Quand l’armée suisse fait un clin d’œil à la Rhodésie : un sourire qui dérange

Des soldats suisses posent fièrement derrière un drapeau rhodésien, un symbole qui évoque des souvenirs peu reluisants. L’armée promet des sanctions, mais la question demeure : qui sourit vraiment ici ?

En uniforme, en armes et arborant un large sourire, une douzaine de soldats suisses prennent la pose. Rien de plus normal, me direz-vous, si ce n’est qu’ils se tiennent derrière un drapeau blanc et vert, celui de la Rhodésie. Oui, vous avez bien lu, la Rhodésie, ce pays non reconnu qui fait encore vibrer les cœurs des nostalgiques du colonialisme et des extrémistes de droite. Un jeune soldat a eu l’idée lumineuse d’envoyer ces photos à un canal Instagram glorifiant les forces coloniales. Le tout, bien sûr, sous un filtre pixélisé pour cacher la honte.

Ce qui se passe réellement

Ces images ont été publiées sur un canal Instagram, et un Zurichois s’est identifié comme l’auteur des photos. Aucune connexion directe avec la Rhodésie n’est connue, mais cela n’a pas empêché l’armée de réagir. Son porte-parole, Stefan Hofer, a déclaré que l’armée « n’aime évidemment pas être associée à des idéologies inhumaines ou extrémistes ». Mais alors, pourquoi ces soldats sourient-ils derrière ce drapeau ? Peut-être qu’ils ne se rendent pas compte que le sourire est plus révélateur que le drapeau lui-même.

Pourquoi cela dérange

La Rhodésie, c’est un peu comme un vieux souvenir de famille qu’on préfère oublier. Entre 1965 et 1979, elle a été administrée par un régime non reconnu, dominé par des colons blancs. La disparition de cet État a donné naissance au Zimbabwe, où la minorité blanche a été évincée, parfois violemment. Mais pour certains, cette histoire est une justification pour parler de « génocide blanc » en Afrique du Sud. Un discours qui, à l’évidence, ne fait pas honneur à l’histoire.

Ce que cela implique concrètement

Pour l’armée, les conséquences sont immédiates : une enquête a été ouverte, et le soldat risque une amende de 500 francs ou 10 jours d’arrêt. Mais est-ce vraiment suffisant ? L’armée a déjà été confrontée à des incidents similaires, comme des soldats posant avec un drapeau albanais. Les sanctions ont suivi, mais le problème persiste. Est-ce que ces mesures sont vraiment efficaces ou ne sont-elles qu’un simple coup de pinceau sur une toile déjà tachée ?

Lecture satirique

Il est ironique de voir une armée qui prône la « tolérance zéro » face au racisme, tout en laissant ses soldats poser avec un symbole aussi chargé d’histoire. Cela rappelle les promesses politiques qui s’effritent face à la réalité. L’armée suisse, en tentant de se distancier de ces idéologies, semble plutôt jouer à un jeu de cache-cache avec son propre passé.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres dérives autoritaires à travers le monde. Aux États-Unis, des discours sur la « menace des minorités » résonnent avec les mêmes échos que ceux de la Rhodésie. En Russie, le nationalisme exacerbé trouve des justifications similaires. L’ironie est que, dans un monde où l’on prône l’égalité, certains continuent de brandir des drapeaux qui symbolisent l’oppression.

À quoi s’attendre

Les tendances actuelles montrent que cette affaire pourrait avoir des répercussions plus larges. Si l’armée ne prend pas des mesures plus significatives, elle risque de se retrouver dans une spirale où les symboles du passé continuent de hanter le présent. Une situation qui pourrait bien devenir un sujet de débat public, voire de scandale.

Sources

Source : www.20min.ch

Visuel — Source : www.20min.ch
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire