R.J. Ellory : Quand le Diable s’invite dans la Littérature
À l’heure où le festival Quais du Polar bat son plein à Lyon, R.J. Ellory nous plonge dans un univers où le mal rôde, tout en nous rappelant que la réalité dépasse souvent la fiction.
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Direction Birmingham, chez l’écrivain R.J. Ellory. À l’heure de la parution de son dix-huitième roman en France Les invisibles, traduit de l’anglais par Etienne Gomez aux éditions Sonatine, et à l’heure aussi du festival Quais du Polar à Lyon, grand entretien avec l’auteur britannique à son domicile. L’occasion de parler avec lui de son univers, de ses secrets d’écritures, d’échanger quelques mots en français et même d’écouter un titre de son groupe puisqu’il est également musicien et chanteur.
© Sonatine
Traduction de Etienne Gomez
« Il est partout. Et il est nulle part. Exactement comme le diable. »
Ce qui se passe réellement
1975, Syracuse, État de New York. Rachel Hoffman, nouvelle recrue de la police locale, est appelée sur sa première scène de crime : une institutrice vient d’être assassinée. À côté du corps, un étrange message tiré de « La Divine Comédie de Dante ». Peu après, une deuxième victime est découverte. C’est le début d’une série d’homicides à laquelle Rachel va être intimement mêlée, nouant une relation très particulière avec le mystérieux assassin. Cinq ans plus tard, alors que l’affaire semble close, une nouvelle vague d’assassinats frappe New York, étonnamment similaires à ceux de Syracuse. Rachel, qui s’apprête à rejoindre l’unité d’analyse comportementale du FBI, ignore encore qu’il lui faudra plus d’une décennie, avec nombre d’autres meurtres à la clé, pour peut-être résoudre cette enquête très personnelle qui, peu à peu, va virer à l’obsession, à la paranoïa, et la mener aux confins de la folie.
Dans cette traque obsédante qui, année après année, dévore l’existence de son héroïne, R. J. Ellory nous entraîne dans un voyage au bout de l’enfer, digne de Seul le silence et d’Une saison pour les ombres. On y retrouve sa puissance romanesque, son humanité vibrante, son sens inégalé du suspense : tout ce qui consacre, encore et toujours, le maître incontesté du thriller.
Pourquoi cela dérange
La réalité de la violence et de la souffrance humaine, mise en lumière par Ellory, est souvent plus dérangeante que la fiction. Dans un monde où les discours politiques se veulent rassurants, la brutalité des crimes dépeints dans Les invisibles rappelle que le mal est omniprésent, et que les promesses de sécurité sont souvent des illusions.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette violence sont réelles et palpables. Rachel Hoffman, en tant que personnage, incarne la lutte contre des forces obscures, mais elle est aussi le reflet d’une société qui peine à faire face à ses propres démons. Les meurtres qui jalonnent son parcours ne sont pas que des événements isolés, mais des symptômes d’une maladie sociale plus profonde.
Lecture satirique
Dans un contexte où les discours politiques se veulent rassurants, Ellory nous rappelle que la réalité est tout autre. Les promesses de sécurité et de paix sont souvent contredites par les faits. Les gouvernements, en cherchant à contrôler le récit, finissent par ignorer les véritables enjeux qui rongent la société. Une ironie cruelle se dégage de cette situation : alors que l’on nous promet un monde meilleur, la violence et l’angoisse continuent de prospérer.
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, les dérives autoritaires et les politiques ultraconservatrices, que ce soit aux États-Unis ou ailleurs, trouvent un écho dans l’œuvre d’Ellory. Les gouvernements, en cherchant à museler la vérité, créent un terreau fertile pour la violence et la désespérance. Ce parallèle avec les réalités contemporaines souligne l’importance de la littérature comme miroir de notre société.
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est à craindre que cette violence, à la fois littéraire et réelle, ne fasse que s’intensifier. Les tendances visibles dans notre société actuelle, marquées par la peur et la méfiance, laissent présager un monde où l’obsession et la paranoïa deviennent la norme.
Sources




