Saint-Denis : Quand l’allégeance évoque les grands singes
Le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, demande l’allégeance de ses employés et se retrouve au cœur d’une tempête médiatique, où l’imaginaire colonial refait surface.
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Il semblerait qu’un simple appel à l’allégeance ait suffi à faire surgir des réflexions dignes d’un safari dans la savane. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, s’est fait taper sur les doigts pour avoir demandé à son personnel municipal de prêter allégeance à son équipe nouvellement élue. Mais ce rappel à l’ordre n’était rien comparé à ce qui allait suivre sur CNews, où deux intervenants, Jean Doridot et Michel Onfray, ont décidé de plonger dans les méandres de l’évolution humaine pour justifier leurs propos.
Ce qui se passe réellement
Jean Doridot, hypnothérapeute, a ouvert le bal en évoquant l’homo sapiens et la hiérarchie naturelle des grands singes. Quant à Michel Onfray, il a rapidement délaissé la féodalité pour s’aventurer dans un discours tribal, affirmant : « La bande a gagné et va imposer sa loi. C’est très tribal. On fait allégeance au mâle dominant… » Une belle démonstration de ce que l’on pourrait appeler un défoulement raciste, où l’imaginaire colonial s’invite à la fête.
Le seul visé par cette réaction
Il est intéressant de noter que M. Bagayoko est le seul maire à avoir été renvoyé à la famille des grands singes par ces deux commentateurs. Pourquoi lui, et pas d’autres élus aux comportements autoritaires ? Peut-être que la couleur de sa peau a quelque chose à voir avec cette analyse. On n’a pas souvenir que d’autres maires, comme Jean-Luc Mélenchon, aient été soumis à un tel traitement. Mélenchon en grand singe ?
Remuer de mauvais relents
Déjà, on lui avait prêté le détournement d’une formule, Saint-Denis devenant avec lui la ville « des noirs » plutôt que celle « des rois ». Une obsession, visiblement. Pourtant, M. Bagayoko, contrairement à son propre parti, n’aime pas du tout le terme « racisé » et prône un universalisme républicain. Il est peut-être le dernier à mériter cette pulsion raciste qui a suivi son élection.
Pourquoi cela dérange
La réaction disproportionnée à l’égard de Bagayoko met en lumière les incohérences d’un discours qui prétend se soucier de l’égalité tout en s’en prenant à un homme qui, par ses choix politiques, s’éloigne des dérives racialistes de son propre parti.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette stigmatisation sont claires : un climat de méfiance et de division, où les discours politiques se déconnectent de la réalité et où l’on préfère s’en prendre à un homme plutôt qu’à ses idées.
Lecture satirique
La contradiction est flagrante : d’un côté, on dénonce l’autoritarisme, de l’autre, on s’en prend à un homme qui, en réalité, ne fait que revendiquer son autorité. Ironie du sort, les mêmes qui parlent de tribalité semblent oublier que les véritables tribus sont celles qui se forment autour de préjugés et de stéréotypes.
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les dérives autoritaires de certains dirigeants, où l’allégeance est souvent synonyme de soumission. Les discours déconnectés de la réalité, que l’on retrouve chez des figures comme Donald Trump ou Vladimir Poutine, trouvent ici un écho troublant.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une montée des tensions raciales et politiques, où les voix qui s’élèvent contre l’autoritarisme sont étouffées par des discours rétrogrades.




