Saint-Denis : Quand le racisme se dévoile sous le vernis républicain

Des milliers de manifestants se sont réunis à Saint-Denis pour soutenir le maire LFI Bally Bagayoko, victime d’une campagne de haine. Une ironie mordante face à l’inaction gouvernementale.

Samedi dernier, la ville de Saint-Denis a vibré au rythme d’une manifestation contre le racisme, orchestrée par le nouveau maire, Bally Bagayoko. Sous un ciel clément, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur le parvis de l’Hôtel de ville, unis par un cri de ralliement : « On veut plein de maires noirs contre la peste brune ». Une ambiance calme et musicale, mais une tension palpable, car derrière cette belle unité se cache un débat national sur la discrimination raciale, que certains préfèrent ignorer.

Ce qui se passe réellement

La foule, composée de syndicats, d’associations et de figures politiques de gauche comme Jean-Luc Mélenchon, a entendu le maire dénoncer les « institutions défaillantes, parfois même complices » de la haine raciale. Victime d’une campagne de diffamation depuis son élection, Bagayoko a lancé un appel à la solidarité : « Il s’agit d’un SOS de toutes celles et ceux qui appartiennent à la communauté de destin que nous voulons construire ». Un cri du cœur qui résonne comme un écho à l’inaction des élites.

Lire aussi: La «nouvelle France», Bally Bagayoko et les tensions d’un tournant

«Soutenir Bally»

À la tribune, Mélenchon a dénoncé « une vague de racisme écœurant venant des élites politico-médiatiques ». Une déclaration qui fait écho aux paroles de Sara, une élève avocate de 26 ans, qui a rappelé que ceux qui critiquent Bagayoko ont souvent été les premiers à lancer des pierres. « Il y a des gens PS qui sont ici mais ils ont lancé la première pierre », a-t-elle déclaré, faisant référence au maire sortant qui avait insinué que les narcotrafiquants appelaient à voter pour Bagayoko.

Les pancartes brandies par les manifestants, telles que « la jeunesse emmerde le Front national ! » ou « Siamo tutti antifascisti ! », témoignent d’une volonté de résistance face à la montée de l’extrême droite.

La militante Assa Traoré était également présente. — © THOMAS SAMSON / AFP

«Révoltée» par les propos tenus sur CNews

Kantéba Camara-Sissoko, 55 ans, a exprimé sa révolte face aux propos tenus sur CNews, où des comparaisons dégradantes ont été faites à l’encontre de Bagayoko. « Je suis en train de rêver, c’est un cauchemar. Nous sommes en 2026, c’est honteux d’entendre de tels propos ! » s’est-elle indignée. Une indignation partagée par François, 78 ans, sociologue retraité, qui a vu en cette manifestation un signe d’espoir.

Lire aussi: «La tambouille ne fonctionne pas»: en France, la semaine des grandes manœuvres présidentielles

Le gouvernement absent, «le silence» d’Emmanuel Macron

Bagayoko a également critiqué l’absence de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, soulignant que sa présence aurait été essentielle. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a tenté de justifier cette absence en déclarant que « la place d’un ministre, ce n’est pas d’être dans une manifestation citoyenne ». Une déclaration qui, à l’ère des luttes pour l’égalité, semble aussi déconnectée que les promesses de campagne de certains élus.

Le silence d’Emmanuel Macron sur cette question cruciale ne fait qu’accentuer l’impression d’un gouvernement qui, tout en prétendant partager le combat contre le racisme, reste étrangement muet lorsque cela devient urgent.

Rassemblement à Saint-Denis
Des milliers de personnes se rassemblent lors d’un rassemblement contre le racisme. — © YOAN VALAT / keystone-sda.ch

Une enquête ouverte

Suite aux propos polémiques tenus sur CNews, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Une réponse qui, bien que tardive, montre que la justice peut parfois se réveiller, même si cela reste exceptionnel dans un contexte où les discours de haine semblent se banaliser.

Pourquoi cela dérange

Ce rassemblement met en lumière les incohérences d’un discours politique qui prône l’égalité tout en laissant prospérer le racisme. Les promesses de lutte contre les discriminations se heurtent à la réalité d’un silence assourdissant de ceux qui devraient agir.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette indifférence gouvernementale sont graves. Elles alimentent un climat de haine et de division, où les discours extrêmes trouvent un terreau fertile. La mobilisation à Saint-Denis est un appel à l’action, mais aussi un avertissement : le temps de l’inaction est révolu.

Lecture satirique

En somme, la situation à Saint-Denis est un parfait exemple de la déconnexion entre les promesses politiques et la réalité vécue par les citoyens. Les discours sur l’égalité et la fraternité résonnent comme des slogans creux face à une réalité où le racisme et la haine continuent de prospérer.

Effet miroir international

À l’échelle internationale, cette situation rappelle les dérives autoritaires observées dans d’autres pays, où les discours de haine sont souvent banalisés par des gouvernements qui se disent pourtant engagés contre le racisme. Un parallèle inquiétant qui souligne l’importance de rester vigilant.

À quoi s’attendre

Les tendances actuelles laissent présager une intensification des luttes contre le racisme et les discriminations. Les mobilisations comme celle de Saint-Denis pourraient devenir la norme si les gouvernements continuent d’ignorer les voix de ceux qui souffrent.

Sources

Source : www.letemps.ch

A Saint-Denis, plusieurs milliers de personnes se rassemblent contre le racisme et en soutien au maire Bally Bagayoko - Le Temps
Visuel — Source : www.letemps.ch
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire