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Il s’appelle Romy, a de jolies couleurs bleue et rose, et est désormais le collègue de travail indispensable de Suzanne Kerrand, une jeune floricultrice installée à Grand-Champ depuis maintenant un an. Son nom officiel est Romanesco : c’est un robot ou plutôt un enjambeur destiné en premier lieu au maraîchage.
40 000 € mais des aides
Sauf que pour Suzanne qui a vu son activité… fleurir très rapidement, il est aussi l’outil parfait pour effectuer certaines tâches essentielles.
« Je m’étais déjà renseigné à l’époque où j’étais encore à l’école. Et je savais qu’un jour, j’en posséderai un ! »
Elle l’a acheté 40 000 €. Mais elle a obtenu une aide à hauteur de 40 % (par France Agrimer) en allant frapper jusqu’à la porte du Ministère de l’agriculture car « l’activité de floricultrice n’était pas, dans un premier temps, éligible. L’aide ne concernait que les fruits, les légumes et le verger ».
Suzanne est donc la toute première floricultrice à utiliser ce drôle d’engin conçu en Bretagne, à Saint-Malo, par deux frères.
« C’est un investissement mais au final, cela me coûte une personne employée à temps sur un an ».
« On travaille plus vite et dans de meilleures conditions »
Là au moins, la jeune productrice n’a pas à se soucier des relations humaines ! Avec sa caméra, sa télécommande et ses fonctions modulaires, Romy fait son travail sans rechigner et répond au doigt et à l’œil.
« Il a deux grands avantages : il améliore le confort de travail et il me permet d’aller bien plus vite dans mes interventions ».
Et de prendre comme exemple le bâchage d’une planche (plate-bande) longue de plusieurs dizaines de mètres. « Romy a eu besoin de 4 minutes pour le faire quand moi, à la main, je mettais 40 minutes ! Sa rapidité d’exécution et sa précision sont remarquables. »
Allongée (elle peut même poser son front en position… massage) ou assise, Suzanne peut aisément planter ses rangs ou désherber sans être obligée d’allonger le bras ou de se plier en quatre. De s’accroupir puis de se lever sans cesse. « La fatigue physique est moindre. En tous les cas, on est apte à travailler plus longtemps. »
Plus longtemps et plus vite. « J’ai vécu une très bonne première année et je me demandais bien comment j’allais pouvoir répondre à la demande qui ne cessait de croître. Là, avec l’enjambeur, je sais que je vais pouvoir assurer derrière ».
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Un engin modulable
Romy peut recevoir jusqu’à quatre personnes si l’on souhaite travailler encore plus vite. Et en plus, l’engin est modulable grâce à un système très simple mais ingénieux, celui des boules que l’on utilise pour tracter les caravanes. « Je peux donc installer de nouveaux éléments comme un transpalette ».
La floricultrice use et abuse (!) de son robot pour aussi transporter certaines charges. L’engin est électrique et possède une belle autonomie grâce à ses panneaux solaires.
Alors pour rien au monde, elle en changerait. « Je le conseille les yeux fermés. En plus, les concepteurs n’ont de cesse de s’appuyer sur mon expérience (et d’autres) pour améliorer leur invention ».
Depuis la Saint-Valentin, Suzanne Kerrand est déjà au four et au moulin pour répondre à ses fournisseurs et à ses clients (elle est sur les marchés de Grand-Champ et d’Auray). Mais avec Romy son robot, elle déplacerait désormais des montagnes. Alors que la saison soit fleurissante pour elle !
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Romy, le robot qui fait fleurir l’absurde en Bretagne
Un robot à 40 000 € pour une floricultrice, mais avec une aide de l’État, c’est la promesse d’un avenir radieux. Pourtant, la réalité est bien plus ironique.
À Grand-Champ, une jeune floricultrice, Suzanne Kerrand, a décidé de s’offrir un collègue un peu particulier : un robot nommé Romy, ou plutôt Romanesco, un enjambeur flambant neuf. À première vue, cela semble être une belle avancée technologique, mais creusons un peu pour voir ce qui se cache derrière cette innovation.
Ce qui se passe réellement
Romy, avec ses couleurs bleue et rose, est décrit comme l’outil parfait pour les tâches essentielles de la floriculture. Suzanne a déboursé 40 000 € pour cet engin, mais grâce à une aide de 40 % de France Agrimer, elle a pu alléger la facture. Ironiquement, cette aide n’était pas initialement destinée aux floriculteurs, mais uniquement aux producteurs de fruits et légumes. Il a fallu que Suzanne se batte pour faire entendre sa voix au Ministère de l’Agriculture.
Pourquoi cela dérange
Cette situation soulève une question : pourquoi un robot à ce prix pour une activité qui, selon les politiques, n’est pas jugée assez « noble » pour bénéficier d’aides ? La bureaucratie semble plus préoccupée par des critères de classification que par le soutien à l’innovation. Pendant ce temps, les agriculteurs doivent jongler avec des aides qui ne suivent pas l’évolution des métiers.
Ce que cela implique concrètement
Romy permet à Suzanne de travailler plus vite et dans de meilleures conditions. Elle évoque une tâche de bâchage qui lui prenait 40 minutes et que Romy réalise en 4 minutes. Cela semble idéal, mais cela pose aussi la question de la déshumanisation du travail. À l’heure où l’on parle de bien-être au travail, il est ironique de voir qu’un robot remplace les interactions humaines.
Lecture satirique
Les discours politiques vantant l’innovation et le soutien à l’agriculture se heurtent à la réalité d’une aide inadaptée. Les promesses de modernisation et de soutien à l’agriculture se révèlent souvent être des slogans vides. Pendant que les politiques se pavanent avec leurs discours sur l’avenir, les agriculteurs doivent se battre pour obtenir des aides qui devraient être automatiques.
Effet miroir international
En regardant au-delà de nos frontières, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec des politiques autoritaires, où l’innovation est souvent utilisée comme un outil de contrôle plutôt que comme un moyen d’émancipation. Les États-Unis et la Russie, par exemple, investissent massivement dans des technologies qui, au lieu de libérer les travailleurs, les soumettent à des systèmes de surveillance et de contrôle.
À quoi s’attendre
Si la tendance se poursuit, nous pourrions voir une agriculture de plus en plus robotisée, où les humains sont relégués au second plan. Cela pourrait entraîner une crise de l’emploi dans le secteur, tout en exacerbant les inégalités entre ceux qui ont accès à ces technologies et ceux qui n’en ont pas.
Sources




