Saint-Denis : Quand l’extrême droite transforme l’histoire en racisme
Bally Bagayoko, élu maire de Saint-Denis, devient la cible d’attaques racistes et d’accusations infondées, révélant les dérives d’une fachosphère en pleine effervescence.
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Depuis son élection le 15 mars dernier, Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, est devenu l’obsession de CNews, la chaîne d’opinion de Bolloré. Invité sur BFM, il se voit interroger sur le rôle des narcotrafiquants dans son élection, une question qui, à première vue, semble tout droit sortie d’un mauvais scénario de série B. Mais ce n’est que le début d’une série de dérapages qui frôle le grotesque.
Ce qui se passe réellement
Bagayoko a célébré sa victoire en évoquant « La ville des rois et du peuple vivant« , une référence à l’histoire riche de Saint-Denis, où plusieurs rois de France sont inhumés. Mais l’extrême droite, dans un tour de passe-passe digne des plus grands illusionnistes, transforme cette phrase en « la ville des Noirs« , une infox qui a même été relayée par le service public, contraint de s’excuser platement.
Et comme si cela ne suffisait pas, le psychologue Jean Doridot, habitué des plateaux de CNews, s’illustre en remontant aux origines de l’humanité pour rappeler que nous sommes des mammifères sociaux issus de la famille des grands singes. Un grand moment de télévision, n’est-ce pas ? Pendant ce temps, le philosophe Michel Onfray, lui, ne peut s’empêcher d’évoquer la notion de tribu dominante, comme si nous étions revenus à l’âge de pierre. Tout cela, bien sûr, dans un lexique à peine voilé de racisme primaire.
Pourquoi cela dérange
Ce qui est dérangeant ici, c’est la facilité avec laquelle ces discours racistes s’immiscent dans le débat public, masqués sous le vernis d’une « analyse » prétendument intellectuelle. La question n’est pas seulement de savoir si Bagayoko est un bon maire, mais pourquoi son ascension provoque tant de réactions viscérales. La fachosphère, en s’attaquant à lui, révèle ses propres peurs et préjugés, transformant une élection locale en un véritable champ de bataille idéologique.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de ces attaques sont multiples. Elles alimentent un climat de méfiance et de haine, et renforcent les stéréotypes racistes qui gangrènent notre société. En remettant en question la légitimité d’un élu sur la base de sa couleur de peau, on ouvre la porte à une normalisation de discours de haine qui devraient, en théorie, être relégués aux poubelles de l’histoire.
Lecture satirique
Il est ironique de constater que ceux qui prétendent défendre la « France éternelle » se livrent à un véritable déni de l’histoire. La ville de Saint-Denis, berceau des rois de France, est désormais réduite à un simple slogan raciste. Les promesses de respect et de diversité se heurtent à la réalité d’un discours politique déconnecté, où l’on préfère la caricature à la réalité.
Effet miroir international
Ce phénomène n’est pas unique à la France. Dans d’autres pays, comme les États-Unis ou la Russie, les discours d’extrême droite exploitent également les peurs et les préjugés pour diviser et régner. La montée des populismes autoritaires à l’échelle mondiale nous rappelle que la lutte contre le racisme et l’intolérance est un combat qui transcende les frontières.
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est à craindre que les attaques contre Bagayoko ne soient que le début d’une campagne de dénigrement systématique. Si la fachosphère continue sur cette lancée, nous pourrions assister à une escalade des tensions raciales, avec des conséquences désastreuses pour la cohésion sociale.