Kinshasa et Berlin défendent la poursuite des négociations pour tenter de ramener la paix dans l’est de la République démocratique du Congo. Alors que Joseph Kabila revient dans le débat politique, la ministre congolaise des Affaires étrangères affirme que ce changement ne remet pas en cause les processus en cours. En visite à Kinshasa, la responsable allemande Serap Güler a, elle aussi, appelé à mieux coordonner les initiatives diplomatiques.

Des négociations à traduire en résultats

Washington, Doha et l’Union africaine figurent parmi les voies diplomatiques soutenues par le gouvernement congolais. Interrogée par DW le 22 octobre, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a réaffirmé la participation de Kinshasa à ces démarches. Elle a insisté sur la nécessité de rapprocher les négociations de la réalité des populations touchées par les violences dans l’est du pays.
La ministre a notamment évoqué les premiers déploiements du mécanisme chargé de suivre le cessez-le-feu issu du processus de Doha. Elle a aussi plaidé pour que les engagements pris dans le cadre des discussions soient suivis d’effets. En cas de manquement, a-t-elle estimé, des mesures concrètes pourraient être nécessaires, dont des sanctions ciblées contre les responsables de violations.
Kinshasa relativise le retour de Joseph Kabila
La prise de parole de l’ancien président Joseph Kabila, le 9 octobre, et son implication dans le Front pour la refondation de la nation ont relancé les débats sur l’évolution politique en RDC. Interrogée sur les conséquences de ces initiatives pour les négociations, Thérèse Kayikwamba Wagner a minimisé leur portée sur les efforts de paix.
La cheffe de la diplomatie congolaise a qualifié Joseph Kabila de « spoiler », rejetant l’idée qu’il s’agisse d’un nouvel acteur susceptible de modifier les équilibres diplomatiques. Selon elle, cette évolution ne change pas la ligne de Kinshasa : privilégier une issue pacifique tout en défendant la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.
Le gouvernement congolais affirme ainsi vouloir rester engagé dans les différents processus, malgré les tensions politiques. La ministre a également rappelé que le président Félix Tshisekedi avait pris part aux initiatives régionales et réaffirmé la volonté de la RDC de rechercher une solution pacifique au conflit.
Berlin appelle à relancer et coordonner les efforts
En déplacement à Kinshasa le 24 octobre, après des étapes au Rwanda et au Burundi, la vice-ministre allemande des Affaires étrangères, Serap Güler, a appelé à donner un nouvel élan aux démarches de paix. À ses yeux, les initiatives internationales et régionales doivent être mieux coordonnées pour déboucher sur des résultats concrets.
Serap Güler a également évoqué le rôle que pourrait jouer le Burundi, alors à la présidence de l’Union africaine, dans la médiation. Elle a estimé que les préoccupations sécuritaires du Rwanda devaient être prises en compte, tout en réaffirmant la position de l’Allemagne et de l’Union européenne en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
La stabilité est aussi présentée par Berlin comme une condition du développement économique régional. La responsable allemande a souligné que les investisseurs ont besoin d’un environnement prévisible et sûr pour s’engager durablement. Pour Kinshasa comme pour Berlin, le défi reste donc de faire en sorte que les négociations et les engagements pris se traduisent par des avancées concrètes sur le terrain.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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