-Exupéry évoquait la solidarité et l’humanité, certains acteurs politiques contemporains semblent se complaire dans la division et l’exclusion. Promettre des lendemains qui chantent tout en fermant les portes aux réfugiés, c’est un peu comme vouloir apprivoiser un renard sans jamais lui donner à manger.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de ces discours sont réelles : des vies brisées, des familles séparées, et une société qui se déchire. Pendant que Saint-Exupéry écrivait sur l’amour et l’amitié, certains préfèrent jouer avec les peurs et les préjugés. Ironiquement, ceux qui se présentent comme les défenseurs de la nation semblent souvent être les premiers à trahir ses valeurs fondamentales.

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment les promesses de sécurité et de prospérité se transforment en politiques d’exclusion. Les discours politiques actuels, souvent déconnectés de la réalité, ressemblent à un enfant qui, après avoir perdu son jouet, refuse de partager celui des autres. La contradiction est palpable : comment défendre des valeurs de liberté tout en prônant des mesures autoritaires ?

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, les dérives autoritaires se multiplient. Que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs, les leaders semblent s’inspirer des pires pratiques, tout en prétendant défendre la démocratie. Saint-Exupéry, avec son regard lucide, aurait sans doute dénoncé ces abus, rappelant que la véritable force réside dans la compassion et l’empathie.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, nous pouvons nous attendre à une intensification des discours de haine et de division. L’histoire nous enseigne que l’oubli des leçons du passé mène à des conséquences désastreuses. Espérons que la voix de Saint-Exupéry résonne encore dans nos consciences.

Sources

Source : www.leprogres.fr

Jura. Antoine de Saint-Exupéry est venu plusieurs fois à Saint-Amour rendre visite à son meilleur ami
Visuel — Source : www.leprogres.fr
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