Jeudi 2 avril 2026, l’entreprise francilienne CDES, basée à Luzancy (Seine-et-Marne), spécialisée dans les travaux de curage et dragage des fonds fluviaux et maritimes, a achevé à Saint-Denis-d’Anjou (en Mayenne) un vaste programme d’entretien du chenal de navigation des canaux de la Sarthe entre Le Mans et Sablé-sur-Sarthe pour le compte du Département.

C’est l’écluse de Beffes, à Saint-Denis-d’Anjou qui a clôturé cette opération commencée au port du Mans le 11 mars par le montage des engins de nettoyage et de transport des sédiments.

Une pelleteuse flottante, deux bateaux pousseurs et deux barges

A l’œuvre pour procéder au nettoyage : une pelleteuse installée sur un ponton flottant, deux bateaux pousseurs et deux barges, bennes équipées de flotteurs de 30 m3, pour recueillir les sédiments. 

Dévasage de la Sarth Bruno actionne l'écluse
La benne pleine est remplacée par la second benne, vide. ©Sylvaine Travadon / Les Nouvelles de Sablé

« Le Département s’occupe de la partie navigable de la Sarthe du Mans jusqu’à l’écluse de Beffes à Saint-Denis d’Anjou », détaille Vincent Loison, responsable des opérations de travaux sur les rivières domaniales de la Sarthe.

« Notre obligation est de garantir un chenal de navigation d’au moins 1,10 mètre de mouillage ».

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Les crues hivernales favorisent à certains endroits des accumulations de sédiments dans les canaux. « Notre but est de les déplacer là où ils ne gênent  pas la navigation estivale« , complète Vincent Loison.

14 kilomètres de canaux inspectés et cartographiés

Premier acte : il convient de cartographier les amas de sédiments sur les 14 km de canaux inspectés. « On fait passer un bateau sondeur pour mesurer l’altitude des sédiments et déterminer où il n’y aura plus assez d’eau en été », précise-t-il.

« Il y a parfois des accumulations très fortes et très localisées. A Beffes, par exemple, on avait calculé qu’il ne resterait plus que 20 cm cet été ».

Les données GPS collectées par le sondeur permettent de savoir où intervenir, d’évaluer le volume à enlever à chaque endroit et d’établir un planning prévisionnel. Les estimations se révèlent assez précises.

Une fois pleine, la benne est déplacée vers le lieu de dépôt des sédiments. 
Une fois pleine, la benne est déplacée vers le lieu de dépôt des sédiments.  ©Sylvaine Travadon / Les Nouvelles de Sablé

En 2026, 1200 m3 ont été déplacés, un tout petit peu plus que ce qui était prévu. Ce volume correspond à une moyenne basse. Certaines années, un volume deux fois plus grand doit être déplacé.

40 bennes de sédiments déplacées

Deuxième acte, une fois les relevés établis, place aux engins. La pelleteuse se positionne à l’endroit spécifié par le GPS, prélève les sédiments et les dispose dans une des deux barges.

Une fois la benne remplie, un bateau pousseur la convoie jusqu’au lieu de déversement prévu, là où un creux a été détecté par le sondeur. Le second bateau pousseur installe alors la benne vide près de la pelleteuse et la manœuvre se répète autant que nécessaire. Au total 40 bennes ont été remplies cette année.

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Entetien de la Sarthe à Saint-Denis-d’Anjou. Bruno active l’écluse de Beffes pour permettre le passage du second bateau pousseur et sa benne. ©Sylvaine Travadon / Les Nouvelles de Sablé

A 16 reprises sur le parcours, il a fallu faire franchir un bief à tout le matériel. A Beffes, l’Allonnais Bruno active l’écluse pour faire passer les différents bâtiments d’amont en aval ou inversement.

Une opération annuelle, programmée avant la période de reproduction

L’opération d’entretien du chenal est réalisée tous les ans. Elle dure plusieurs semaines car il faut compter le temps d’installation et de démontage des engins, le traitement d’un nombre importants d’accumulations de sédiments et un temps de déplacement conséquent. Le convoi circule à environ 4 ou 5 km à l’heure.

L’opération est encadrée sur le plan environnemental. La doctrine est de ne pas enlever les sédiments du milieu naturel, sauf pollution. Une analyse de la qualité des sédiments est opérée en amont. Depuis quelques années, elle a permis de détecter la présence de certains métaux lourds, comme le zinc ou le cadmium, dans les limites autorisées.

Par ailleurs, les effets sur le milieu naturel sont limités. « On drague au minimum, et uniquement au milieu de l’axe des canaux « , précise Vincent Loison. « On ne touche pas les plantes aquatiques en bord de canal. On veille aussi à l’endroit où on dépose les sédiments, loin des frayères. Enfin, on intervient avant la période de reproduction. »

Pour 2026, l’opération, d’un coût de 120 000 euros, est aujourd’hui terminée. La saison touristique peut démarrer sereinement sur les canaux de la Sarthe.

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Quand le curage des canaux devient une affaire d’État

L’entretien des canaux de la Sarthe, un enjeu écologique ou une simple opération de communication ?

Jeudi 2 avril 2026, l’entreprise CDES, basée à Luzancy, a achevé un vaste programme d’entretien du chenal de navigation des canaux de la Sarthe. Mais derrière cette opération de nettoyage se cache une réalité bien plus complexe, où promesses et incohérences se côtoient.

Ce qui se passe réellement

CDES a mobilisé une pelleteuse flottante, deux bateaux pousseurs et deux barges pour déplacer 1200 m3 de sédiments, un volume légèrement supérieur aux prévisions. Le tout pour garantir un mouillage d’au moins 1,10 mètre. Vincent Loison, responsable des opérations, précise que l’objectif est de déplacer les sédiments là où ils ne gênent pas la navigation estivale. Charmant, n’est-ce pas ?

Pourquoi cela dérange

En réalité, cette opération annuelle, qui coûte 120 000 euros, soulève des questions. Pourquoi ne pas investir davantage dans une gestion durable des canaux, plutôt que de se contenter d’un simple curage ? Les crues hivernales, qui favorisent l’accumulation de sédiments, sont-elles vraiment une surprise pour les autorités ?

Ce que cela implique concrètement

Cette gestion à court terme ne fait que masquer des problèmes structurels. Les sédiments déplacés, bien que « non pollués », contiennent des métaux lourds comme le zinc ou le cadmium. Une analyse de la qualité des sédiments est effectuée, mais qui peut garantir que ces éléments ne nuisent pas à l’écosystème local ?

Lecture satirique

Les promesses de « protéger l’environnement » s’effritent face à une réalité où le curage devient un alibi pour justifier des dépenses. La doctrine de ne pas enlever les sédiments, sauf en cas de pollution, semble être une belle théorie, mais dans la pratique, elle reste lettre morte. Les autorités semblent plus préoccupées par la navigation estivale que par la santé des canaux.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les dérives autoritaires où l’apparence prime sur la réalité. Les États-Unis et la Russie, par exemple, investissent dans des projets d’infrastructure qui cachent souvent des intérêts politiques. La France, avec ses canaux, ne fait pas exception.

À quoi s’attendre

Si cette gestion à court terme se poursuit, il est à craindre que les canaux de la Sarthe deviennent un symbole de l’inefficacité des politiques publiques. Une réflexion sur une approche plus durable s’impose, mais qui osera la proposer ?

Sources

Source : actu.fr

PHOTOS. Pelleteuse flottante, barges : des travaux d'entretien sur la Sarthe entre Le Mans et Sablé-sur-Sarthe
Visuel — Source : actu.fr
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