Quand les Sénats d’Afrique se réunissent pour « consolider la démocratie »
La Chambre des conseillers accueille une conférence sur la démocratie, mais les promesses semblent aussi solides qu’un château de sable.
Table Of Content
INTRODUCTION : Les 8 et 9 avril, la Chambre des conseillers se transforme en scène d’un grand spectacle : la Conférence de l’Association des Sénats d’Afrique. Sous le thème pompeux de “La contribution des chambres hautes des Parlements à la consolidation de la démocratie et à la préservation de la paix en Afrique”, on se demande si les acteurs de cette pièce sont vraiment en phase avec la réalité du continent.
Ce qui se passe réellement
La Chambre des conseillers abritera, les 8 et 9 avril, les travaux de la Conférence de l’Association des Sénats d’Afrique sous le thème “La contribution des chambres hautes des Parlements à la consolidation de la démocratie et à la préservation de la paix en Afrique”.
L’organisation de cet événement annuel, auquel prendront part des présidents et des représentants des chambres hautes des parlements africains, s’inscrit dans le cadre de la dynamique que connaît le continent afin de renforcer la concertation et la coordination entre les institutions représentatives et contribuer à relever les défis communs, à ancrer les principes de la démocratie et à préserver la paix et la stabilité, indique un communiqué de la Chambre des conseillers.
Cette rencontre constituera une plateforme de haut niveau pour le dialogue et l’échange de vues et d’expériences sur le rôle des chambres hautes dans le soutien à l’édification démocratique, le renforcement de l’équilibre institutionnel et la prévention des crises. Il s’agit également d’explorer les perspectives de développement de l’action parlementaire africaine à la lumière des mutations régionales et internationales accélérées, ajoute la même source.
La Conférence vise à mettre en avant le rôle de l’Association des Sénats d’Afrique en tant que cadre institutionnel permanent de coopération entre les chambres hautes africaines, fondé sur l’échange d’expériences et de bonnes pratiques ainsi que sur le renforcement de la concertation autour des questions d’intérêt commun, afin de renforcer la contribution des parlements au développement durable du continent.
Des recommandations pratiques devraient être adoptées à la fin de l’événement dans le but de renforcer les mécanismes de l’action parlementaire commune, d’ancrer les valeurs démocratiques et de soutenir les efforts en faveur de la paix et du développement en Afrique, conclut le communiqué.
LR/MAP
Pourquoi cela dérange
On ne peut s’empêcher de sourire devant cette initiative. Les mêmes institutions qui peinent à garantir des droits fondamentaux se réunissent pour discuter de la démocratie. C’est un peu comme si un chef de cuisine, incapable de faire bouillir un œuf, donnait des leçons de gastronomie.
Ce que cela implique concrètement
Des présidents et représentants de chambres hautes se retrouvent pour échanger des « bonnes pratiques ». On peut se demander si ces pratiques incluent des méthodes pour museler l’opposition ou restreindre la liberté d’expression. Les recommandations qui en découleront risquent d’être aussi utiles qu’une bouée de sauvetage dans un désert.
Lecture satirique
Le discours politique est un exercice d’équilibrisme. On nous promet des avancées démocratiques tout en observant des gouvernements qui s’accrochent à leur pouvoir comme un enfant à son doudou. La réalité est que la démocratie est souvent un mot à la mode, utilisé pour camoufler des pratiques autoritaires. Qui aurait cru que la paix et la démocratie s’épanouiraient dans des chambres où le silence est d’or ?
Effet miroir international
En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec les politiques autoritaires en vogue, que ce soit aux États-Unis ou en Russie. La rhétorique est similaire : des promesses de démocratie, mais des actes qui trahissent une volonté de contrôle. La scène politique mondiale ressemble parfois à un mauvais film d’horreur où les acteurs ne savent pas qu’ils sont déjà morts.
À quoi s’attendre
Les tendances visibles laissent présager que cette conférence pourrait déboucher sur des recommandations qui, comme d’habitude, resteront lettre morte. Les promesses de démocratie et de paix risquent de se heurter à la réalité des intérêts politiques bien ancrés.
Sources



