Une cafetière qui ne fait plus de café, une machine à coudre qui déraille, un doudou à la patte arrachée, une chaise au pied branlant, une lampe qui clignote… Jeter ou réparer ? Réparer, oui, mais sans outils, sans compétences, comment faire ? « Nous acceptons presque tous types d’objets, à partir du moment où ils tiennent sur une table« , commence Chantal Petit, membre (très) active du Repair Café.
Table Of Content
- Patience, équité et bonne humeur
- « Des Sherlock Holmes doublés de McGyver »
- Ce qui se passe réellement
- Patience, équité et bonne humeur
- « Des Sherlock Holmes doublés de McGyver »
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
L’association calédonienne est née il y a dix ans, à l’initiative du mouvement Colibris 98. « À la base, nous sommes un mouvement citoyen, dont l’esprit est : « Jeter, pas question ! » Pour des raisons écologiques évidentes, « afin de ne pas gaspiller les ressources planétaires« , pour économiser, aussi, et surtout pour apprendre à réparer soi-même. Car au Repair Café, on retape gratuitement avec le bénévole. Ce qui entraîne une ambiance coopérative et conviviale très appréciée lors de ces matinées manuelles.
Patience, équité et bonne humeur
Le mouvement citoyen Repair Café, créé en 2009 à Amsterdam, est aujourd’hui international. Une fondation est montée dans la foulée afin de soutenir les volontaires à monter leur propre Repair Café : 3 891 existent dans une dizaine de pays. En Nouvelle-Calédonie, la petite association compte une vingtaine de bénévoles et donne rendez-vous six fois par an dans des lieux variés. En dix ans, près de 1 500 objets ont été pris en charge, avec un taux d’objets réparés ou diagnostiqués de 65 %.
« Mon père réparait tout pour moi, raconte Marianne, usagère régulière. Maintenant, je vais au Repair Café. Mon père a grandi au Vanuatu, réparer était alors nécessaire. Et du côté de ma mère, nous sommes scandinaves, l’écologie est ancrée dans mon éducation. » Marianne connaît donc bien les règles qui régissent ces matinées. « Parfois, je fais trois heures de queue. » La première règle est de faire preuve de patience. La deuxième, c’est un objet à la fois, « par souci d’équité », précise Chantal Petit. Si une personne vient avec trois objets, elle devra s’inscrire trois fois. La troisième, c’est la bonne humeur.
« Des Sherlock Holmes doublés de McGyver »
Deux scénarios sont possibles. La personne sait coudre, rafistoler, mais manque d’outils : elle pourra bricoler seule avec ceux de l’association. Où, ce qu’il se passe la plupart du temps, les gens viennent par manque de connaissances. S’appuyer sur un bénévole permet donc de découvrir la composition d’un appareil électroménager, les ficelles de la couture ou les astuces de la menuiserie. « L’un des plus beaux retours que l’on puisse avoir est quand les gens nous disent que maintenant, ils vont pouvoir le faire eux-mêmes« , sourit Chantal Petit, elle-même réparatrice spécialisée dans les doudous.

Chantal Petit, présidente de l’association Repair Café, est réparatrice dédiée à la couture, et plus particulièrement à la deuxième vie des doudous. Photo Aurélia Dumté
Parfois, les pièces détachées manquent. « Mais nos réparateurs sont astucieux, ce sont des Sherlock Holmes doublés de McGyver ! » s’amuse Chantal Petit. L’association est très proche de La Ressourcerie, « qui va nous fournir en pièces détachées« . Outre les pièces détachées, Repair Café est toujours en quête de bénévoles, « même si on n’a pas de connaissances en électronique, on peut aider. » Elle est également toujours volontaire pour intervenir lors d’événements, et à la recherche de locaux pour organiser ses cafés. Enfin, l’idée est bien de donner envie à d’autres personnes de monter leur propre structure en dehors du Grand Nouméa. « De faire effet boule de neige« , pour que toujours davantage d’objets soient restaurés et non plus jetés.

