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Chronique
Toutes les semaines
La chronique de Joséphine Lebard
Pas besoin d’être grand clerc pour voir que ce que je raconte ne l’intéresse absolument pas. Cela fait plusieurs semaines déjà que je suis en résidence dans cette classe de quatrième de la région parisienne. Et le podcast que j’aide les collégiens à élaborer ne semble pas la concerner. À mes questions, elle oppose des réponses monosyllabiques sur lesquelles j’ai bien du mal à rebondir. Lors des sessions d’écriture, elle reste le stylo en l’air, les épaules voûtées, comme si ces heures d’atelier constituaient le pire des pensums. Je déploie toutes les astuces que j’utilise habituellement pour aider les adolescents à accoucher de quelques mots : sans succès. À chaque fois, la même phrase : « Je n’ai pas d’idées », qu’elle répète comme un mantra quand j’insiste un peu.
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Quand l’Indifférence S’Invite en Classe : Une Résidence Éducative à l’Abandon
Une résidence éducative dans une classe de quatrième révèle l’absence d’intérêt des élèves pour un projet de podcast. Une situation qui soulève des questions sur l’engagement éducatif et les priorités politiques.
Imaginez une salle de classe où l’enthousiasme est aussi rare qu’une pluie de confettis à un enterrement. C’est exactement ce que j’ai découvert lors de ma résidence dans une classe de quatrième en région parisienne. Mon projet de podcast, censé éveiller les esprits créatifs, semble avoir été accueilli avec l’enthousiasme d’un bulletin de vote pour un candidat d’extrême droite. À mes questions, une élève répond par des monosyllabes, comme si chaque mot était une épreuve. Lors des sessions d’écriture, elle reste figée, stylo en l’air, les épaules voûtées, comme si elle était condamnée à un pensum sans fin. À chaque tentative d’encouragement, la même phrase résonne : « Je n’ai pas d’idées », répétée comme un mantra désespéré.
Ce qui se passe réellement
Dans cette classe, l’absence d’initiative et d’intérêt est frappante. Les adolescents, pourtant souvent décrits comme des esprits vifs et curieux, semblent avoir été frappés par une épidémie d’apathie. Mon rôle, qui était de les guider dans la création d’un podcast, s’est transformé en une lutte acharnée contre un mur d’indifférence. Est-ce le reflet d’une société où les jeunes sont déconnectés des enjeux qui les entourent ? Ou simplement le résultat d’un système éducatif qui ne parvient pas à capter leur attention ?
Pourquoi cela dérange
Cette situation soulève des incohérences troublantes. D’un côté, les discours politiques vantent l’importance de l’éducation et de l’engagement civique. De l’autre, on constate une déconnexion flagrante entre ces promesses et la réalité vécue par les élèves. Comment peut-on prétendre vouloir former des citoyens éclairés lorsque les outils et les projets mis à leur disposition ne parviennent pas à les intéresser ?
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette indifférence sont multiples. D’une part, elle témoigne d’un désengagement croissant des jeunes vis-à-vis des enjeux sociétaux. D’autre part, elle révèle un système éducatif en crise, incapable de s’adapter aux besoins et aux attentes des élèves. Si les jeunes ne se sentent pas concernés, comment espérer qu’ils s’engagent dans la vie démocratique à l’avenir ?
Lecture satirique
Il est ironique de constater que, dans un monde où les discours politiques sont saturés de promesses d’engagement et de participation, la réalité en classe est tout autre. Les élus, qui se pavanent sur les plateaux télé en prônant l’importance de l’éducation, semblent avoir oublié que l’enthousiasme ne se décrète pas. Peut-être devraient-ils passer un peu plus de temps dans les salles de classe pour comprendre que leurs discours ne résonnent pas avec la jeunesse ?
Effet miroir international
Cette indifférence n’est pas unique à la France. Dans de nombreux pays, les jeunes se détournent des institutions et des processus politiques. Que ce soit aux États-Unis, où l’apathie électorale est en hausse, ou en Russie, où la répression étouffe toute forme d’engagement, le constat est le même : les jeunes se sentent déconnectés et désillusionnés. Une tendance alarmante qui mérite d’être scrutée de près.
À quoi s’attendre
Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une génération de jeunes désengagés, peu enclins à participer à la vie démocratique. Les promesses politiques resteront lettre morte si les institutions éducatives ne parviennent pas à susciter l’intérêt et l’engagement des élèves. Il est temps de repenser notre approche éducative pour éviter une crise de participation à long terme.
Sources





