Quand la responsabilité s’évapore : l’art de l’impunité en Espagne

Entre ministres et subordonnés, les chefs de gouvernement semblent échapper à la tempête des scandales. Une démocratie en péril ?

En Espagne, la scène politique ressemble à un cirque où les clowns sont en costume-cravate. Les scandales de corruption s’accumulent, mais les véritables acteurs, ceux qui tirent les ficelles, restent intouchables. Comme le souligne El Periódico de Catalunya, « l’avenir montrera l’ampleur des scandales ». Pour l’instant, il semble que seuls les ministres et leurs subordonnés soient mis en lumière, tandis que les Premiers ministres, Mariano Rajoy et Pedro Sánchez, se la coulent douce, loin des projecteurs.

Ce qui se passe réellement

Pour El Periódico de Catalunya, la responsabilité échoit aussi aux différents chefs de gouvernement :

«L’avenir montrera l’ampleur des scandales. Pour l’instant, elle se limite à des ministres et à leurs subordonnés et n’atteint pas les Premiers ministres : Mariano Rajoy [PP, aux commandes entre 2011 et 2017] dans l’affaire ‘Kitchen’ et Pedro Sánchez [PSOE, en poste depuis 2018] dans l’affaire ‘Koldo’. La question essentielle est de savoir si tout cela a réellement pu se produire sans que les hommes qui dirigeaient le pays et contrôlaient les renseignements ne se rendent compte de rien. … En Espagne, tout le monde s’en sort indemne, comme si ce qui se passait sous le mandat d’un dirigeant ne le concernait pas. … C’est cette absence de prise de responsabilités qui mine la démocratie.»

Pourquoi cela dérange

La situation actuelle soulève des questions troublantes. Comment des affaires aussi retentissantes que ‘Kitchen’ ou ‘Koldo’ peuvent-elles se dérouler sans que ceux qui gouvernent ne soient tenus pour responsables ? C’est comme si les dirigeants espagnols avaient signé un contrat d’impunité, où les scandales sont réservés aux seconds couteaux. Une belle manière de préserver son image tout en laissant les autres se débattre dans la boue.

Ce que cela implique concrètement

Cette absence de responsabilité a des conséquences directes sur la démocratie. Les citoyens, face à un système qui semble protéger les puissants, perdent confiance. Si les dirigeants ne sont pas tenus de rendre des comptes, quel message cela envoie-t-il ? Que la corruption est acceptable tant qu’on est au sommet de la pyramide ?

Lecture satirique

Les discours politiques se veulent rassurants, mais la réalité est tout autre. « Nous sommes en train de lutter contre la corruption », affirment-ils, tout en se frottant les mains derrière des portes closes. La promesse d’une transparence totale semble aussi crédible qu’un mirage dans le désert. Les contradictions sont flagrantes : d’un côté, des discours sur l’intégrité, de l’autre, une gestion des affaires qui ressemble à une partie de poker où seuls les perdants sont exposés.

Effet miroir international

En regardant au-delà des Pyrénées, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec d’autres régimes autoritaires. Aux États-Unis, les scandales politiques font la une, mais les responsables semblent toujours trouver une porte de sortie. En Russie, la corruption est une seconde nature. L’Espagne, en somme, n’est pas seule dans cette danse macabre de l’impunité.

À quoi s’attendre

Si la tendance se poursuit, nous pouvons nous attendre à une banalisation de la corruption. Les scandales deviendront la norme, et les citoyens, lassés, pourraient se détourner de la politique. Une démocratie qui se nourrit d’absences de responsabilité est une démocratie en danger.

Sources

Source : www.eurotopics.net

Visuel — Source : www.eurotopics.net
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