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Nadegda (Ukrainienne) et Elena (Russe) sont devenues amies malgré la guerre qui oppose leurs pays. Nostalgiques, en France, elles tentent un défi : réunir leurs communautés autour d’une soirée musicale, pour recréer, le temps d’un instant, l’esprit du « comme avant ». Le documentaire « On dansera quand même ! » suit pas à pas leurs efforts pour rendre cette fête possible.
Nadegda (Nadya) 38 ans et Elena (Lena) 42 ans. Une Ukrainienne, l’autre Russe. Elles se sont liées d’amitié à Montpellier, malgré la guerre qui oppose leurs deux pays. L’impact que cet évènement a eu sur leurs vies et pour leurs familles est considérable et dramatique. Comme de nombreuses personnes issues de leurs communautés qui ont dû quitter leur pays, abandonner leur travail, leurs amis et vivre l’exil.
Aujourd’hui, elles vivent en France et partagent un rêve : réunir leurs deux communautés. Pour y parvenir, elles tentent d’organiser une fête dans un bar, autour de la musique russe et ukrainienne des années 90, en passant par des rencontres avec des participants, pour ou contre, souvent hésitants qu’il leur faudra convaincre, rassurer et entraîner.
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Animées par le désir de lutter à leur façon contre la guerre, Elena et Nadegda décident d’organiser une soirée pour réunir les communautés.
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©Les films du tambour de soie / Ciné-Astres production
Cette époque où tout semblait possible n’est pas choisie par hasard. Elle incarne le « Comme avant » et rappelle, pour de nombreuses personnes, une période d’insouciance, celle de l’enfance et de l’adolescence, les éloignant ainsi d’une actualité dramatique.
Nadegda est née à Odessa, qu’elle nomme « La plus belle ville au monde« . Ukrainienne et russophone, elle a quitté son pays par amour et vit aujourd’hui en France. Après son bac, elle explore plusieurs cursus de formation qui ne la convainquent pas, et c’est finalement la musique qui lui a permis de s’en sortir : ayant appris à jouer de l’accordéon, elle rejoint un orchestre amateur, puis commence à mixer dans les bars.
Elena, elle, explique : « J’ai dû quitter la Russie au début de la guerre« . Elle est née dans l’Oural, à Ijevsk, petite ville industrielle où vivait Kalachnikov, l’inventeur du fusil d’assaut mondialement connu. Après avoir quitté le foyer familial, où elle subissait les ravages de l’alcool et de la violence, elle décroche un diplôme d’ingénieur. Elle travaille ensuite comme manager dans une grande entreprise textile et, lorsqu’une promotion à Moscou se présente, elle rencontre son futur mari belge. Avec le début de la guerre, tous deux sont contraints de partir à l’étranger.
Elena à gauche et Nadegda à droite, l’une Russe, l’autre Ukrainienne.
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© Les films du tambour de soie / Ciné-Astres production
Le film suit ces deux jeunes femmes dans la réalisation de leur projet : un événement apolitique, disent-elles, où il suffira de juste s’amuser « comme avant« , toutes nationalités confondues, juste pour une soirée. Elena, ancienne manageuse, est douée pour l’organisation d’événements, tandis que Nadegda est passionnée par la musique et DJ.
La tâche n’est pas simple. « C’est risqué, on marche sur des œufs, les gens ne veulent pas être ensemble« , confie Elena, dubitative. « Nous, nous sommes amies, ça compte, mais pour eux…« .
L’idée de créer un groupe Facebook avec une annonce et un slogan pour « créer une ambiance sympathique comme quand nous étions jeunes » motive les deux amies. « Le positif, c’est que je viens d’Ukraine et toi de Russie« , se disent-elles, ainsi elles donnent l’exemple et montrent qu’en dépit des événements, les gens restent des êtres humains.
« Fermer les yeux sur le monde, c’est une excellente devise« , se disent-elles. Il reste maintenant à convaincre et à trouver un lieu.
Elena confie à son amie les difficultés auxquelles elles sont confrontées. Les critiques fusent : « Ah oui, tu fais la fête alors que nos gars meurent au front« , ou « Ah, vous êtes apolitiques, alors ça ne vous touche pas« , ou encore « Bien au chaud dans ton marécage« . « Mais bien sûr que ça me touche et notre tristesse est immense« , réplique-t-elle, émue.
Des amis fâchés pensent qu’elle collabore avec les « Russkoffs », près de Moscou, explique Nadejda. « Je leur dis, mais quel rapport ? Ici, la nationalité importe peu, personne ne s’y attarde, on ne te demande pas d’où tu viens« .
Dans cet extrait, les témoignages d’un groupe d’amies mettent en lumière une réalité complexe : obstacles, critiques et jugements peuvent surgir de toutes parts. L’appartenance à un pays, une langue ou une culture n’est pas toujours facile à gérer. Malgré tout, elles restent déterminées.

