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Le 31 mars dernier le Sénat a largement adopté la proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans mais a ajouté quelques précisions. La mère de famille qui avait témoigné dans nos colonnes, membre du collectif Algos Victima, regrette les modifications. Témoignage.

« Tant que les réseaux sociaux ne seront pas obligés de modérer leurs contenus, le problème persistera », pose calmement Laetitia Le Tiec. Cette mère de famille avait témoigné dans les colonnes de La Dépêche, en janvier dernier, quelques jours après l’adoption, par l’Assemblée nationale, du projet de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. « À partir du moment où ma fille a commencé à liker une vidéo à tendance suicidaire sur TikTok, la descente aux enfers s’est enclenchée. Le contenu qui lui a été proposé par ce réseau social a été de pire en pire. Elle s’est retrouvée prise dans cette bulle, jusqu’à s’y noyer », confiait-elle.

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Quelques semaines après qu’une partie du texte a été retoquée par le Sénat, la mère de famille revient sur des modifications qu’elle remet en cause. Elle et d’autres membres du collectif Algos Victimas (fondé par l’avocate Me Laure Boutron-Marmion), qui est à l’origine de la plainte déposée en 2023 contre TikTok pour provocation au suicide et dégradation de la santé mentale, ont interpellé les sénateurs de leur département avant l’examen. Pour Laetitia Le Tiec, en vain.

« Dans la rue, personne ne montrerait à un enfant comment se faire du mal »

« L’interdiction du portable dans les lycées est passée, mais celle des réseaux sociaux s’accompagne désormais de listes : une liste de réseaux interdits et une autre où l’inscription sera possible avec accord parental pour les moins de 15 ans », détaille celle qui a passé plusieurs heures à regarder les auditions dans les différentes instances. Et qui continue de signaler, presque quotidiennement, le contenu dangereux exposé sur TikTok pour qu’il soit censuré. Parce que désormais, selon le texte, seuls les réseaux sociaux « susceptibles de nuire à l’épanouissement physique, mental ou moral » des moins de 15 ans leur sont interdits.

Laëtitia Le Tiec regrette les modifications apportées par le Sénat.
Laëtitia Le Tiec regrette les modifications apportées par le Sénat.
DDM – LB

« Pendant les auditions, il y avait des représentants de plusieurs réseaux sociaux. Ils affirmaient ne pas pouvoir censurer à cause de la liberté d’expression. C’est très hypocrite, martèle-t-elle. Dans la rue, personne ne montrerait à un enfant comment se faire du mal, et personne ne crierait à la liberté d’expression. Mais sur les réseaux, tout semble permis. » D’autant qu’avec les modifications, l’adoption définitive du projet de loi pourrait être retardée.

« J’étais la seule à avoir mon enfant encore vivante, ça m’a traumatisée »

Actuellement, la proposition de loi a été envoyée à la Commission européenne. Cette instance disposera de trois mois pour émettre un avis sur le texte. Puis, ce dernier passera en commission mixte paritaire (avec les parlementaires des deux chambres). « Ils ont freiné des quatre fers et ça fait perdre du temps. Tout le monde est d’accord sur le fond, sur le fait qu’il y a un problème, mais pas sur la forme.

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Mais pendant ce temps, ce sont nos enfants qui souffrent, voire pire », poursuit-elle. Et d’ajouter : « Le temps où rien n’avance, ce sont des allers-retours aux urgences. Ma fille va mieux aujourd’hui, mais il y a eu une période où c’était une fois par semaine minimum, pour des malaises, des tentatives de suicide, des mutilations. On ne peut pas laisser les enfants avoir accès à des vidéos qui leur montrent comment se faire du mal. » Laetitia Le Tiec se souvient encore du jour où elle a rejoint le collectif Algos Victimas. Face aux cinq familles, « j’étais la seule à avoir mon enfant encore vivante, ça m’a traumatisée. »

La réponse des sénateurs du Lot

Les sénateurs du Lot, Jean‑Marc Vayssouze‑Faure et Raphaël Daubet, ont répondu aux interpellations du collectif. Le premier estime que la version du Sénat constitue « un équilibre », défendant l’idée d’un tri entre les plateformes via une liste fixée par arrêté ministériel. Favorable à l’interdiction de TikTok pour les moins de 15 ans, qu’il juge « dangereux », il ne soutient pas en revanche une interdiction totale des réseaux sociaux pour les plus jeunes, plaidant pour « le dialogue entre parents et enfants, l’éducation et l’accord parental ». Raphaël Daubet souligne de son côté que le texte s’inscrit dans « une bataille juridique » entre Assemblée nationale et Sénat sur la manière de rendre la mesure applicable, indiquant s’en remettre à des collègues plus spécialisés sur son calibrage.

