Rima Hassan et son avocat Me Vincent Brengarth lors de sa conférence de presse du 3 avril 2026 (capture d’écran YouTube).

Comme nous le rapportions dimanche dernier, l’eurodéputée Rima Hassan sera jugée le 7 juillet prochain pour « apologie du terrorisme en ligne ». Le 26 mars 2026, elle a en effet relayé sur X un tweet (effacé depuis) d’un compte antisémite mentionnant une citation de Kozo Okamoto, un membre de l’Armée rouge japonaise impliqué dans un attentat anti-israélien ayant fait 26 morts et 80 blessés.

Convoquée par la police à ce sujet le jeudi 2 avril, elle est placée en garde à vue pendant une quinzaine d’heures. À cette occasion, une fouille de son sac à main est effectuée. Du CBD, une molécule qui, sous le seuil de 0,3 % de THC, n’est pas considéré comme un stupéfiant, y est retrouvé. Mais le plus problématique alors concerne un test qui se révèle positif à la cathinone, substance psychoactive dont la 3MMC (drogue dont l’usage est passible d’un an de prison) est un dérivé synthétique. Une « source proche du dossier » en informe la presse et le parquet confirme « la présence de matières s’apparentant d’une part à du CBD et d’autre part à de la 3MMC ». Confirmation reprise par l’AFP et l’ensemble de la presse avant que Rima Hassan s’exprime publiquement sur l’affaire dans la nuit du 2 au 3 avril : « Pendant toute la journée, sur la base de fuites illégales, j’ai dû subir des accusations m’imputant la possession de plusieurs drogues, écrit-elle sur X. Ces accusations sont totalement fausses : seule la présence de CBD a été constatée parmi mes effets personnels, ce qui est parfaitement légal et que j’utilise à des fins médicales. »

Du côté des soutiens de l’élue LFI, on parle immédiatement de « fake news » et de « cabale ». Pourquoi Rima Hassan se serait-elle rendue dans un commissariat en possession de drogue ? La théorie du complot s’invite dans le débat. Sur sa chaîne Twitch, le député LFI Antoine Léaument, ancien responsable de la communication numérique de Jean-Luc Mélenchon, va jusqu’à suggérer que c’est la police qui a placé de la drogue dans le sac de Rima Hassan. D’autres considèrent qu’il s’agit d’une opération orchestrée par des « sionistes ». Dans une conférence de presse tenue avec son conseil Me Vincent Brengarth vendredi 3 avril, Rima Hassan dément les informations du parquet et dénonce une violation du secret de l’enquête s’inscrivant dans le cadre d’une « persécution politique » visant à l’empêcher de travailler. Le même jour, le parquet annonce l’ouverture d’une enquête sur les fuites des éléments de l’enquête dans la presse.

Mercredi 8 avril, Jean-Luc Mélenchon fustige rien de moins qu’une « barbouzerie d’État », entretenant la confusion entre la thèse de la manipulation policière agitée par une partie de ses troupes et la circonstance que des éléments de l’enquête qui auraient dû rester privés aient fuité dans le domaine public. Le Canard Enchaîné affirme de son côté qu’un porte-parole du ministère de la Justice aurait échangé avec plusieurs journalistes pendant l’audition de Rima Hassan et serait à l’origine des fuites parues dans la presse. Des accusations que ce dernier, violemment pris à partie sur les réseaux sociaux, conteste catégoriquement. Le même jour, le ministre de la Justice Gérald Darmanin annonce avoir saisi l’Inspection générale de la justice sur la question des fuites et l’hebdomadaire Franc-Tireur révèle, sous la plume de Nora Bussigny, l’existence de messages datés de plusieurs années auparavant dans lesquels Rima Hassan confie qu’elle consomme régulièrement des ecstasy et de la cocaïne.

Le lendemain, jeudi 9 avril, on apprend que le parquet, au terme d’analyses complémentaires, n’estime plus que Rima Hassan a été en possession de 3MMC : le test initial effectué, très sensible en cas de traces même infimes de drogue, avait été positif à la cathinone mais cela ne prouve rien. Quant au scellé contenant le CBD, il contenait 1,04 % de delta-9-THC, un taux supérieur au seuil autorisé (tous les produits contenant plus de 0,3 % de THC sont considérés comme des stupéfiants). Toutefois, le parquet considère que l’« élément intentionnel qui aurait été nécessaire à qualifier une infraction » n’est pas caractérisé et décide donc de classer sans suite la procédure. En d’autres termes, selon la justice, Rima Hassan n’a pas cherché à violer la loi en connaissance de cause. Dont acte.

