Quand la quête de soi devient un voyage entre deux mondes
Une expatriation à Haiphong, un pacte avec soi-même : la solitude au Cap pousse à l’évasion, mais à quel prix ?
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Deidre Donnelly, journaliste sud-africaine, a décidé de quitter le Cap pour Haiphong, au Vietnam, à 40 ans, après avoir constaté que le rêve d’une maison avec jardin et d’une famille ne se concrétisait pas. Un acte de désespoir ou une quête de liberté ? Peut-être un peu des deux.
Ce qui se passe réellement
Deidre Donnelly, journaliste sud-africaine, raconte dans Business Insider comment son expatriation à Haiphong, au Vietnam, à 40 ans, a transformé sa vie et sa perception du foyer. Face à la solitude au Cap et à l’absence de perspective familiale, elle se lance un pari :
“J’ai fait un pacte avec moi-même : si le rêve de maison avec jardin et famille ne s’était pas concrétisé à mes 40 ans, je partirais.”
Sans attaches, elle accepte un contrat d’enseignement de l’anglais langue étrangère et prend un vol aller simple pour un pays qu’elle n’a jamais visité.
L’adaptation n’est pas immédiate. Deidre Donnelly décrit le choc : “L’humidité du Vietnam, la densité de population et la circulation m’ont submergée. À Haiphong, ville portuaire industrielle du Nord, les étrangers sont rares et peu d’habitants parlent anglais. Certains Vietnamiens âgés ne sont pas accueillants envers les étrangers, et j’ai eu quelques échanges secs avec des chauffeurs de taxi et des commerçants.” Pourtant, après trois mois, la vie s’ouvre à elle : elle trouve des colocataires, crée un cercle social semblable à celui de l’université, apprend la langue et tisse des liens avec des enfants et des adolescents.
Le temps renforce le sentiment d’appartenance, mais la nostalgie demeure : “Maintenant, à l’approche du septième anniversaire de ce qui a commencé comme une ‘pause’ loin de chez moi, je réfléchis à la suite. Amis et famille me demandent souvent : ‘Quand rentres-tu ?’ La question prend de plus en plus d’importance alors que j’approche des 50 ans.” La dualité de sa vie se matérialise dans ses biens :
“Je paie un stockage au Cap tout en accumulant plus que ce que je peux faire tenir dans deux valises à Haiphong. J’existe dans un état constant de nostalgie pour un lieu tout en vivant dans l’autre.”
L’expatriation lui a offert liberté, sécurité et expérience professionnelle, tout en imposant de nouvelles tensions identitaires : “Je m’aperçois que je finirai par m’installer au Cap, mais pas encore maintenant. Pour l’instant, je suis entre deux mondes, jonglant avec deux carrières, avec ma tête et mon cœur étirés entre plusieurs continents.”
Pourquoi cela dérange
La quête de soi de Deidre révèle une contradiction frappante : fuir la solitude pour se retrouver dans un environnement tout aussi isolant. À Haiphong, elle découvre que l’herbe n’est pas toujours plus verte, surtout quand on se heurte à des murs linguistiques et culturels.
Ce que cela implique concrètement
Cette expatriation n’est pas seulement un changement de décor, mais une profonde remise en question de son identité. Deidre jongle entre deux mondes, accumulant des souvenirs et des biens, tout en se demandant où se trouve vraiment son chez-soi.
Lecture satirique
Ah, la promesse de l’expatriation ! Un rêve vendu par des brochures colorées, mais qui se transforme souvent en un cauchemar logistique. Les discours politiques sur la « mobilité internationale » semblent oublier que derrière chaque expatrié se cache une histoire de solitude et d’adaptation, souvent teintée de nostalgie. Pendant ce temps, les politiciens continuent de vanter les mérites d’un monde globalisé, tout en fermant les yeux sur les réalités de ceux qui en font l’expérience.
Effet miroir international
Dans un monde où des dirigeants autoritaires prônent le repli sur soi, l’histoire de Deidre nous rappelle que la quête de liberté peut parfois se heurter à des murs invisibles. Les promesses de prospérité et d’accueil se heurtent à la réalité d’une identité fragmentée, un peu comme les discours des dirigeants qui promettent des lendemains radieux tout en renforçant les barrières.
À quoi s’attendre
À l’avenir, Deidre pourrait bien décider de retourner au Cap, mais avec un cœur partagé. La nostalgie et le désir de liberté continueront de la tirailler, illustrant les tensions d’une génération en quête de sens dans un monde de plus en plus complexe.
Sources
Source : www.courrierinternational.com



