Roumanie : Quand la citoyenneté devient un jeu d’adresse
Des milliers de Moldaves se sont vu offrir des papiers d’identité roumains grâce à un système devenu une véritable passoire administrative. Mais face à la guerre en Ukraine, Bucarest a décidé de jouer les durs.
Table Of Content
Il semblerait que l’État roumain ait longtemps été le champion du monde de la tolérance administrative. Pendant des années, des milliers de citoyens ont été enregistrés à la même adresse, comme si la Roumanie était devenue un gigantesque dortoir. Qui aurait cru que la citoyenneté roumaine pouvait se procurer aussi facilement qu’un ticket de métro ?
Ce qui se passe réellement
“Pendant des années, l’État roumain a toléré un phénomène absurde : des milliers de citoyens ont été enregistrés de manière fictive à la même adresse, et ont ainsi pu se procurer des papiers d’identité roumains”, affirme le site d’Europa Libera Moldova, la version moldave de Radio Free Europe. La plupart de ces nouveaux citoyens sont des Moldaves, qui ont obtenu la citoyenneté roumaine après la légalisation de cette possibilité en 1991, au moment où leur pays accédait à l’indépendance. Mais, avec le temps, le système s’est transformé en véritable passoire administrative.
La situation a pris une tournure inattendue avec la guerre en Ukraine. Les autorités de Bucarest, réalisant que les Moldaves n’étaient pas les seuls à profiter de cette aubaine, ont annulé en vrac plus de 160 000 cartes d’identité. Une belle manière de dire : « On ne joue pas avec notre nationalité, même si on a laissé faire pendant des années ! » Depuis 2010, Bucarest a approuvé plus de 926 000 demandes de naturalisation, dont 85,52 % proviennent de la république de Moldavie, principalement des descendants de citoyens roumains dont la citoyenneté a été retirée pendant la période soviétique.
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière les incohérences d’un système qui, pendant des années, a fermé les yeux sur des abus flagrants. D’un côté, la Roumanie se vante de sa politique d’ouverture envers les Moldaves, et de l’autre, elle se retrouve à annuler des cartes d’identité comme si c’était un jeu de cartes à la fin d’une soirée bien arrosée. L’absurdité de la situation est telle qu’on pourrait croire que les autorités roumaines ont décidé de jouer à « cache-cache » avec la citoyenneté.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette décision sont lourdes. Plus de 160 000 personnes se retrouvent du jour au lendemain sans papiers, perdant ainsi leur accès à des droits fondamentaux. Cela soulève des questions sur la responsabilité de l’État dans la gestion de sa propre législation. Est-ce que l’on peut vraiment jouer avec l’identité d’un citoyen comme on le ferait avec des jetons de poker ?
Lecture satirique
Le discours politique autour de cette situation est un véritable festival de contradictions. D’un côté, on nous parle de l’importance de la citoyenneté et des droits des individus, et de l’autre, on annule des cartes d’identité comme si de rien n’était. C’est un peu comme si un chef cuisinier vous servait un plat exquis, puis vous disait qu’il n’y a plus de dessert. Promesse vs réalité, un classique !
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires que l’on observe ailleurs, que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs. Les politiques d’exclusion et de contrôle des populations semblent se répandre comme une traînée de poudre. Qui aurait cru que la Roumanie, avec son système de citoyenneté, pourrait devenir un modèle de ce que l’on ne devrait pas faire ?
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est probable que la Roumanie continue de jongler avec sa législation sur la citoyenneté, oscillant entre ouverture et fermeture. Les Moldaves, quant à eux, devront naviguer dans un système devenu imprévisible, où la citoyenneté peut être annulée aussi facilement qu’elle a été accordée.
Sources
Source : www.courrierinternational.com