Réseaux sociaux : la loi qui fait du surplace et des enfants en détresse

Le 31 mars dernier, le Sénat a adopté une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mais les modifications apportées soulèvent des questions. La mère d’une adolescente en souffrance dénonce ces changements.

Dans un monde où les enfants peuvent naviguer sur des océans d’informations toxiques, le Sénat a décidé de jeter une bouée de sauvetage… mais avec des trous. Laetitia Le Tiec, mère d’une jeune fille ayant frôlé le désastre sur TikTok, s’interroge : « Tant que les réseaux sociaux ne seront pas obligés de modérer leurs contenus, le problème persistera. » Une phrase qui résume à elle seule l’absurdité d’une législation qui semble plus préoccupée par les apparences que par la réalité.

Ce qui se passe réellement

Le 31 mars, le Sénat a largement adopté une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, mais avec des précisions qui laissent perplexes. Laetitia, membre du collectif Algos Victimas, a déjà témoigné de la descente aux enfers de sa fille, piégée par des contenus suicidaires sur TikTok. « Elle s’est retrouvée prise dans cette bulle, jusqu’à s’y noyer », confie-t-elle. Les modifications apportées par le Sénat, qui incluent des listes de réseaux sociaux autorisés avec accord parental, ne font qu’ajouter à la confusion.

Pourquoi cela dérange

Les sénateurs, en ajoutant des listes de réseaux « susceptibles de nuire », semblent ignorer que le véritable problème réside dans la modération des contenus. Laetitia souligne l’hypocrisie de ces représentants qui, lors des auditions, affirmaient ne pas pouvoir censurer à cause de la liberté d’expression. « Dans la rue, personne ne montrerait à un enfant comment se faire du mal », dit-elle. Pourtant, sur les réseaux, tout semble permis.

Ce que cela implique concrètement

Actuellement, la proposition de loi est envoyée à la Commission européenne, qui aura trois mois pour émettre un avis. Pendant ce temps, les enfants continuent de souffrir. Laetitia évoque des allers-retours aux urgences, des tentatives de suicide, et des mutilations. « Ma fille va mieux aujourd’hui, mais il y a eu une période où c’était une fois par semaine minimum », raconte-t-elle. Une situation qui devrait faire réfléchir nos législateurs.

Lecture satirique

Le discours politique autour de cette loi est un véritable festival de contradictions. D’un côté, on prône la protection des enfants, de l’autre, on laisse les réseaux sociaux gérer leur propre modération. Cela rappelle les promesses de certains gouvernements qui, face à des crises, préfèrent jouer la montre plutôt que d’agir efficacement. En somme, une belle illustration de l’art de faire du bruit sans rien changer.

Effet miroir international

En observant cette situation, on ne peut s’empêcher de penser aux dérives autoritaires d’autres pays, où la censure est justifiée par des discours sur la sécurité nationale. En France, on préfère jouer la carte de la modération… sans jamais vraiment modérer. Une ironie qui ne fait sourire que ceux qui se moquent des enfants en détresse.

À quoi s’attendre

Avec une adoption définitive du projet de loi qui pourrait être retardée, il est à craindre que les enfants continuent d’être exposés à des contenus dangereux. Les promesses de protection semblent s’évanouir face à la réalité des débats politiques. Espérons que la voix de Laetitia et d’autres parents sera entendue avant qu’il ne soit trop tard.

Sources

Source : www.ladepeche.fr

Laëtitia Le Tiec dénonce les modifications apportées par le Sénat.
Visuel — Source : www.ladepeche.fr
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