Ce jeudi 26 mars 2026, les membres de la commission du tourisme et de la culture, présidée par M. Steve CHAILLOUX, se sont réunis pour échanger sur le projet de développement d’un centre de maintenance aéronautique.

La présentation a été menée par les représentants de la compagnie aérienne interinsulaire Air Tahiti : M. James ESTALL, président du conseil d’administration, M. Edouard WONG FAT, directeur général, M. Thierry CAER, directeur technique, Mme Cécile SAVALLI, directrice générale déléguée, et Mme Vairani TETARIA, directrice commerciale. Cette rencontre avait pour objectif de présenter le programme « MRO 2028 », visant à créer un pôle régional d’excellence dédié à la maintenance des aéronefs, en particulier de type ATR, tout en intégrant une filière complète de formation aux métiers de l’aéronautique.

En préambule, les intervenants ont présenté les réalités et les enjeux de leur compagnie mobilisant 440 à 450 salariés pour une flotte de 13 aéronefs. Air Tahiti évolue dans un environnement marqué par des infrastructures limitées, des restrictions de charge importantes et l’absence de balisage nocturne, générant des surcoûts opérationnels.

Sur le plan économique, la compagnie a enregistré des pertes significatives notamment entre 2007 et 2024, en raison d’une concurrence accrue et de la hausse des coûts de maintenance.Dans un contexte international marqué par une pénurie structurelle de mécaniciens aéronautiques, aggravée par les conséquences de la crise sanitaire, mettant en évidence la nécessité de développer des formations locales afin de sécuriser durablement les compétences indispensables au secteur.

Dans cette perspective, Air Tahiti prévoit un renforcement significatif des dispositifs de formation, en lien avec ses partenaires, afin d’augmenter le nombre de techniciens formés localement. La mise en œuvre de ce dispositif implique des investissements en infrastructures, notamment la construction d’un hangar dédié à la maintenance, permettant d’accueillir plusieurs aéronefs simultanément et de développer des activités stratégiques.

Les échanges ont également permis de mettre en lumière les enjeux structurels du transport aérien en Polynésie française, notamment les contraintes économiques liées à un marché limité et à une concurrence accrue, ainsi que les spécificités opérationnelles découlant des caractéristiques géographiques du territoire.

Enfin, les intervenants ont fait état d’interrogations relatives à l’équilibre du modèle aérien polynésien, à la croisée des exigences de concurrence, des impératifs de continuité territoriale et de la préservation de l’emploi. Ils ont, à ce titre, souligné la nécessité pour les autorités publiques de définir des orientations stratégiques claires, afin de garantir la pérennité et le secteur essentiel au développement économique et social du territoire.

Le projet « MRO 2028 » a mis en exergue les enjeux stratégiques du transport aérien, la consolidation du modèle économique du transport aérien en Polynésie française devra s’inscrire dans une réflexion plus large, intégrant les évolutions du secteur, les contraintes structurelles du territoire et les opportunités de développement.


Air Tahiti : Quand la maintenance aéronautique devient un projet de survie

Le projet « MRO 2028 » d’Air Tahiti, censé être un pôle d’excellence, soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Entre promesses et réalité, la situation du transport aérien en Polynésie française est plus que précaire.

Ce qui se passe réellement

Ce jeudi 26 mars 2026, la commission du tourisme et de la culture, présidée par M. Steve Chailloux, s’est réunie pour discuter du développement d’un centre de maintenance aéronautique. Les représentants d’Air Tahiti, dont M. James Estall et Mme Vairani Tetaria, ont présenté le programme « MRO 2028 », visant à créer un pôle régional d’excellence pour la maintenance des aéronefs, principalement des ATR.

Air Tahiti, qui emploie entre 440 et 450 salariés pour une flotte de 13 aéronefs, fait face à des infrastructures limitées et à des surcoûts opérationnels dus à l’absence de balisage nocturne. Entre 2007 et 2024, la compagnie a enregistré des pertes significatives, exacerbées par une concurrence accrue et des coûts de maintenance en hausse. La crise sanitaire a également révélé une pénurie de mécaniciens aéronautiques, soulignant l’urgence de développer des formations locales.

Pour remédier à cette situation, Air Tahiti prévoit d’investir dans des infrastructures, notamment un hangar de maintenance, tout en renforçant ses dispositifs de formation pour augmenter le nombre de techniciens locaux.

Pourquoi cela dérange

La promesse d’un pôle d’excellence en maintenance aéronautique semble plus être une tentative désespérée de sauver les meubles qu’une véritable stratégie de développement. Les intervenants ont évoqué des interrogations sur l’équilibre du modèle aérien polynésien, entre exigences de concurrence et préservation de l’emploi. Mais à quel prix ?

Les autorités publiques doivent définir des orientations stratégiques claires, mais la question demeure : ces orientations seront-elles à la hauteur des défis économiques et structurels du territoire ?

Ce que cela implique concrètement

La mise en œuvre du projet « MRO 2028 » pourrait signifier des investissements massifs, mais aussi une dépendance accrue à des solutions temporaires. La nécessité de former des mécaniciens locaux est évidente, mais cela suffira-t-il à compenser les pertes économiques déjà accumulées ?

Lecture satirique

Ironiquement, alors que le projet « MRO 2028 » est présenté comme une solution miracle, il semble plutôt être une réponse à une crise déjà bien installée. On pourrait presque croire que les dirigeants d’Air Tahiti ont découvert la formule magique pour transformer des pertes en profits, mais la réalité est bien plus complexe.

Les promesses d’un avenir radieux pour le transport aérien en Polynésie sont à mettre en balance avec les réalités du terrain : infrastructures obsolètes, manque de personnel qualifié et un marché limité.

Effet miroir international

Dans un monde où les politiques autoritaires se multiplient, la situation d’Air Tahiti fait écho à des discours politiques déconnectés de la réalité. Les promesses de croissance et de prospérité sont souvent utilisées pour masquer des failles structurelles, que ce soit en Polynésie ou ailleurs.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, il est probable que le projet « MRO 2028 » ne parvienne pas à résoudre les problèmes fondamentaux du secteur aérien en Polynésie française. Les promesses de formation et d’infrastructures pourraient se heurter à la dure réalité d’un marché en crise.

Sources

Source : www.assemblee.pf

Réunion d'information consacrée à la présentation d'un projet de développement d'un centre de maintenance aéronautique
Visuel — Source : www.assemblee.pf
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