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Quatorze heures : c’est le temps qu’il faut au train “Rapide” pour rallier Chiang Mai [au nord du pays] depuis Bangkok. La plupart des avis en ligne vous déconseillent d’ailleurs d’y monter, mais puisque j’ai passé le mois à parcourir le pays de long en large grâce à ses trains, je ne me vois pas les trahir maintenant. Je prends donc un ticket en troisième classe pour 230 bahts [6,20 euros] – seule option disponible – et me prépare pour ce long périple vers le nord.
Les wagons sont tractés par une locomotive Diesel vieillissante. Les sièges ne s’inclinent pas, le grincement du ventilateur accroché au plafond se noie dans le vacarme de la machine et, de temps en temps, les relents des toilettes nous parviennent à la faveur d’un courant d’air. Le service pourrait clairement être amélioré.
Et pourtant, où peut-on encore ouvrir grand la fenêtre d’un train pour s’y pencher et respirer l’air de la campagne ? Le Laos possède un train à grande vitesse flambant neuf, qui propulse ses passagers du point A au point B dans une bulle hermétique de confort [ligne ralliant Vientiane à Luang Prabang, construite par la Chine]. L’Indonésie, elle, peut se targuer du Whoosh, un train rapide qui traverse toute l’île de Java, tandis que la Malaisie a le mérite d’avoir rénové presque l’intégralité de
Quatorze heures de désillusion : le train « Rapide » de la Thaïlande
Un voyage de 14 heures en train, une promesse de confort qui se heurte à la réalité : bienvenue à bord du « Rapide ».
INTRODUCTION : Quatorze heures, c’est le temps qu’il faut pour relier Bangkok à Chiang Mai par le train « Rapide ». Une étiquette qui semble plus ironique qu’autre chose, tant les avis en ligne déconseillent cette expérience. Mais après un mois à explorer le pays par ses voies ferrées, il serait malvenu de renoncer à cette dernière aventure. Je me procure donc un ticket en troisième classe pour 230 bahts (6,20 euros) – la seule option disponible – et me prépare à ce long périple vers le nord.
Ce qui se passe réellement
Les wagons sont tirés par une locomotive Diesel vieillissante, un véritable monument à la lenteur. Les sièges, rigides comme des planches, ne s’inclinent pas, et le grincement incessant du ventilateur se mêle au vacarme de la machine. Pour couronner le tout, les relents des toilettes s’invitent à la fête, portés par un courant d’air capricieux. Le service, disons-le, pourrait être amélioré.
Pourtant, où peut-on encore ouvrir une fenêtre de train pour s’y pencher et respirer l’air de la campagne ? Pendant que le Laos se vante de son train à grande vitesse flambant neuf, propulsant ses passagers dans une bulle de confort, la Thaïlande semble s’accrocher à ses traditions ferroviaires poussiéreuses. L’Indonésie, elle, a le Whoosh, un train rapide qui traverse Java, tandis que la Malaisie a rénové presque l’intégralité de son réseau. Mais ici, le « Rapide » est un hommage à la lenteur.
Pourquoi cela dérange
Cette situation met en lumière une incohérence flagrante : alors que d’autres pays de la région investissent dans des infrastructures modernes, la Thaïlande semble se complaire dans le passé. Les promesses de modernisation se heurtent à la réalité d’un service ferroviaire qui peine à avancer.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont directes : un service inefficace qui décourage les voyageurs et nuit à l’image du pays. Pendant que les touristes cherchent des alternatives, la Thaïlande risque de perdre son attrait face à des voisins plus dynamiques.
Lecture satirique
Le discours politique autour de la modernisation des infrastructures semble déconnecté du réel. Les promesses de progrès se heurtent à la dure réalité des trains à l’agonie. Ironiquement, la Thaïlande, qui se veut un modèle de développement, se retrouve coincée dans un train qui n’avance pas.
Effet miroir international
Cette situation rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les discours politiques brillent par leur éloquence, mais où la réalité est souvent bien différente. Comme aux États-Unis ou en Russie, où les promesses de prospérité se heurtent à des infrastructures vieillissantes et à des services publics en déroute.
À quoi s’attendre
À moins d’un miracle ferroviaire, il semble que la Thaïlande continuera à naviguer dans cette mer de lenteur. Les voyageurs devront s’armer de patience, ou mieux encore, envisager d’autres moyens de transport.
Sources
Source : www.courrierinternational.com