Les marmites à riz sont particulièrement simples à réparer, alors au lieu de la jeter et d’en racheter une nouvelle, les bénévoles de Repair Café peuvent les réparer, comme Didier, à gauche. Photo Repair Café
En 2025, sur 101 objets pris en charge :
- 48 % étaient des articles d’électroménager (cafetière, grille-pain, blender)
- 14 % étaient liés à la maison (aspirateurs…, tout ce qui n’est pas dans la cuisine)
- 10 % des articles Hi-Fi (télécommandes, lecteur CD…)
- 8 % de jouets
- le reste était hors catégorie.
En moyenne, 65 % de réussite à chaque édition (réparation et diagnostics compris). « Nous constatons une augmentation de cafetières. La raison première de l’usure des objets est le manque d’entretien. Très souvent, les cafetières ne sont simplement pas nettoyées, souligne Chantal Petit. À l’inverse, nous ne voyons plus trop de marmites à riz, alors que c’est simple à réparer. Venez faire réparer vos marmites à riz, ne les jetez pas.«
Samedi 25 avril, de 8 heures à 11h30, au Spot, à Magenta
Samedi 27 juin, de 8 heures à 11h30, à l’Association les fils d’argent, au Ouen Toro
Samedi 29 août, de 8 heures à 11h30, à Kari Véo
Samedi 24 octobre, de 8 heures à 11h30, dans les locaux d’EEC au 4e Km
Samedi 21 novembre, de 8 heures à 11h30, à Kari Véo
Il est conseillé de venir tôt pour pouvoir être pris en charge.
Repair Café : Quand la société se répare elle-même, mais à quel prix ?
Des cafetières en panne, des machines à coudre qui déraillent, et des doudous en détresse. Au Repair Café, on ne jette pas, on répare. Mais que se passe-t-il quand l’outil de la réparation devient le symbole d’un système qui refuse de changer ?
Ce qui se passe réellement
Une cafetière qui ne fait plus de café, une machine à coudre qui déraille, un doudou à la patte arrachée… Chantal Petit, membre active du Repair Café, nous rappelle que « nous acceptons presque tous types d’objets, à partir du moment où ils tiennent sur une table ». L’association calédonienne, née il y a dix ans sous l’égide du mouvement Colibris 98, prône un message simple : « Jeter, pas question ! »
Pour des raisons écologiques évidentes, et pour éviter de gaspiller les ressources planétaires, Repair Café offre un espace où l’on peut apprendre à réparer soi-même. En dix ans, près de 1 500 objets ont été pris en charge, avec un taux de réussite de 65 %. Mais derrière cette belle façade de solidarité, que cache cette quête de réparation ?
Patience, équité et bonne humeur
Marianne, usagère régulière, témoigne : « Parfois, je fais trois heures de queue. » La première règle ? Patience. La deuxième ? Un objet à la fois, « par souci d’équité ». La troisième ? La bonne humeur. Une belle leçon de vie, mais à quel prix ? Est-ce vraiment une solution durable de faire la queue pour réparer ce que l’on aurait pu éviter d’acheter en premier lieu ?
« Des Sherlock Holmes doublés de McGyver »
Les bénévoles, surnommés « Sherlock Holmes doublés de McGyver », sont là pour aider ceux qui ne savent pas réparer. Mais que dire de ceux qui n’ont même pas les moyens d’acheter un nouvel appareil ? Loin de résoudre les problèmes systémiques, le Repair Café semble offrir une solution temporaire à un problème bien plus vaste : une société qui consomme sans réfléchir.
Pourquoi cela dérange
Le Repair Café, bien qu’il soit une initiative louable, met en lumière une incohérence flagrante : pourquoi doit-on réparer ce qui devrait être conçu pour durer ? La promesse d’une société durable se heurte à la réalité d’une économie de consommation. Pendant que les citoyens font la queue pour réparer leurs objets, les grandes entreprises continuent de produire des appareils jetables, renforçant ainsi un cycle vicieux.
Ce que cela implique concrètement
En 2025, 48 % des objets pris en charge étaient des appareils électroménagers. Chantal Petit souligne que « la raison première de l’usure des objets est le manque d’entretien ». Mais que dire des objets conçus pour être obsolètes ? La réparation devient alors une nécessité, non pas d’un choix éclairé, mais d’une contrainte économique.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que le Repair Café prône la réparation et la durabilité, les politiques publiques semblent ignorer ces réalités. Les discours politiques sur l’écologie sont souvent déconnectés de la réalité des citoyens. Pendant que l’on célèbre les initiatives locales, les gouvernements continuent de favoriser les industries polluantes. Une belle hypocrisie !
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, cette situation n’est pas unique. Des pays comme les États-Unis et la Russie, avec leurs dérives autoritaires, montrent comment la consommation et le gaspillage sont souvent encouragés par des politiques qui favorisent l’économie à court terme. Les citoyens, pris dans cette spirale, se retrouvent à réparer ce qui aurait dû être évité.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions voir une augmentation des Repair Cafés, mais aussi une stagnation des véritables changements nécessaires. La réparation ne doit pas devenir un substitut à la responsabilité des entreprises et des gouvernements.
Sources

En somme, le Repair Café est un symbole de résistance face à une société consumériste, mais il ne doit pas occulter les véritables enjeux écologiques et économiques. La réparation est essentielle, mais elle ne doit pas devenir une excuse pour continuer à produire et consommer sans réfléchir.


