Etudiante en école de communication, Louise (elle ne souhaite pas donner son nom de famille), 20 ans, entretient un lien « hyperproche » avec sa mère. La dernière intervention lui ayant fait lever les yeux au ciel remonte au matin même, lors du petit déjeuner familial. « Elle m’a parlé du cadmium dans le pain, les pâtes et le chocolat, et m’a dit de faire attention pour mon choix de déjeuner. J’évite de lui dire que je m’achète des Pasta Box, car elle serait capable de me préparer des légumes et de me les apporter au bureau ! », raconte en souriant la jeune femme, en stage dans une agence événementielle parisienne. « Ma mère est stressée par à peu près tout, et beaucoup sur mon dos », résume-t-elle.

L’image d’une maman débarquant dans l’open space avec un Tupperware de haricots verts pour sa fille adulte peut prêter à sourire. Elle témoigne pourtant de la difficulté pour certains parents très investis à rééquilibrer la relation au fil des années. « Les parents anxieux sont dans une forme de surprotection et d’engagement excessif qui ne s’ajustent pas toujours à l’âge et au développement de leur enfant », résume Basilie Chevrier, maîtresse de conférences en psychologie à Aix-Marseille Université.

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Quand la surprotection maternelle devient un sport de haut niveau

Chapeau : Louise, 20 ans, jongle entre son stage à Paris et une mère qui lui fait la leçon sur le cadmium dans son petit déjeuner. Un portrait savoureux de la parentalité anxieuse à l’ère des Pasta Box.

Ce qui se passe réellement

Étudiante en école de communication, Louise (elle ne souhaite pas donner son nom de famille), entretient un lien « hyperproche » avec sa mère. La dernière intervention lui ayant fait lever les yeux au ciel remonte au matin même, lors du petit déjeuner familial. « Elle m’a parlé du cadmium dans le pain, les pâtes et le chocolat, et m’a dit de faire attention pour mon choix de déjeuner. J’évite de lui dire que je m’achète des Pasta Box, car elle serait capable de me préparer des légumes et de me les apporter au bureau ! » raconte en souriant la jeune femme, en stage dans une agence événementielle parisienne. « Ma mère est stressée par à peu près tout, et beaucoup sur mon dos » résume-t-elle.

L’image d’une maman débarquant dans l’open space avec un Tupperware de haricots verts pour sa fille adulte peut prêter à sourire. Elle témoigne pourtant de la difficulté pour certains parents très investis à rééquilibrer la relation au fil des années. « Les parents anxieux sont dans une forme de surprotection et d’engagement excessif qui ne s’ajustent pas toujours à l’âge et au développement de leur enfant, » résume Basilie Chevrier, maîtresse de conférences en psychologie à Aix-Marseille Université.

Pourquoi cela dérange

La surprotection, c’est un peu comme un plat réchauffé : ça peut sembler réconfortant, mais à la longue, ça devient indigeste. Les parents anxieux, en voulant bien faire, finissent par étouffer leurs enfants sous une avalanche de conseils non sollicités. Et que dire de cette image d’une mère qui, au lieu de laisser sa fille s’épanouir, préfère lui préparer des légumes ? On frôle le ridicule.

Ce que cela implique concrètement

Cette dynamique peut avoir des conséquences directes. Les jeunes adultes comme Louise se retrouvent tiraillés entre le désir d’indépendance et le poids d’une parentalité intrusive. La question se pose alors : comment devenir un adulte autonome quand votre mère vous suit à la trace, armée de ses Tupperware et de ses recommandations nutritionnelles ?

Lecture satirique

Les discours politiques autour de la parentalité et de l’éducation sont souvent déconnectés de la réalité. On nous promet un monde où les jeunes sont encouragés à prendre des initiatives, mais dans les faits, ils se retrouvent souvent à devoir justifier leurs choix alimentaires. Ironie du sort : alors que l’on prône l’autonomie, on continue de nourrir une culture de la dépendance.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette tendance à la surprotection n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires. Comme un parent qui surveille chaque pas de son enfant, certains gouvernements s’immiscent dans la vie de leurs citoyens, prônant la sécurité au détriment de la liberté. On pourrait presque imaginer un slogan : « Pour votre bien, restez sous contrôle ! »

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, nous pourrions voir émerger une génération d’adultes qui, au lieu de prendre des décisions, attendent des instructions. La promesse d’une jeunesse autonome pourrait se transformer en un mirage, où l’indépendance est remplacée par une dépendance déguisée.

Sources

Source : www.lemonde.fr

« Ma mère est stressée par à peu près tout, et beaucoup sur mon dos » : entrer dans l’âge adulte avec des parents trop présents

Visuel — Source : www.lemonde.fr

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