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Elastica Films / Ad Vitam
La jeune actrice Llúcia Garcia, âgée de 20 ans, impressionne de justesse dans « Romería » de Carla Simón.
Romería veut dire « pèlerinage ». Ce voyage autour de la mémoire familiale avec la mer en toile de fond nous a transportés. Le très beau film de Carla Simón sorti au cinéma le mercredi 8 avril. Comme son premier long-métrage Été 93, le troisième de la réalisatrice espagnole s’inspire de sa propre vie. Pour jouer le rôle principal autobiographique, elle a parié sur la jeune Llúcia Garcia, qui fait ses (impressionnants) premiers pas au cinéma.
Romería se déroule à l’été 2004. Tout juste majeure, Marina sait où elle va, mais pas d’où elle vient. Elle a, comme la réalisatrice, été adoptée après le décès de ses deux parents du Sida. Afin d’obtenir une bourse universitaire pour ses études de cinéma, elle a besoin d’un document d’état civil signé par sa famille biologique.
La jeune femme va alors entreprendre un voyage à la recherche de ses origines, et compléter le puzzle de sa propre vie. Avec le journal intime de sa mère comme boussole, elle se rend à Vigo, au nord-ouest de l’Espagne. Marina n’est pas familière avec l’océan, « ce n’est pas la Méditerranée », reconnaît-elle face au bleu profond de l’Atlantique.
Sur place, ses oncles et tantes l’accueillent à bras ouverts avec sa ribambelle de cousins, dont le beau Nuno qui ne la laisse pas indifférente. Même ses odieux grands-parents ne s’étonnent pas de la voir débarquer dans leur vie, mais plutôt qu’elle ait mis tout ce temps.
Marina à la recherche du temps passé
Pour autant, l’arrivée de Marina va remuer un passé douloureux pour toute la famille, un passé dont les membres parlent avec plus ou moins de facilité. La jeune femme est timide et pose peu de questions. Elle observe, écoute, s’imprègne des dynamiques familiales qu’elle n’a pas connues. Ces repas de famille sont bruyants, chaotiques et assez déroutants pour le spectateur, à l’image de ce que vit Marina.
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Les repas de famille sont le théâtre de révélations de secrets trop longtemps gardés pour la jeune héroïne.
C’est lorsqu’elle est en mer, sur le luxueux voilier de son oncle, ou sur le miteux bateau qui appartenait à son père, que l’héroïne est le plus connectée à lui. Comme sa mère l’écrit dans son journal, elle ne sait pas naviguer. Au contact de sa famille retrouvée, elle apprend.
Petit à petit, on comprend avec elle que les bribes d’informations données par sa mère adoptive sur ses parents sont des mensonges, à commencer par la date de décès de son père.
Romería ou la réparation
La force du film de Carla Simón est d’aborder l’addiction à l’héroïne et le Sida sans aucun jugement. Après la dictature de Franco, l’Espagne a été ravagée par cette drogue et l’épidémie de VIH. Romería rappelle à quel point les deux fléaux étaient tabou à cette époque où les gens tombaient « comme des mouches », comme le dit une des tantes.
La dernière partie du film nous embarque en 1983 dans une autre époque, celle décrite dans le journal intime. Marina devient sa propre mère, et Nuno son père. Nus dans le sable ou enroulés dans des algues, ils s’aiment à la folie dans des plans magnifiques. Ils vivent à fond leur amour et cette époque de liberté, jusqu’à tomber dans la drogue et la descente aux enfers. L’actrice Llúcia Garcia est lumineuse et montre toute l’étendue de son talent dans ce second rôle aux antipodes de la timide adolescente qu’elle incarnait jusqu’alors.
Après ce voyage en eaux troubles, Romería nous ramène à bon port en 2004. Le temps et la parole ont fait leur travail réparateur. Marina sait désormais mieux qui elle est. Apaisée, elle va enfin pouvoir prendre le large.
Romería : Quand la quête d’identité se heurte à la réalité
Dans un monde où les origines sont souvent gommées par des discours politiques déconnectés, le film *Romería* de Carla Simón nous rappelle que la recherche de soi peut être un véritable pèlerinage, même si cela implique de déterrer des secrets familiaux bien enfouis.
Le film *Romería*, sorti le 8 avril, nous plonge dans l’univers de Marina, une jeune femme adoptée, qui, à l’aube de ses 18 ans, se lance dans une quête pour retrouver ses racines. Ironiquement, alors que certains politiques prônent le retour aux valeurs traditionnelles, Marina découvre que son héritage est tout sauf traditionnel. Elle a besoin d’un document d’état civil pour obtenir une bourse universitaire, et ce document est signé par une famille biologique qu’elle ne connaît pas.
Ce qui se passe réellement
Marina, interprétée par la talentueuse Llúcia Garcia, se rend à Vigo, en Espagne, pour retrouver ses origines. Elle est accueillie par une famille qui, bien que chaleureuse, est aussi le théâtre de secrets douloureux. Le film aborde des thèmes lourds comme l’addiction à l’héroïne et le Sida, sans jugement, mais avec une lucidité frappante. Dans un pays qui a souffert des stigmates de la dictature de Franco, ces sujets restent tabous, comme le souligne une des tantes : les gens tombaient « comme des mouches ».
Pourquoi cela dérange
La quête de Marina pour connaître son passé met en lumière les incohérences d’une société qui, tout en prônant la transparence et l’honnêteté, cache des vérités dérangeantes. Les repas de famille, bruyants et chaotiques, deviennent le théâtre de révélations qui remettent en question tout ce que Marina pensait savoir sur elle-même.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette quête sont profondes. Marina découvre que les informations fournies par sa mère adoptive sont truffées de mensonges. Cette réalité dévastatrice soulève des questions sur l’identité, la mémoire et le poids du passé. Dans un monde où les discours politiques se veulent rassurants, la vérité peut être un poison.
Lecture satirique
En observant la manière dont Marina navigue entre les mensonges et la vérité, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec les discours politiques actuels. Les promesses de transparence et d’authenticité sont souvent contredites par des réalités bien plus sombres. Dans un contexte où les gouvernements se vantent de protéger leurs citoyens, la réalité est que beaucoup vivent dans l’ignorance de leur propre histoire.
Effet miroir international
Si l’on regarde au-delà des frontières, on peut voir des résonances dans les politiques autoritaires qui cherchent à réécrire l’histoire pour servir leurs propres intérêts. Que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs, la manipulation de la mémoire collective est un outil puissant pour contrôler les masses.
À quoi s’attendre
La projection de *Romería* nous invite à réfléchir sur notre propre rapport à l’identité et à la mémoire. Dans un monde où les vérités sont souvent obscurcies par des discours politiques, il est essentiel de se rappeler que la quête de soi peut être semée d’embûches.
Sources
Source : www.huffingtonpost.fr




