Quand le hockey devient un antidote à la fracture sociale

Une victoire du Canadien de Montréal, au cœur d’une pandémie, révèle notre besoin désespéré de solidarité, mais aussi nos instincts tribaux.

Ah, la douce soirée de la Saint-Jean, où l’on se retrouve rivé devant la télé, espérant que le Canadien de Montréal, après 28 ans de disette, réussisse enfin à se qualifier pour la finale de la Coupe Stanley. Les cris des voisins, les drapeaux qui flottent, et cette euphorie collective qui nous rappelle que, malgré nos différences, nous sommes tous unis par l’amour du hockey. Mais à quel prix ?

Ce qui se passe réellement

Ce soir-là, alors qu’Artturi Lehkonen marque le but gagnant, la rue se remplit de partisans en liesse, unis par une passion commune. Cinq ans plus tard, si le Canadien retrouve le chemin des séries, je plongerai à nouveau dans cette frénésie. Ce rituel printanier est devenu un symbole de notre capacité à nous rassembler, à transcender nos âges, genres, emplois et origines, juste pour écraser l’adversaire.

Une étude sur le soccer en Afrique démontre que le sport peut renforcer l’identité nationale au détriment des identités ethniques. Les chercheurs ont constaté que les victoires sportives augmentent la confiance entre groupes ethniques, tandis que les défaites n’ont pas le même effet. Ce phénomène, bien que positif, soulève des questions sur la nature de notre unité.

Pourquoi cela dérange

La ferveur qui nous pousse à vibrer ensemble se nourrit d’instincts tribaux. Ce « nous » se construit souvent par opposition à un « autre » qu’il faut dominer. Les rivalités sportives sont inoffensives, mais lorsque cette dynamique s’étend à la société, elle peut devenir toxique. En Allemagne, par exemple, les défaites de l’équipe nationale entraînent une hausse des attaques contre les réfugiés. Un simple match peut ainsi exacerber des tensions déjà présentes.

Ce que cela implique concrètement

Les manifestations sportives, bien qu’elles apportent un moment de joie, peuvent aussi masquer des fractures sociales plus profondes. La joie collective est fragile et peut facilement se transformer en ressentiment. Les leaders politiques, comme Nelson Mandela avec le rugby, ont compris l’importance de cette dynamique, mais l’exploiter à des fins politiques peut avoir des conséquences désastreuses.

Lecture satirique

Alors que certains politiciens, comme François Legault, se servent du hockey pour « redonner leur fierté » aux Québécois, on ne peut s’empêcher de se demander si cette fierté est vraiment fondée sur des valeurs inclusives ou si elle ne fait que renforcer un sentiment de supériorité. Promettre une unité par le sport tout en cultivant des antagonismes internes, c’est un peu comme essayer de balayer la poussière sous le tapis : ça ne fait que cacher le problème.

Effet miroir international

Dans un monde où les politiques autoritaires se nourrissent de nationalisme exacerbé, le sport devient un outil de manipulation. Les succès sportifs peuvent inciter des États à adopter des comportements agressifs envers d’autres nations. Les études montrent que les pays qui réussissent dans les compétitions sportives sont plus enclins à déclencher des conflits militaires. Le sport, censé rassembler, peut ainsi devenir un prétexte pour justifier des actions belliqueuses.

À quoi s’attendre

Si cette dynamique se poursuit, nous pourrions voir une montée des tensions internes, exacerbée par des succès sportifs. La joie d’une victoire pourrait rapidement se transformer en ressentiment envers ceux qui ne partagent pas notre passion, ou pire, envers ceux qui sont perçus comme des « autres ». La question est de savoir si nous serons capables de transformer cette passion en un véritable élan d’inclusion, ou si nous continuerons à nous enfermer dans des tribus rivales.

Sources

Source : lactualite.com

Visuel — Source : lactualite.com
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