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Dans le car, Ricky Petrucciani sourit de toutes ses dents, gros casque musical sur les oreilles, V de la victoire mimé de l’index et du majeur à l’intention du camarade qui le filme. «Ça va être fun», est-il écrit en surimpression de la story publiée sur Instagram. Localisation: Johannesburg, Afrique du Sud. Comme tous les athlètes qui l’accompagnent, le spécialiste tessinois du 400 mètres y participe à un long camp d’entraînement qui se terminera avec les Relais mondiaux, grand événement international prévu les 2 et 3 mai à Gaborone, au Botswana.

Les conditions météo, l’ambiance et l’humeur paraissent au beau fixe. Mais ce camp, «nécessaire» en vue de la saison d’athlétisme en plein air qui culminera en juin avec les Championnats d’Europe de Birmingham, Ricky Petrucciani aurait pu être contraint d’y renoncer pour des raisons financières. Il se l’est offert grâce aux 6000 francs récoltés auprès de 38 contributeurs sur la plateforme suisse de financement participatif I Believe in You, spécialisée dans les cagnottes sportives. Une démarche, écrit au Temps une collaboratrice de la société fondée en 2013 par des athlètes qui venaient de participer aux Jeux olympiques de Londres 2012, «qui met en lumière la réalité financière du sport de haut niveau en Suisse, même pour les médaillés».

Quand le sport de haut niveau devient une loterie : Ricky Petrucciani et la précarité des athlètes

Ricky Petrucciani, athlète prometteur, doit sa participation à un camp d’entraînement à une cagnotte en ligne. Une réalité qui soulève des questions sur le financement du sport en Suisse.

Dans un monde où les médailles d’or sont souvent synonymes de succès, Ricky Petrucciani, sprinteur tessinois, nous rappelle que la réalité est bien plus amère. Sourire aux lèvres et casque sur les oreilles, il se filme sur Instagram, annonçant un camp d’entraînement à Johannesburg. « Ça va être fun », dit-il, mais derrière cette façade joyeuse se cache une lutte pour la survie financière. Ce camp, essentiel pour sa préparation aux Championnats d’Europe, n’aurait jamais vu le jour sans les 6000 francs récoltés sur la plateforme de financement participatif I Believe in You. Qui aurait cru que le haut niveau sportif en Suisse nécessitait un appel à la charité ?

Ce qui se passe réellement

Ricky Petrucciani, comme tant d’autres athlètes, se retrouve à jongler entre passion et précarité. Le camp d’entraînement, qui devrait être une étape naturelle dans la carrière d’un athlète, est devenu un luxe. Ce n’est pas juste une question de talent, mais de financement. La réalité du sport de haut niveau en Suisse est mise en lumière : même les médaillés doivent faire appel à la générosité du public pour réaliser leurs rêves.

Pourquoi cela dérange

Ce phénomène soulève des incohérences criantes. D’un côté, on célèbre les athlètes comme des héros nationaux, de l’autre, on les laisse se débrouiller pour financer leur propre entraînement. Les discours politiques vantant le soutien au sport de haut niveau semblent bien déconnectés de cette réalité. Comment peut-on prétendre soutenir le sport tout en laissant les athlètes se battre pour chaque franc ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont alarmantes. Si des athlètes comme Petrucciani doivent recourir à des cagnottes pour s’entraîner, qu’en est-il des jeunes talents qui n’ont pas accès à ce type de financement ? Cela crée une hiérarchie où seuls les plus chanceux, ou ceux ayant un bon réseau, peuvent espérer réussir. Le sport devient une loterie, et non un parcours basé sur le mérite.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que les discours politiques promettent un soutien indéfectible aux athlètes, la réalité est que ces mêmes athlètes doivent faire appel à la générosité du public. Une belle promesse, n’est-ce pas ? Peut-être que les politiciens devraient eux aussi se lancer dans le crowdfunding pour financer leurs campagnes, histoire de voir ce que cela fait de mendier pour réaliser ses ambitions.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas unique à la Suisse. Dans des pays comme les États-Unis ou la Russie, les athlètes sont souvent laissés à eux-mêmes, tandis que les gouvernements se vantent de leurs succès sportifs. Les promesses de soutien se heurtent à la réalité d’un système qui privilégie les apparences à la substance. Les athlètes, qu’ils soient en Suisse ou ailleurs, sont souvent les premières victimes de ces discours déconnectés.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une érosion progressive du talent sportif. Les jeunes athlètes pourraient être découragés par la précarité du financement, et le sport de haut niveau pourrait devenir un domaine réservé à une élite financière. Une perspective inquiétante pour l’avenir du sport.

Sources

Source : www.letemps.ch

Une cagnotte en ligne pour partir en camp d'entraînement: la précarité menace même un athlète de talent comme Ricky Petrucciani
Visuel — Source : www.letemps.ch
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