Quand la langue innue se bat contre le déclin : un combat passionné

À Uashat Mani-utenam, une mère et sa fille s’engagent pour préserver l’innu-aimun, mais la réalité est bien moins rose. Entre promesses et déclin, le combat pour la culture autochtone est plus que jamais d’actualité.

Dans un monde où la culture se dilue comme un sucre dans l’eau, Kathleen André et sa fille Marie-Pascale Michel, un duo mère-fille de Uashat Mani-utenam, se battent pour faire perdurer l’innu-aimun. Leur passion est indéniable, mais la réalité du terrain est un peu plus compliquée. Le mois des langues autochtones a vu leur participation à l’événement Mamu!, un rassemblement qui aurait pu être une fête de la culture, mais qui cache un constat amer : la langue innue est en déclin.

Ce qui se passe réellement

Marie-Pascale Michel, aide pédagogique au Cégep de Sept-Îles, et Kathleen André, consultante en langue innue, sont les visages d’un combat acharné. Lors de l’événement Mamu!, elles ont tenté de rassembler étudiants, professionnels et citoyens autour de l’identité innue. Mais derrière cette belle initiative se cache une réalité inquiétante : selon Statistique Canada, la proportion de locuteurs de l’innu-aimun à Uashat mak Mani-utenam a chuté de 83 % en 2011 à 70 % en 2021. Une belle promesse de culture qui se heurte à la dure réalité des chiffres.

Pourquoi cela dérange

Ce déclin n’est pas seulement un chiffre ; il est le reflet d’une société où l’anglais, omniprésent sur les réseaux sociaux, s’impose comme la langue dominante. Kathleen André souligne que les jeunes, accros à leurs cellulaires, naviguent entre trois langues, mais que l’anglais est souvent celle qui l’emporte. Une situation qui soulève des questions : comment préserver une culture quand la technologie et les influences extérieures semblent avoir pris le dessus ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : une langue qui s’éteint, c’est une culture qui s’efface. Les initiatives comme celles du centre culturel Tshissenitamun Mitshuap, qui propose des cours d’innu-aimun pour les enfants et leurs parents, sont louables, mais suffisent-elles à inverser la tendance ? La passion de Kathleen et Marie-Pascale est palpable, mais peut-elle rivaliser avec la force d’attraction des réseaux sociaux et de la culture dominante ?

Lecture satirique

Il est ironique de constater que, dans un monde où la diversité culturelle est célébrée, les langues autochtones continuent de s’éteindre. Les discours politiques vantent la richesse de notre patrimoine, mais les actions concrètes semblent souvent se limiter à des événements ponctuels. Promettre de préserver une culture tout en laissant les jeunes se noyer dans l’anglais, c’est un peu comme essayer d’éteindre un feu avec de l’essence.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas unique à Uashat Mani-utenam. À l’échelle mondiale, des langues s’éteignent sous le poids des politiques autoritaires et des discours ultraconservateurs. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la tendance est la même : les voix marginalisées sont étouffées au profit d’une homogénéisation culturelle. Un parallèle troublant qui souligne l’importance de la lutte pour la diversité linguistique et culturelle.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se maintient, nous pourrions assister à une érosion continue de l’innu-aimun. Les initiatives comme Mamu! sont essentielles, mais elles doivent être soutenues par des politiques concrètes et un engagement collectif. Sinon, le risque est grand de voir cette langue, et avec elle, une partie de notre patrimoine culturel, disparaître.

Sources

Source : ici.radio-canada.ca

Mère et fille au chevet de l’innu-aimun
Visuel — Source : ici.radio-canada.ca
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