Besoin de conseils ou de rappels de jardinage ? Maryse Friot, présidente de la Société d’Horticulture de Touraine, répond à vos questions tous les samedis à l’antenne d’ICI Touraine.
La météo est un peu capricieuse en ce début de printemps, mais ça s’active au jardin.
Table Of Content
- C’est le moment de semer, repiquer, planter.
- Les plantes-pièges à semer en abri chaud dès aujourd’hui
- Les plantes pour fleurs coupées
- Les plantes et la biodiversité
- À lire aussi
- Ce qui se passe réellement
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Il faut penser au choix des légumes que l’on souhaite consommer au cours de l’été et le restant de l’année.
C’est le moment de semer, repiquer, planter.
Mais il ne faut pas aller trop vite. Bien vérifier la température du sol, et la température ambiante, ainsi que le taux d’humidité. Si trop d’humidité, il y a des risques de pourritures et de blocages de la croissance des plantes. Il faut réfléchir au choix des légumes et penser aux associations végétales pour qu’elles soient entourées de nombreuses plantes différentes ayant chacune une spécificité et des intérêts très complémentaires.
Les fleurs sont utiles car elles attirent les pollinisateurs favorisant la fécondation puis la fructification des plantes. Elles abritent, nourrissent de nombreux auxiliaires et elles sont décoratives.
D’autres seront répulsives comme les œillets d’Inde (Tagetes patula). Près des carottes, les œillets d’Inde les protègent de la mouche de la carotte. Près des tomates, des concombres ou autres plantes à fort développement, ils stimulent leur croissance favorisant leur production. Ils éloignent les pucerons et fourmis. Il faut penser à les semer pour les avoir fin avril, début mai.
La tanaisie (Tanacetum vulgare) est un insecticide naturel remarquable pour le potager.
Les plantes-pièges à semer en abri chaud dès aujourd’hui :
Les capucines (Tropaeolum majus) et les pucerons. En plantant des capucines dans les rangs de haricots et en bordure du potager, les pucerons noirs iront sur les capucines et délaisseront les haricots, fèves, etc ..
Les plantes pour fleurs coupées :
- Le Zinnia ( Zinnia elegans) dont les fleurs sont très colorées. Ces plantes sont très résistantes.
- Les dahlias de préférence à fleurs simples, glaïeuls, pieds d’alouette annuels, mufliers, cosmos, etc sont à répartir dans le potager pour créer des taches de couleurs et aider les pollinisateurs.
Les plantes et la biodiversité
- Le Cosmos (cosmos bipinnatus) est très florifère. Le cultivar ‘Candy‘ peut atteindre 1 m de hauteur. La série Sonata est composée de cosmos nains et très adaptés en bordure de planche dans le potager. À l’automne ou l’hiver, sur les fleurs fanées que vous n’avez pas coupées, les chardonnerets y viendront pour consommer les dernières graines.
- Le lupin (Lupinus sp.) est apprécié des bourdons et des abeilles car riche en pollen et nectar.
Début avril, semez trois graines de courgettes, courges ou pâtisson par pot et mettez sous abri chaud jusqu’à 25°C. Semez les céleris à côtes en pleine terre si les températures du sol sont supérieures à 11°C. Semez le basilic à partir de 18°C.
Il est possible de semer en pot des haricots (3 à 5 par pot) puis de les planter en pleine terre lorsque le sol sera au moins à une température de 8 °C.
Les aubergines, tomates, poivrons, piments, semés en février, sont plantés sous tunnel sans oublier de les protéger éventuellement de cloches certaines nuits.
Plantez les poireaux semés en février. Les jeunes plants sont arrachés, les laisser sécher un jour ou deux à même le sol puis préparer le plant en coupant les feuilles de 20 cm et un peu les racines pour les planter en ligne. Plantez ou repiquez les chicorées scaroles au stade 5 vraies feuilles. Repiquez en ligne les choux cabus et de Bruxelles.
Il faut éclaircir les panais, les carottes, les betteraves rouges, les épinards semés en ligne en février, afin de créer des espacements de 20 cm.
Il est dit de planter les pommes de terre lorsque les lilas sont en fleurs. Si plantation sous abri, en février-mars, il faudra les butter lorsqu’elles auront 25 cm de hauteur.
Quand le jardinage devient politique : les légumes contre les extrêmes
Alors que la météo joue les capricieuses, Maryse Friot, présidente de la Société d’Horticulture de Touraine, nous rappelle que le jardinage n’est pas qu’une affaire de terre et de semences, mais aussi de choix politiques.
Dans un monde où les idéologies d’extrême droite fleurissent comme des mauvaises herbes, il est temps de se demander : que cultivons-nous réellement dans nos jardins ? La réponse, comme le souligne Friot, est cruciale. En effet, le choix des légumes que nous plantons n’est pas seulement une question de goût, mais aussi de valeurs. Alors, que faire ?
Ce qui se passe réellement
Maryse nous invite à réfléchir au choix des légumes que l’on souhaite consommer au cours de l’été et le restant de l’année. Mais attention, il ne s’agit pas de se précipiter ! Vérifiez la température du sol, l’humidité, et surtout, pensez aux associations végétales. Les œillets d’Inde, par exemple, ne sont pas seulement là pour faire joli ; ils protègent les carottes de la mouche de la carotte. Une belle leçon sur l’importance de la diversité, tant au jardin que dans nos sociétés.
Pourquoi cela dérange
Les discours politiques extrêmes, souvent simplistes et réducteurs, se heurtent à la complexité de la nature. En prônant des solutions uniques, ces idéologies oublient que la biodiversité est essentielle. Tout comme un jardin a besoin de différentes plantes pour prospérer, nos sociétés ont besoin de diversité pour éviter de sombrer dans l’uniformité et la stagnation.
Ce que cela implique concrètement
Le jardinage devient alors un acte politique. En choisissant de cultiver des légumes variés, nous faisons le choix de la résistance contre les discours simplistes. Nous affirmons que la diversité est une force, non une faiblesse. Les fleurs attirent les pollinisateurs, tout comme les idées nouvelles peuvent enrichir le débat public.
Lecture satirique
Alors que certains prônent le retour à un passé idéalisé, les jardiniers savent que le futur se construit avec des semences variées. Les promesses de l’extrême droite de « rendre la France grande à nouveau » ressemblent à un jardin où l’on ne planterait qu’une seule variété de légumes. Que se passerait-il ? Une récolte misérable, bien sûr !
Effet miroir international
Ce phénomène n’est pas isolé. À l’échelle mondiale, des pays comme les États-Unis et la Russie montrent comment l’uniformité idéologique peut mener à l’appauvrissement des débats. Les politiques autoritaires, en tentant d’éradiquer la diversité, finissent par créer des sociétés stériles, tout comme un jardin sans fleurs ne peut attirer les pollinisateurs.
À quoi s’attendre
Si nous ne prenons pas garde, nous pourrions voir nos jardins, tout comme nos sociétés, se réduire à une monoculture. La clé est de cultiver la diversité, d’encourager les échanges d’idées, et de ne pas laisser les idéologies extrêmes étouffer notre créativité.
Sources




