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Dans la forêt d’Ouganda, la primatologue Sabrina Krief observe depuis des années une communauté de grands singes et nous partage ses découvertes : comment les chimpanzés de Sebitoli se soignent ou évitent de tomber malades.
C’est l’histoire d’Entabu, un chimpanzé du parc national de Kibale, en Ouganda, qu’observe plusieurs mois par an la primatologue française Sabrina Krief. Et ce jour-là, « après une espèce de combat avec beaucoup d’effusions, de cris, etc., je le suis et je me rends compte qu’en fait, il a la lèvre vraiment ouverte, avec une blessure profonde, raconte la codirectrice de la station de recherche du Sebitoli Chimpanzee Project. Il se dirige vers un arbre, monte, récupère des feuilles, en descend avec une sorte de boule de feuilles qu’il va presser sur sa lèvre avant d’aller se reposer dans un nid pendant plusieurs heures. »
Entabu fait-il un gros dodo pour soigner son gros bobo ? Pas tout à fait. Lors de sa sieste, il forme une nouvelle boule avec les feuilles qu’il avait cueillies dans l’arbre et qu’il applique encore sur sa lèvre. « Quand j’ai vu la blessure, je me suis dit qu’il n’allait pas être capable de manger pendant plusieurs jours tellement la blessure était impressionnante, poursuit Sabrina Krief. Le lendemain, c’était quasiment cicatrisé, et deux jours après rien, ne paraissait plus. J’ai regardé dans les articles scientifiques et j’ai vu que c’était une plante qui avait des propriétés pour les problèmes d’hémorragie, pour limiter les saignements. »
Les chimpanzés, qui partagent 99% de leur ADN avec les humains, n’ont pas besoin d’aller sur internet pour se soigner. Non seulement la pression du cataplasme a permis d’arrêter les saignements, mais les feuilles choisies ont aussi agi comme un médicament. À l’instar d’autres animaux, les chimpanzés font de la médecine de terrain, et ils apprennent les uns des autres. « Ce n’est pas inné, ce n’est pas instinctif. Il y a de l’apprentissage de type essai-erreur, mais c’est dangereux quand même de faire des erreurs en forêt tropicale parce que certaines plantes sont extrêmement toxiques. La curiosité des chimpanzés est ce qui permet de dépasser cette peur. Quand un individu utilise ou consomme quelque chose de différent de ce qui est habituel, cela suscite vraiment l’intérêt des autres », explique Sabrina Krief. Chaque communauté de chimpanzés possède ainsi une culture, comme on a aussi pu le constater avec l’utilisation d’outils.
Parmi les autres découvertes médicales que la primatologue partage dans son livre Infiniment proches aux éditions Grasset : l’invention d’un lit anti-moustique. « Les chimpanzés font un nid différent tous les soirs. Ils ont vraiment un très vaste choix d’espèces dans la forêt tropicale. Or, quand on a enregistré plus d’un millier de nids, on s’est rendu compte que pratiquement 80% des nids étaient concentrés autour de dix espèces seulement. On a alors testé les propriétés aromatiques de ces feuilles et on s’est rendu compte que certaines d’entre elles avaient des actions répulsives contre les moustiques. » Les chimpanzés de Sebitoli savent se soigner, et mieux encore, ils font de la prévention.
La question de la semaine
«Comment font les animaux qui ne savent pas se soigner?»
Voici l’histoire incroyable d’un cormoran, un oiseau marin venu donner des coups de bec à la porte des urgences d’un hôpital en Allemagne. Les médecins lui ont ouvert, et ils ont découvert un hameçon planté dans son bec. Oui, c’était bien une urgence. En détresse, certains oiseaux n’hésitent pas à braver leur méfiance pour se rapprocher des humains. Le cormoran a été soigné. On ne lui a même pas demandé sa carte vitale.
Quand les chimpanzés nous donnent des leçons de médecine
Des chimpanzés qui se soignent eux-mêmes, pendant que certains humains se battent pour des soins de santé accessibles. Ironie du sort ?
Dans la forêt d’Ouganda, la primatologue Sabrina Krief observe depuis des années une communauté de grands singes et nous partage ses découvertes : comment les chimpanzés de Sebitoli se soignent ou évitent de tomber malades. C’est l’histoire d’Entabu, un chimpanzé du parc national de Kibale, en Ouganda. Un jour, après un combat, il se retrouve avec une blessure profonde à la lèvre. Plutôt que de se tourner vers un médecin, il grimpe à un arbre, cueille des feuilles et les utilise pour faire un cataplasme. Le lendemain, sa blessure est presque cicatrisée. Qui aurait cru que la nature avait ses propres remèdes ?
Ce qui se passe réellement
Entabu ne fait pas que dormir pour soigner son bobo. Il applique des feuilles qui, selon les recherches de Krief, ont des propriétés hémostatiques. Les chimpanzés, partageant 99% de leur ADN avec les humains, semblent avoir un sens de la médecine plus aiguisé que certains de nos dirigeants. Pendant que ces derniers tergiversent sur des politiques de santé inefficaces, les chimpanzés, eux, agissent.
Les chimpanzés ne se contentent pas de se soigner. Ils apprennent les uns des autres, explorent, et utilisent des plantes potentiellement toxiques avec prudence. « Ce n’est pas inné, ce n’est pas instinctif », explique Krief. Mais la curiosité des chimpanzés les pousse à dépasser leurs peurs. Une leçon que certains humains pourraient bien méditer.
Pourquoi cela dérange
Il est dérangeant de constater que des animaux, par instinct et observation, développent des méthodes de soins, tandis que des humains, dotés de la raison, se battent pour des systèmes de santé accessibles. Les promesses politiques de soins universels se heurtent à la réalité d’un système souvent défaillant. Pendant que les chimpanzés s’adaptent et innovent, nos dirigeants semblent piégés dans des discours creux.
Ce que cela implique concrètement
Les chimpanzés de Sebitoli ne se contentent pas de survivre ; ils prospèrent grâce à une culture de prévention et de soins. Pendant ce temps, les débats politiques autour de la santé publique se réduisent souvent à des slogans et des promesses non tenues. La médecine de terrain des chimpanzés est un exemple frappant de ce que pourrait être une approche pragmatique et efficace, loin des discours idéologiques.
Lecture satirique
Il est ironique de voir que les chimpanzés, sans Internet ni formation médicale, réussissent à se soigner mieux que certains systèmes de santé modernes. Pendant que les politiciens s’écharpent sur des réformes, les chimpanzés appliquent des remèdes naturels. Peut-être que la prochaine fois qu’un élu se blessera, il devrait consulter un chimpanzé au lieu d’un médecin ?
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, cette situation fait écho aux politiques de santé dans des pays comme les États-Unis, où le système est souvent critiqué pour son inefficacité et son inaccessibilité. Pendant que les chimpanzés innovent, des millions d’humains luttent pour accéder à des soins de base. Un paradoxe qui mérite réflexion.
À quoi s’attendre
Si les chimpanzés continuent à nous montrer la voie, peut-être que nous devrions nous attendre à une révolution dans la manière dont nous abordons la santé. Les leçons de la nature pourraient bien être plus pertinentes que les discours politiques.
Sources