Elena et Nadegda entourées d’amies issues de leurs communautés évoquent l’exil.
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©FTV / Les films du tambour de soie et Ciné-Astres productions
Une autre amie la rassure : « Peu importe la nationalité, il faut juste rester humains. Et si je vois quelqu’un mal se comporter, je ne me tairai pas. » Ces paroles lui redonnent courage et confiance. Malgré les critiques et les jugements, elle sait que leur projet tient à quelque chose de plus fort : l’humanité et l’amitié qui dépassent toutes les frontières.
Elles évoquent aussi le manque immense de leur pays, de leur vie d’avant et de leurs coutumes. « Que manque-t-il de ton pays ? » demande-t-on. « Mes amis avant toute chose« , répond Nadejda. « Sans eux, on ne peut rien faire. Les amis de chez nous. C’est très important.«
Le tabac de Russie, le lard pour faire le bortsch… et la langue. « Je suis ici depuis mars 2022, les enfants commencent à parler couramment le français et moi, je fais au mieux. Je suis reconnaissante envers la France et les Français. Ils nous ont beaucoup aidés. Dans le train pour venir ici, on cherchait de l’aide sur Internet et une famille française a répondu à notre appel par hasard. On a vécu trois mois chez eux, près de Montpellier« .
Les jeunes femmes s’affairent. Arriveront-elles à mener à bien leur défi ? Réussiront-elles à rassembler, sans distinction, le temps d’une soirée, toutes ces personnes, juste pour s’amuser « comme avant » ? Leur projet est simple, mais il porte en lui un message universel : la musique, l’amitié et l’humanité peuvent créer des ponts là où tout semble les détruire.
« On dansera quand même ! » un film d’Elisabeth Silvero à voir sur france.tv
Une coproduction France Télévisions (France 3 Occitanie), les films du Tambour de soie et Ciné-Astres Production.
Quand la musique adoucit les mœurs… ou pas
Nadegda et Elena, une Ukrainienne et une Russe, tentent de réunir leurs communautés autour d’une soirée musicale en France. Un défi qui, sous le vernis de la convivialité, cache des tensions bien réelles.
Ce qui se passe réellement
Nadegda (38 ans) et Elena (42 ans) se sont liées d’amitié à Montpellier, malgré la guerre qui oppose leurs pays. En exil, elles partagent un rêve : organiser une fête pour rassembler leurs communautés autour de la musique des années 90. Mais, comme souvent, la réalité est plus complexe que les belles intentions. Les critiques fusent : « Ah oui, tu fais la fête alors que nos gars meurent au front ? » Une question qui résonne comme un coup de poignard dans un cœur déjà meurtri.
Pourquoi cela dérange
L’idée d’une fête « apolitique » semble séduisante, mais elle est aussi révélatrice d’une déconnexion avec la réalité. Comment peut-on s’amuser « comme avant » alors que des milliers de vies sont en jeu ? Cette tentative de créer un espace de convivialité semble être une façon de fuir les horreurs de la guerre, mais elle peut aussi être perçue comme une insulte à ceux qui souffrent. La nostalgie n’est pas une excuse pour ignorer la souffrance des autres.
Ce que cela implique concrètement
Le projet de Nadegda et Elena met en lumière les fractures au sein des communautés ukrainienne et russe. Les tensions sont palpables, et la peur de la stigmatisation est omniprésente. Les amies doivent naviguer entre les attentes de leurs pairs et leur désir de créer un espace de dialogue. Mais, à quel prix ? La fête pourrait-elle devenir un terrain de confrontation plutôt qu’un lieu de réconciliation ?
Lecture satirique
Il est ironique de voir des individus, qui ont fui la guerre, tenter de créer un événement « apolitique » alors que la guerre est omniprésente dans leurs vies. Cela rappelle les discours politiques déconnectés de la réalité, où l’on promet des lendemains qui chantent tout en ignorant les cris de détresse. La promesse d’une soirée de joie est séduisante, mais elle est aussi un leurre face à la gravité de la situation.
Effet miroir international
Cette situation n’est pas unique. À l’échelle mondiale, des gouvernements tentent de masquer les conséquences de leurs décisions par des événements festifs, comme si une soirée pouvait effacer des années de souffrance. Les États-Unis, avec leur culture de la distraction, et la Russie, avec son contrôle de l’information, montrent que la musique peut parfois servir de couverture à des réalités bien plus sombres.
À quoi s’attendre
Le défi de Nadegda et Elena est un microcosme des tensions géopolitiques actuelles. Leur projet pourrait soit ouvrir la voie à un dialogue sincère, soit exacerber les divisions. Les conséquences de leur initiative pourraient bien dépasser le cadre d’une simple soirée.
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr

Dans un monde où les frontières semblent plus floues que jamais, la musique pourrait-elle vraiment unir là où la politique divise ? La réponse, comme souvent, est plus complexe qu’elle n’y paraît.
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