Quand l’art mexicain prend l’avion : un prêt qui dérange

Le transfert de 160 œuvres d’art mexicain vers l’Espagne soulève des tempêtes dans un pays où la culture est déjà en péril.

Depuis la fin mars, le monde de l’art mexicain est en émoi. La décision de transférer 160 des 300 œuvres de la collection Gelman, comprenant des pièces emblématiques de Frida Kahlo et Diego Rivera, à l’Espagne, a créé un véritable tsunami culturel. Qui aurait cru qu’un simple prêt d’art pouvait déclencher une telle frénésie ? Peut-être que les œuvres, après avoir été exposées au musée d’Art moderne de Mexico, ont décidé qu’elles avaient besoin de vacances à la plage… ou d’un bon tapas.

Ce qui se passe réellement

La collection Gelman, considérée comme l’un des plus grands ensembles d’art moderne du Mexique, a été constituée par Jacques et Natasha Gelman dans les années 1940. Elle a depuis voyagé de collectionneur en collectionneur, mais cette fois, elle prend un vol direct vers l’Espagne, grâce à un accord avec la Fondation Banco Santander. Cette annonce a provoqué une onde de choc, incitant plus de 400 professionnels de la culture à signer une lettre ouverte pour demander plus de transparence sur la durée du prêt. On se demande si ces œuvres ne vont pas finir par demander un visa de résidence permanente.

Pourquoi cela dérange

La controverse ne réside pas seulement dans le fait que des œuvres d’art emblématiques quittent le pays, mais aussi dans l’opacité qui entoure leur retour. « D’ici deux à trois ans », promet-on. Ah, la promesse d’un retour ! Comme un parent qui promet de revenir après avoir « juste » fait un tour au supermarché. Qui sait si ces œuvres ne se retrouveront pas à faire la fête dans des galeries espagnoles pendant des décennies ?

Ce que cela implique concrètement

Ce prêt soulève des questions sur la gestion de la culture au Mexique. Est-ce que l’art mexicain est si peu valorisé qu’on le prête à l’étranger comme un vieux meuble ? Cela reflète une tendance inquiétante où la culture est perçue comme un produit d’exportation, et non comme un patrimoine à préserver. Les artistes mexicains se battent déjà pour leur reconnaissance, et voilà qu’on leur enlève leurs icônes.

Lecture satirique

Les discours politiques autour de cette décision sont aussi déroutants que la situation elle-même. D’un côté, on nous dit que l’art doit être partagé et célébré à l’international. De l’autre, il semble que le Mexique soit en train de se débarrasser de ses trésors culturels comme on se débarrasse d’un vieux téléphone. « Ne vous inquiétez pas, nous les récupérerons un jour », disent-ils, tout en regardant les œuvres s’éloigner dans un nuage de poussière.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires où la culture est souvent utilisée comme un outil de propagande ou, pire, comme un simple produit à vendre. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont leurs propres manières de gérer l’art et la culture, souvent au détriment de la diversité et de l’authenticité. Au fond, le Mexique n’est pas seul dans cette danse macabre où l’art devient une marchandise.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, nous pourrions assister à une « internationalisation » de l’art mexicain, où les œuvres emblématiques ne seront plus que des souvenirs pour les Mexicains. Qui sait, peut-être que dans quelques années, on nous dira que les œuvres sont devenues trop « internationales » pour revenir au pays. Un vrai paradoxe, n’est-ce pas ?

Sources

Source : www.courrierinternational.com

Visuel — Source : www.courrierinternational.com
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