La séquence est riche d’enseignements : elle a d’abord montré que la presse – à commencer par les grandes agences de presse – serait bien avisée de respecter le secret de l’enquête, un principe régulièrement piétiné, dont la violation est passible de 3 ans de prison et qui vise à garantir l’équité, ainsi que l’efficacité, de toute procédure judiciaire.

Elle a ensuite confirmé que nous vivions bien dans un État de droit. Quoiqu’en disent les tenants du complot politico-judiciaire, les magistrats ont fait leur travail, le gouvernement également et aucun policier n’a participé au moindre traquenard contre une élue. Il incombera à l’Inspection de la justice et aux magistrats de déterminer qui a fait fuiter dans la presse des éléments qui auraient dû demeurer privés.

Enfin, l’affaire rappelle qu’on ne devrait jamais attribuer à une machination occulte ce qu’une combinaison d’aléas non-intentionnels suffit à expliquer. Ceux qui s’étaient empressés de jouer avec la théorie du complot en sont pour leurs frais : comment peuvent-ils tenir à la fois pour vrai qu’il n’y avait pas de 3MMC dans le sac à main de Rima Hassan et le scénario selon lequel des policiers l’y auraient placée ?

Rima Hassan : Entre la Garde à Vue et la Garde à Foule

L’eurodéputée Rima Hassan, accusée d’apologie du terrorisme, se retrouve au cœur d’une tempête médiatique qui frôle le ridicule.

Il y a des jours où l’on se demande si la réalité n’est pas un mauvais sketch de comédie. Prenez Rima Hassan, eurodéputée, qui sera jugée le 7 juillet pour « apologie du terrorisme en ligne ». Tout a commencé lorsqu’elle a relayé un tweet d’un compte antisémite, mentionnant une citation de Kozo Okamoto, un membre de l’Armée rouge japonaise. Un tweet qui a disparu aussi vite qu’il est apparu, mais pas avant d’avoir mis le feu aux poudres.

Ce qui se passe réellement

Le 26 mars 2026, Rima Hassan partage un tweet controversé. Le 2 avril, elle est convoquée par la police et placée en garde à vue pendant quinze heures. Lors de cette fouille, on découvre du CBD, qui, sous le seuil légal de 0,3 % de THC, n’est pas considéré comme un stupéfiant. Mais, oh surprise ! Un test révèle également la présence de cathinone, un dérivé synthétique dont la 3MMC est un cousin proche. Les médias s’emballent, et la machine à rumeurs s’active.

Rima Hassan, dans un élan de défense, déclare que ces accusations sont « totalement fausses » et que seule la présence de CBD a été constatée. Ses soutiens parlent de « fake news » et de « cabale ». La théorie du complot s’invite dans le débat, avec des allégations selon lesquelles la police aurait planté de la drogue dans son sac. Oui, vous avez bien lu.

Pourquoi cela dérange

Ce qui est fascinant, c’est la rapidité avec laquelle les soutiens de Hassan ont sauté sur l’occasion pour dénoncer une « persécution politique ». Mais pourquoi une eurodéputée se retrouverait-elle dans un commissariat avec des substances douteuses ? La question mérite d’être posée. Est-ce une maladresse, ou un coup monté ? Les incohérences s’accumulent.

Ce que cela implique concrètement

Au-delà du drame personnel, cette affaire soulève des questions sur la liberté d’expression et la responsabilité des élus. Si relayer un tweet peut mener à des accusations d’apologie du terrorisme, où se situe la ligne entre la liberté d’expression et la responsabilité politique ?

Lecture satirique

Il est presque comique de voir comment les discours politiques se déforment face à la réalité. D’un côté, nous avons une eurodéputée qui se défend d’être une terroriste en herbe, et de l’autre, un ministre de la Justice qui se retrouve à gérer une fuite d’informations. La promesse d’une justice équitable se heurte à la réalité d’une enquête qui semble plus être un spectacle qu’une procédure judiciaire.

Effet miroir international

Si l’on regarde au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec des politiques autoritaires, où les accusations sont souvent utilisées comme des outils de répression. Aux États-Unis, des figures politiques sont également confrontées à des accusations qui semblent plus politiques que judiciaires. La question est : jusqu’où peut-on aller dans la manipulation de la vérité ?

À quoi s’attendre

À l’approche du procès, il est probable que les tensions s’intensifient. Rima Hassan pourrait devenir le symbole d’une lutte contre une prétendue persécution politique, mais cela ne doit pas occulter les questions légitimes sur ses actions. La réalité pourrait bien être plus nuancée que ce que les discours politiques laissent entendre.

Sources

Source : www.conspiracywatch.info

Rima Hassan, l'emballement et les faits - Conspiracy Watch
Visuel — Source : www.conspiracywatch.info
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